Édition internationale

TREIBER – Fin de cavale, fin du mythe

On l'imaginait seul dans les bois, déjouant les pièges de la police depuis son évasion, narguant les autorités avec ses lettres provocantes. Foin de tout cela : Jean-Pierre Treiber a été arrêté assis dans son canapé, dans un appartement de Melun. Quatre complices présumés sont mis en examen

(Rédaction internationale) - Depuis sa spectaculaire évasion de la prison d'Auxerre le 8 septembre, caché dans un carton, Jean-Pierre Treiber (photo AFP) semblait avoir initié une cavale digne des plus beaux scénarios de film. On imaginait le fugitif seul dans les forêts de Bourgogne, entouré d'animaux sauvages, déjouant les pièges de la police, invisible le jour, se déplaçant sans laisser de trace la nuit. Pris en photo par la police dans les bois de Bombon, il échappait miraculeusement à la battue organisée contre lui. On lisait ses lettres retrouvées dans la presse, maladroits témoignages ou provocations qui décrivaient les exploits de Koh-Lanta comme "du pipi de chat"à côté de son aventure.
Désigné homme des bois, l'ancien garde-forestier semblait armé pour affronter seul les éléments et les forces de l'ordre. Bref, un mythe se créait, sorte de nouveau Robin des Bois, alimenté par la toile et par les cris d'innocence répétés de Treiber et ses proches.

Des complices en prison
Mais, vendredi dernier, le voile s'est déchiré : au terme de 74 jours de fuite, Jean-Pierre Treiber a été arrêté par les forces du RAID dans un banal appartement de Melun, en Seine-et-Marne. Cueilli en douceur, en plein jour, dans son canapé, l'image en est toute écornée? Les enquêteurs, eux, n'ont jamais gobé l'histoire du fugitif solitaire. "Nous n'avons jamais vraiment cru à la thèse du garde-chasse vivant terré dans les bois et mangeant des racines", note un enquêteur dans Le Figaro.
En effet, il s'avère que Treiber a bénéficié de complicités logistiques pour sa grande vadrouille. Hier, quatre personnes ont été arrêtées et mises en examen pour avoir probablement aidé le fuyard. Deux d'entre eux ont été écroués. Le premier, Michel Huys, un ex-collègue de Treiber l'a hébergé chez lui pendant un temps, par amitié. L'autre, Régis Charpentier, a loué l'appartement de Melun pour le cacher. Petit voyou, anciennement pris dans une affaire de proxénétisme, l'homme a tenté de négocier des droits d'auteur et des droits à l'image avec différents titres de presse !
Les complices risquent jusque 3 ans de prison. Jean-Pierre Treiber a passé sa deuxième nuit à Fleury-Mérogis. Il devrait comparaître pour son évasion avant son procès en avril 2010 comme seul suspect pour le double meurtre en 2004 de Katia Lherbier et Géraldine Giraud. Vraiment loin du mythe?
Thierry CLÉMENT. (www.lepetitjournal.com) lundi 23 novembre 2009

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