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Sur les traces de Juan Garcia Ripollés à Valence 

Par Jill-Manon Bordellay | Publié le 21/02/2022 à 16:15 | Mis à jour le 21/02/2022 à 16:11
Photo : Galerie Belvedere Singapore (Facebook)
Un homme avec une barbe et des cheveux blancs devant une statuette en bronze

Dans l’environnement naturel de son Espagne natale, Juan Garcia Ripollés caresse ses ânes avant d’aller peindre. L’artiste dépose une large toile sur un tréteau et l’ensemence de diverses couleurs. Il la redresse, et d’un jet fin, projette de l’eau pour que les couleurs communient entre elles. Avec sa main, il dessine des figures animales et végétales qui évoquent des silhouettes humaines. Ripollés, c’est le maître des métamorphoses d’Ovide. C’est le peintre et sculpteur de la nature et des songes enfantins. C’est à n’en pas douter l’artiste phare de la Communauté valencienne. Partons à sa rencontre.

Juan Garcia Ripollés utilise une grande diversité de techniques - peinture, sculpture, gravure - avec des matériaux comme le verre, le bronze, la résine et la peinture industrielle pour créer une œuvre révolutionnaire. Il dira que “L’art, c’est humaniser des expériences de l’horreur”.
 

Juan Garcia Ripollés, d’Alzira à la galerie Drouant-David

Juan Garcia Ripollés naît en 1932 à Alzira, une commune de la province de Valence en Espagne. Sa mère décède à sa naissance, ce qui induira chez l’artiste un profond désespoir qu’il saura sublimer par des œuvres joyeuses et colorées. Autodidacte à ses débuts, Ripollés suit des cours pour se perfectionner à l’Institut Ribalta de la ville de Castellon avant de s’installer à Paris pour devenir artiste en 1954. Influencé par le travail de Picasso, il trouve très vite son propre langage, plein de rêveries et d'une ironie mordante. Comme venus d’une autre planète, ses personnages sont souvent dotés d’une tête démesurée sur des corps minuscules. Les œuvres de Ripollés ont été remarquées très rapidement et exposées à la galerie Drouant David, où de grands artistes avaient déjà tenu nombre d’expositions.
 

La Cucala, ancienne ferme et atelier

En 1972, Ripollés revient à Castellon et installe son atelier dans une ancienne ferme, La Cucala, à laquelle on accède par un chemin sinueux. Il y déploie un univers singulier aux mille visages. Là, il peint au milieu de la nature, une branche de tilleul entre ses lèvres et la tête entourée d’un bandeau avec deux petites cornes. La reconnaissance est au rendez-vous : ses œuvres sont exposées dans les musées les plus renommés du monde entier. Depuis 2010, il réside dans le petit hameau du Mas de Flors à Castellon.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Ripollés à Valencia

Homenaje al libro 

On peut admirer l’une de ses sculptures à Valencia. Réalisée en 2006 à la demande du ministère de l’éducation, elle a été dans un premier temps installée dans le jardin du monastère de San Miguel de los Reyes, siège de la Bibliothèque de Valence. “Homenaje al libro” (Hommage au livre), c’est ainsi qu’elle s’appelle, a dû être déplacée à cause de certaines protestations. Elle est désormais située au rond-point de l’Avenida de Eduardo Boscá, à côté du pont Ángel Custodio.

La sculpture présente deux faces : devant, un personnage imaginaire semble en train de lire un livre ; derrière, on voit un cœur (qui a été ajouté par l’artiste lorsque la sculpture a changé d’emplacement) surgissant lui-même d’un livre.

ripolles
Photo : jdiezarnal.com

 

Une expo de sculptures et peintures en 2008

En 2008, les Valenciens ont pu trouver sur leur chemin les figures insolites des sculptures de l’artiste. De grandes tailles, ses œuvres ont fait partie d’une immense exposition dont le thème était la famille urbaine. Les personnages sont en bronze recouverts d’une fine couche de poudre de verre de Murano. Certains personnages sont colorés et apparaissent comme des totems protecteurs de Valence.
 

Le taureau en bronze de l’UPV

L’imposant taureau en bronze de 800 kilogrammes et de 3 mètres de longueur est une figure emblématique de l’art ibérique. Cette œuvre est connue dans de nombreux pays puisque Ripollès en a créé une série de 30 exemplaires. L’animal a été présenté pour la première fois à Madrid en présence du roi d’Espagne en 1990. L’estimation de ce taureau se situe autour de 200.000 euros. 

 

Laissons ce magnifique mastodonte brouter l’herbe d’une Espagne généreuse ! L’artiste nous invite à entrer dans une dimension poétique, où les rêves colorés ne sont jamais des cauchemars, où les figures créées, dignes de l’imaginaire de Lewis Carroll, nous entraînent au plus profond de nos secrets d’enfance.

 

Jill-Manon Bordellay

Jill-Manon Bordellay

Docteure en Philosophie, Littérature comparée et Psychologie, collaboratrice à l'Encyclopédie Universalis, elle a écrit plusieurs essais et nouvelles traitant de l'Art et de la relation entre les humains et les animaux.
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