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LFV : les aurevoirs de Christophe Derambure, proviseur-adjoint

Par Shirley SAVY-PUIG | Publié le 28/06/2019 à 18:00 | Mis à jour le 28/06/2019 à 18:54
Christophe Derambure

C’est le lot de tous les établissements français de l’étranger : la fin de l’année scolaire marque les départs du personnel en détachement et plus particulièrement des encadrants. Au Lycée français de Valence, Christophe Derambure, le proviseur-adjoint, va céder sa place à son remplaçant avant de prendre les rênes d’un nouvel établissement au Maroc. Alors qu’il commence ses cartons et avant un rendez-vous avec des élèves, il a répondu à nos questions et fait le bilan de ses cinq années valenciennes. 


 
Lepetitjournal.com : Monsieur Derambure, vous étiez arrivé à Valencia en tant que proviseur-adjoint en septembre 2014. 

Christophe Derambure : Oui, dans le cadre d’une mission de trois années (renouvelable deux fois un an). Ce fut une première expérience à l’étranger très enrichissante sur le plan professionnel et personnel. J’ai découvert un contexte extrêmement stimulant tant sur le plan professionnel qu’intellectuel. Un contexte dans lequel nous sommes très sollicités et pour lequel vous vous devez d’être à la hauteur d’attentes diverses. Avoir la chance d’évoluer dans le réseau AEFE, c’est aussi bénéficier d'un environnement exceptionnel qui vous permet de réaliser des projets magnifiques, des projets d’envergure, et tout cela, bien évidemment, au service des élèves.

Un contexte qui incite également à être dans la recherche permanente de l’excellence. Ce sont des exigences en termes de réussite de la part de la hiérarchie, des équipes en place ou bien encore des parents. Plus que de la pression, c’est plutôt une énergie positive qui pousse à la réflexion, à la remise en question et à une adaptation permanente. Cette excellence ne se décrète pas et ne peut pas reposer uniquement sur les épaules des élèves. Il faut aller la provoquer, la développer. C’est selon moi le cœur de métier d’un personnel de direction AEFE : susciter, entraîner et accompagner les équipes dans cette recherche de l’excellence. Plus facile à dire qu’à réaliser me direz-vous ! C’est vrai mais c’est ce qui est passionnant ! Cet objectif, l’excellence, passe aussi et surtout par le travail qu’il nous faut développer avec les professeurs qui doivent être convaincus que cette excellence dépend d’eux également. 

Par ailleurs, ce contexte est marqué par la multiplicité des collaborations, que ce soit en interne ou en externe. Pendant ces cinq années, j’ai pu travailler non seulement avec les équipes du Lycée français de Valence mais aussi avec les équipes de l'Ambassade de France à Madrid, avec l’Institut Français. J'ai pu développer des partenariats, notamment avec la base des Nations Unies de Quart de Poblet et plus récemment avec la Cité des Arts et des Sciences. 

J’ai découvert également une autre particularité dans le cadre de cette mission qui réside dans la fonction de représentation de la France. C’est un honneur et une réalité. Je suis très marqué par la vision très positive que les familles étrangères ont du système éducatif français. En France, beaucoup serait surpris par la vision positive que beaucoup d’étrangers ont de notre système.

Enfin le renforcement de la concurrence dans le domaine éducatif au niveau international nous pousse à être meilleurs. Notre défi c’est de défendre et de porter haut notre réseau qui dispose de nombreux atouts. 

 

Cet objectif, l’excellence, passe aussi et surtout par le travail qu’il nous faut développer avec les professeurs qui doivent être convaincus que cette excellence dépend d’eux également

 

Justement, en étant à l’étranger et en se retrouvant dans un système concurrentiel avec les autres écoles étrangères mais aussi avec les écoles privées locales, qui n’est pas aussi fort en France, travaille-t-on différemment ? 

Je pense qu’il ne faut pas hésiter à collaborer avec les autres systèmes, à monter et participer à des projets communs. Nous devons le faire davantage et c’est la meilleure façon de renforcer l’excellence. En s’ouvrant à d’autres systèmes, on s’enrichit et l’on montre nos qualités, notre modèle. Il faut développer cette collaboration avec les autres systèmes étrangers. Cela a un sens si nous sommes capables de faire preuve de créativité et si nous sommes innovants.


 
Qu’est-ce qui vous a poussé à être Proviseur-adjoint en Espagne, à Valence, quand auparavant vous étiez proviseur à Bordeaux ?

Dans ce projet, il y avait deux dimensions : une professionnelle et une familiale. Du point de vue familial, nous souhaitions donner à nos enfants l’opportunité de découvrir un autre pays, une culture différente et d’apprendre une nouvelle langue. Sur le plan professionnel, personnel de direction depuis 1998, j’aspirais à développer d’autres compétences que celles que je développais en France. Et le réseau d’enseignement français à l’étranger m’en donnait les possibilités. C’était un projet mûrement réfléchi. Après, cela aurait pu être un autre pays que l’Espagne. Je n’avais pas de stratégie particulière mais quelle chance d’avoir connu Valence et ce magnifique pays qu’est l’Espagne !!

Quand nous sommes entrés dans cette dynamique, j’ai toujours gardé à l’esprit dès le jour de mon recrutement que j’allais revenir en France armé d’expériences fortes et multiples à l’étranger et que j’allais pouvoir les réinvestir sur le territoire national. L’expérience valencienne nourrira sans aucun doute ma pratique professionnelle à venir.

 

L’expérience valencienne nourrira sans aucun doute ma pratique professionnelle à venir.

 

Et d’un point de vue familial, comment s’est passée cette expérience ?

Sur ce point, cela a été formidable. Les enfants sont désormais bilingues et ils ont découvert une autre culture. Certains de mes enfants ont vécu plus longtemps en Espagne qu’en France. C’est extrêmement intéressant. Et puis un autre point qui m’a marqué dans cet établissement mais également dans tout le réseau, c’est qu’ils ont bénéficié d’un accompagnement très important de la part des professeurs. Nos professeurs entretiennent une proximité, une bienveillance, un accompagnement qui est très profitable. Mes enfants ont donc pu non seulement acquérir de nombreuses compétences, une autre langue, mais ils ont également bénéficié de cette posture enseignante qui renforce la confiance en soi, l’estime de soi.

 

Il y a la force de la solidarité de l'équipe du Lycée français de Valence. Elle peut réaliser de grandes choses quand elle se serre les coudes 

 

Quel restera votre plus beau souvenir ?

Il y a plusieurs souvenirs marquants… Des rencontres, des aboutissements de projets. Les derniers moments marquants correspondent à ma rencontre avec Nicolas Hulot et Gilles Bœuf qui sont venus couronner un travail de quatre années sur le projet de la COPVAL. Ce genre de rencontres, de dispositifs, aurait été très compliqué à mettre en place en France. Cependant, après l'avoir fait, je suis persuadé qu’il est possible de diffuser ce type d’organisation à l’échelle d’un département ou d’une académie.

Ensuite, il y a le lancement de la plateforme Agora en mars 2016. Cela correspondait à une ouverture à l'international pour nos élèves valenciens. Ils sont intéressés mais ils ont besoin que nous leur ouvrions l’horizon !

Je me souviendrai également très longtemps des remises de diplômes aux élèves de terminale en fin d'année. C'est un moment très particulier parce que ce sont des élèves qui ont passés quinze années dans l'établissement pour la plupart. C’est pourquoi l’affichage des résultats du Bac ou de la remise des diplômes sont des moments extrêmement touchants.

Et puis il y a aussi la force de la solidarité de l'équipe du Lycée français de Valence. Elle peut réaliser de grandes choses quand elle se serre les coudes. Dernier exemple: l’accueil organisé au sein du lycée de migrants venus à la rencontre des élèves pour échanger sur leurs itinéraires et la problématique de la migration. Tous les professeurs étaient sur le pont, c’était magnifique !


 
Votre aventure à l’étranger continue au Maroc, c’est bien cela ?

Je prends effectivement la direction du pôle de Tanger qui regroupe le Lycée Regnault et l’école Berchet. Il s’agit d’établissements en gestion directe.
Je pars pour une mission de trois ans, renouvelable deux fois un an. C’est un grand honneur et un magnifique défi.

 

Que les élèves restent conscients de leur force : parler deux langues, si ce n’est trois ou plus, et connaître parfaitement la culture française et espagnole


 
Et votre famille vous suit également ?

Oui la famille suit. Ma fille aînée a maintenant 16 ans, elle se verrait bien finir sa scolarité à Valence, mais ils sont tous ravis de découvrir une autre culture, une autre langue. Et puis nous restons en contact avec l’Espagne parce que depuis Tanger, quand l’horizon est dégagé, vous découvrez une vue splendide des côtes espagnoles qui vous tendent les bras.

 

Pour finir, que souhaiteriez-vous transmettre aux élèves ?

Mesurer la chance qui est la leur d’évoluer dans un Lycée comme celui de Valence, un lycée international, appartenant au meilleur réseau scolaire à l’échelle mondiale, reconnu, qui affiche d’excellents résultats aux examens mais aussi qui offre des perspectives d’orientation vers les plus grandes écoles. Qu’ils restent conscients de leur force : parler deux langues, si ce n’est trois ou plus, et connaître parfaitement la culture française et espagnole. Au moment de faire des choix, aussi bien d’orientation ou professionnels, c’est quelque chose qui va compter.

J’ai pris plaisir à travailler pour eux et avec eux. J’ai pu voir que sur chaque projet, ils répondaient présent et brillamment donc je les remercie et je leur souhaite bonne chance pour la suite. 
 

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Shirley SAVY-PUIG

Responsable d'édition - Parisienne de naissance mais Valencienne d'adoption depuis sa plus tendre enfance, cette touche-à-tout aime mettre en lumière la culture espagnole et les personnalités francophones de talent.
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