LEGISLATIVES 2022 - Renaud Le Berre: "Nos valeurs: la démocratie et l’humain d’abord"

Par Lepetitjournal Valence | Publié le 23/05/2022 à 21:00 | Mis à jour le 24/05/2022 à 02:09
renaud le berre candidat legislatives 2022 espagne

Les élections législatives se tiendront les 5 et 19 juin 2022. Le vote électronique - qui est autorisé pour ce scrutin - sera ouvert du vendredi 27 mai au mercredi 1er juin 2022 pour le 1er tour, puis du vendredi 10 juin au mercredi 15 juin pour le 2nd tour. C’est dans ce contexte que lepetitjournal.com interroge les candidats sur leur programme. Par souci d’équité, les questions sont les mêmes pour tous. Dans la 5ème circonscription des Français de l’étranger (Espagne, Portugal, Andorre et Monaco), notre série d’interviews se poursuit aujourd’hui avec Renaud Le Berre, candidat de la liste Agissons Ensemble soutenue par la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES). 

 

Lepetitjournal : Pourquoi avez-vous souhaité vous présenter aux prochaines élections législatives ?

Renaud Le Berre : Je pense qu'il faut enfin un vrai changement pour les Françaises et les Français de l'étranger. Il s'agit d'abord d'une motivation collective. J'ai remporté la primaire démocratique organisée par Agissons Ensemble et mon adversaire Stéphane Fanucchi est désormais mon responsable de campagne. Ce sont nos valeurs à nous les écologistes : la démocratie et l’humain d’abord. 

Depuis 5 ans, avec cette plateforme citoyenne participative, nous avons construit une convergence de proximité, écologique et sociale, que les Français d’Espagne ont placée en tête aux dernières élections consulaires. Nous avons été précurseurs de la NUPES qui soulève tant d'espoir en France. Ici, nous avons toujours eu notre autonomie et cela nous a permis d'éviter des candidatures parisiennes improvisées. Comme François Ralle Andreoli, candidat en 2017 et 2018, qui fait campagne avec moi, je suis fier d'être le seul candidat désigné démocratiquement par une primaire. Notre plateforme est un outil de participation très fort et dynamique avec 8 élus-es dans toute la péninsule dont 3 siègent à l'Assemblée des Français de l'étranger. Nous ne passons pas nos journées sur les réseaux sociaux, nous sommes sur le terrain au service des Français-es de la circonscription et il y a énormément de travail car les choses vont mal. Voilà pourquoi je veux me présenter pour cet engagement collectif au service de ceux que nous aidons au quotidien.

 

Quel est votre rapport avec cette circonscription ?

Ma femme est espagnole d'Elche et mes enfants sont binationaux comme 40% de nos compatriotes dans la circonscription. J'habite ici depuis 20 ans. J'ai d'abord une formation d'économiste, j'ai travaillé dans l'entreprise familiale de mon beau-père puis comme professeur d'économie à Palma de Mallorca, Madrid puis Barcelone. Je connais bien l'ensemble de l'Espagne et les Français-es d'ici. Comme élu consulaire, je suis chaque jour au contact de tout type de compatriotes, responsables de petites entreprises, femmes seules, étudiants, retraités… Ce sont ces personnes que je veux aider. 

 

En quoi votre parcours est-il marqué par les préoccupations des Français de l'étranger ?

En tant que Français de l'étranger, j'ai vécu le retrait continu depuis plus de 20 ans de l'État français (fermetures de nombreux consulats ou d'instituts français comme à Valencia, Porto, Lisbonne, Séville...). En tant que conseiller des Français de l'étranger, j'ai aidé de nombreuses familles broyées par un système de bourses injuste et très intrusif.

J'ai pu accompagner durant des années de nombreuses familles dans des situations de précarité sociale en collaboration avec les sociétés de bienfaisance. La fiscalité est un thème important aussi pour nos concitoyens. Je préside la Commission des finances, du budget et de la fiscalité à l'Assemblée des Français de l'étranger et j'aide des centaines de contribuables vivant dans la Péninsule ibérique tous les ans pour leur déclaration ou leurs problèmes avec le fisc, notamment les entrepreneurs ou les retraités. C'est l’une de mes priorités : simplifier l'information et les démarches. Sur tous ces dossiers, les gens peuvent compter sur moi.
 

Comment voyez-vous le mandat de député ?

Le député est un législateur au service de la nation. Les Françaises et Français de l'étranger sont des membres à part entière de la nation. Je serai en leur nom porteur de projets sociaux, écologiques, économiques et politiques pour sortir la France de son marasme.

Les Français-es ont besoin de plus de droits pour renforcer la cohésion nationale. On peut penser au droit au logement, au droit à une retraite digne, à la protection sociale, à l'égalité femmes-hommes. Mais aussi au droit de vivre dans un pays qui protège son environnement et qui doit absolument accélérer la transition énergétique tout en protégeant le pouvoir d'achat. Pour nos compatriotes vivant dans notre circonscription, je me battrai avec les députés-es de mon groupe pour retrouver des services publics dignes et qui permettent d'exercer pleinement notre citoyenneté.

Il y a aussi urgence à renforcer notre enseignement français à l'étranger qui a été fortement déstabilisé par les bricolages depuis 5 ans, les parents des lycées d'Espagne et du Portugal, à travers l'envolée des frais de scolarité, financent sans le savoir le développement du réseau ailleurs dans le monde, joli cadeau à notre beau réseau d'Espagne et du Portugal. Il nous faut aussi plus d'Europe pour pouvoir vivre pleinement notre citoyenneté européenne et parvenir à la neutralité carbone. 

 

Quels sont, selon vous, les défis qui attendent les Français de votre circonscription ?

Plusieurs défis se présentent à nous :

1. Redonner de l'efficacité à nos services publics consulaires, pour pouvoir obtenir rapidement ses papiers d'identité par exemple. 

2. Renforcer notre système d'enseignement : stabiliser le statut du professorat, geler les frais de scolarité, rendre le système des bourses scolaires plus juste et moins intrusif.

3. Simplifier la fiscalité et les retraites : éviter les doubles impositions et les injustices fiscales. Nombre d'entre nous ont des parcours professionnels hachés et ont cotisé dans différents pays, ce qui réduit leur pension de retraite et leur protection sociale. 

4. Faciliter les démarches administratives de nos concitoyens et concitoyennes dans le pays où ils résident. Nombre d'entre eux ont des difficultés pour valider leurs diplômes français et être en règle avec les autorités locales du pays. 

5. La jeunesse sera au cœur de mes priorités. Il faut leur donner les moyens de vivre leur citoyenneté. Il faut leur donner les moyens partout dans notre circonscription d'apprendre le français et faciliter aussi leur parcours universitaire et professionnel.

 

Comment est organisée votre campagne et qui sont vos soutiens ?  

Notre campagne est une campagne de proximité. Je pars à la rencontre de nos concitoyens-nes sur l’ensemble de la circonscription, je pense être le seul candidat à s'être posé la question de l'impact carbone de ma campagne, je ne prends que les transports en commun. Notre campagne est aussi collaborative. Le programme émane d'un groupe de travail citoyen. 

Nous avons reçu le soutien de l'ensemble des sénateurs et sénatrices EELV et PS des Français de l'étranger, de nombreuses entrepreneuses et entrepreneurs, d'artistes et de citoyens-nes du terrain dont les profils sont si variés.  

 

Pour les 4 pays de votre circonscription, quels sont les axes de travail sur lesquels vous vous concentrerez en priorité si vous êtes élu ?

Sur l'ensemble de notre circonscription nos entrepreneuses et entrepreneurs développent des projets très innovants en particulier dans le domaine de l'économie sociale, solidaire et environnementale. Je fédérerai toutes ces initiatives afin de donner une réelle impulsion à ces initiatives en créant un réseau d'entreprises tout en m'appuyant sur des réseaux déjà existants. 

Par ailleurs, les associations culturelles, ces dernières années, ont reçu un soutien de misère et inadapté. Je demanderai avec l'aide des conseillères et conseillers des Français de l'étranger de notre circonscription de revoir les critères d'attribution afin de faire vivre la communauté française et de faire rayonner la culture française et la francophonie. L'aide aux associations FLAM (Français langue maternelle) sera l’une de mes priorités. 

Les axes de travail et les problématiques sont parfois différents selon les 4 pays. À Monaco par exemple, les Français-es sont discriminés en particulier pour l'accès au logement, il y a désormais une inquiétude centrale autour du recrutement des enseignants français dans les écoles sur le rocher en raison d'un décret du gouvernement publié deux jours après les présidentielles. 

Au Portugal et en Espagne, nos compatriotes se sentent éloignés du réseau consulaire et de l'enseignement en français et il faut renforcer ce réseau en remettant de l'humain et des moyens et en cherchant des solutions numériques réalistes pour la prise d'empreintes digitales par exemple. 

En Andorre, le système éducatif gratuit de branche française doit être renforcé. Les entreprises locales françaises doivent être mieux soutenues dans cette principauté.

J'appuierai aussi dans les deux principautés les projets locaux qui militent pour un développement humain écologiquement responsable.

 

Comment jugez-vous le mandat du député sortant ?

La députée sortante, c’est Samantha Cazebonne qui ne s'est que très peu interessée à nos compatriotes. Elle et ceux qui la soutiennent ont justifié la dégradation des services consulaires et scolaires, ainsi que la fermeture de l'institut de Valence. Être député ce n'est pas se gargariser superficiellement sur les réseaux sociaux mais agir. Je suis d'ailleurs très déçu de l'entendre dire aujourd'hui comme sénatrice qu'il y a trop de moyens dans le réseau scolaire AEFE en Europe et qu'il faut les redéployer ailleurs. Elle a par ailleurs justifié tous les tours de vis budgétaires. Elle transmet le témoin à Manuel Valls dont le bilan est également lourd comme ancien Premier ministre pour les Français-es d'ici (fermetures de consulats et de postes)... Il faut absolument changer cette dynamique en changeant de député.

 

Propos recueillis par Paul Pierroux-Taranto 

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