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Trophées 2018 : que sont devenus les lauréats ?

Par Justine Hugues | Publié le 27/02/2019 à 17:30 | Mis à jour le 27/02/2019 à 17:30
Trophées des Français de l'étranger

Photographe, chorégraphe, fondateurs d’ONG, entreprise sociale ou même chaine de télé transfrontalière, le cru 2018 des lauréats des Trophées des Français de l’étranger était bariolé. Nous avons pris de leurs nouvelles, à quelques jours de l'édition 2019 qui récompensera d'autres Français d'exception. 

 

Iris Munos Draméducation
 Iris Munos, lauréate du Trophée Education

 

 

Le projet 10 sur 10 de Draméducation, compagnie co-fondée en Pologne par Iris Munos, lauréate du Trophée « Education, se développe considérablement. Etats-Unis, Macédoine, République Tchèque, Roumanie, Grèce, Moldavie : des formations à la pratique du théâtre comme outil d’apprentissage de la langue française ont été organisées à travers l’Europe et l’Amérique du nord. Grâce à une collaboration avec l’Organisation Internationale de la Francophonie, le projet essaime également au Sénégal et en Tunisie. Du côté des festivals, l’agenda est bien rempli pour la compagnie. Avide de nouveaux défis, Iris Munos travaille aussi  à la publication d’un livre destiné aux professeurs de français du monde entier. « Un prix est toujours utile à la défense et la diffusion d’un projet. La mise en réseau est aussi importante : je sais que des personnes rencontrées lors de la cérémonie pourront m’ouvrir des portes », expose Iris. 

 

 

 

 

Toujours entre deux vols pour New-York ou Johannesburg, Rolande Kammogne, Camerounaise lauréate dans la catégorie « Ancien-ne élève des lycées français du monde, continue de développer les partenariats stratégiques pour VoxAfrica, la chaîne de télévision panafricaine qu’elle a contribué à monter. Après la consécration de l’émission en 2017, la deuxième saison de « The Voice Africa » a consolidé son succès. Moins de stars, plus d’histoires. « La saison était peut être moins explosive, les chanteurs étant moins expérimentés, mais elle avait plus de cœur », confie Rolande. Les retombées du Trophée dans la presse africaine ont été importantes, raconte-t-elle. « C’était un grand bonus pour moi ». 

 

Rolande Kammogne
Rolande Kammogne, lauréate du Trophée Ancien-ne élève des lycées français du monde

 

 

 

Sophie Bulbulyan
Sophie Bulbulyan, lauréate du Tropée Culture/art de vivre

« La revue de presse de la Compagnie DK-BEL s’est élargie depuis les Trophées ; ce qui lui a donné effectivement une plus grande visibilité, une sorte de légitimité et nous a ouvert quelques portes », raconte Sophie Bulbulyan, lauréate du Trophée « Culture/art de vivre ». La professeure d’EPS reconvertie en chorégraphe, aussi modeste que brillante, vient de mener un projet franco-grec « Fais danser la Mer », dans lequel 30 jeunes, dont une dizaine en situation de handicap et 5 réfugiés, ont mené des activités artistiques et aquatiques. Parallèlement,  la quatrième édition du festival « Anamesa Mas », organisée à Lisbonne, a regroupé 160 jeunes Européens de 6 pays différents, dont 40 en situation de handicap. «  Nous avons ressenti une réelle communauté de jeunes qui souhaitaient mettre en avant et répandre les valeurs d’empathie, d’altruisme dans une énergie forte et positive », raconte Sophie. Recevoir un trophée a été une source de fierté pour ses proches, mais aussi les habitants de Villers-le-Bel, d’où la Française expatriée en Grèce est originaire. «  J’ai reçu beaucoup de messages de mes anciens élèves comme si ce Trophée leur appartenait un peu, et j’en suis très heureuse. D’un point de vue personnel, le Trophée m’a également donné davantage confiance en moi, surtout face aux médias, avec lesquels je n’étais vraiment pas à l’aise ». 

 

 

Dans le bidonville de Boeng Salang, au nord de Phnom Penh, le centre Taramana sera bientôt ouvert le week-end, pour permettre aux enfants de bénéficier de cours de soutien dans les matières fondamentales ou de sorties ludiques et pédagogiques. Jocelyn Dorde, fondateur de l’ONG Taramana et lauréat du Trophée « Social et Humanitaire » poursuit ses activités autour de l’éducation, la santé, la nutrition, la culture et le sport, au profit d’enfants marginalisés. Dans le plus long terme, le médecin français souhaiterait développer la formation professionnelle, en collaboration avec le gouvernement cambodgien et d’autres associations, afin que les enfants de son centre puissent également apprendre à exercer un métier. Bien que l’équilibre financier de son ONG reste précaire, Jocelyn a apprécié la reconnaissance que lui a offerte le Trophée. « Cela a permis sans nul doute une meilleure visibilité de l’association et de consolider nos partenariats actuels ». 

Jocelyn Dorde Taramana
Jocelyn Dorde, lauréat du trophée Social et Humanitaire

 

 

 

Jonathan Breton
 Jonathan Breton, lauréat du trophée jeune espoir

Deux tournées en Pologne, une résidence d’artiste en Finlande et des cours dispensés au sein de l’école nationale de danse du Danemark : depuis mars 2019, Jonathan Breton, qui avait reçu le Trophée « Jeune espoir », n’a pas chômé. Aujourd’hui de retour à Blois, sa ville natale, où il souhaite implanter le nouveau QG de sa compagnie, Azoth Dance Theatre, créée à New-York, il travaille à l’organisation du premier festival chorégraphique de la ville. « A Blois, il n’y a rien du tout, même pas de danse au Conservatoire », déplore-t-il.  L’objectif sera, ensuite, de rapatrier les danseurs de sa compagnie, sans renoncer aux projets et collaborations en dehors de l’Hexagone. « Je veux vraiment garder cette étiquette internationale, c’est mon oxygène ». Le « grand » projet 2019 sera, par exemple, de développer une pièce chorégraphique au Japon avec des étudiants de l’Université de Kobé, une peintre de Tokyo et un sculpteur d’Osaka. « Avoir reçu un trophée m’a donné visibilité et crédibilité. Visibilité parce qu’il y a eu beaucoup d’articles de presse et que les dossiers de presse sont toujours demandés pour les résidences, les co-productions. Crédibilité car recevoir un prix au Quai d’Orsay, et quelque part une reconnaissance du gouvernement, ça ouvre des portes », affirme-t-il. 

 

 

Réhahn Croquevielle photographe Vietnam
  Réhahn Croquevielle, lauréat du pris du public

« Le lendemain de la remise du Trophée, l’ambassadeur du Vietnam en France, que j’avais invité à la cérémonie, m’a confié avoir une idée de cadeau pour Emmanuel Macron, dans le cadre de la célébration des 45 ans de relations diplomatiques franco-vietnamiennes », raconte Réhahn Croquevielle, photographe lauréat du « Prix du public ». Heureux hasard de calendrier : c’est finalement l’un de ses plus célèbres clichés, une vieille femme vietnamienne à bord d’une barque, qui sera remis au président français. « Je viens de recevoir la photo de Réhahn. Quoi de plus symbolique que l’œuvre d’un Français ayant réussi au Vietnam ! » a dit Macron pour l’occasion. Dans le musée des ethnies vietnamiennes que Réhahn a monté à Hoi An, 51 ethnies sont maintenant représentées, sur les 54 que compte le pays. Le photographe continue inlassablement de sillonner les routes vietnamiennes, se démenant pour obtenir les autorisations gouvernementales, afin de documenter la richesse du patrimoine culturel et identitaire de son pays d’accueil. Quand il n’est pas sur sa moto, il est dans son musée ou l’une des quatre galeries qu’il a ouvertes à Hoi An et Ho Chi Minh, à la rencontre des clients et curieux, vietnamiens et étrangers. 

 

 

 

Charles Guinot Online Pajak
 Charles Guinot, lauréat du trophée entrepreneur

A près de 4.000 kilomètres de là, à Jakarta, Charles Guinot se réjouit de la dernière levée de fonds d’Online Pajak, qui a permis de récolter plus de 25 millions de dollars d’investissement. Celui qui avait remporté le trophée « Entrepreneur », pour avoir créé de toutes pièces une plateforme facilitant la collecte de l’impôt en Indonésie, voit les chiffres de son projet exploser. Près de 200.000 entreprises (contre 60.000 en mars dernier), soit près d’un million d’utilisateurs, recourent désormais à Online Pajak pour déclarer et payer leurs taxes, contribuant substantiellement au budget, et in fine, au développement de l’Etat indonésien. L’équipe s’est étoffée, un bureau a ouvert à Singapour et un autre est sur le point de voir le jour en Inde. Pour Charles, recevoir un trophée a permis d’asseoir la notoriété de son entreprise. « La première chose que fait un client ou un investisseur, c’est d’aller voir sur Google ce qu’il y a derrière le nom d’une société. C’est important d’établir sa marque quand on est une micro start-up, donc être récompensé par un trophée, forcément ça crédibilise », soutient-il.

 

 

 

 

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Justine Hugues

Justine Hugues

Après avoir travaillé 8 ans dans l’aide humanitaire et au développement (en Amérique Centrale, République Dominicaine et Birmanie) elle s'est reconvertie dans le journalisme avec l'ESJ Pro. Elle fait aujourd'hui partie de l'équipe de rédaction à Paris.
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