

Si le monde occidental s'est forgé une image du "Chinois travailleur", c'est peut être qu'il l'est. Amy Chua, une Sino-Américaine mère de deux filles, vient de publier un livre dans lequel elle explique que l'éducation chinoise est largement supérieure à l'occidentale. Elle y défend les méthodes les plus strictes, voire tyranniques, à la surprise du reste du monde
Photo d'illustration (Corbis)
Amy Chua est professeur de droit à la prestigieuse université de Yale. Si elle créé aujourd'hui la polémique ce n'est pas à cause de son titre prestigieux, mais plutôt grâce à la casquette de "Tiger Mum" qu'elle a enfilée afin de donner des leçons à l'Amérique. En effet, cette Sino-Américaine, mère de deux filles, vient de publier un livre intitulé L'hymne de bataille d'une mère tigre dans lequel elle explique pourquoi tant de Chinois sont des prodiges en piano ou des génies en maths. Pour arriver à un tel résultat, elle soutient que les parents chinois n'y vont pas de main morte avec leurs enfants, n'hésitant pas au choix à les rabaisser, les punir ou les priver de liberté. Des méthodes dictatoriales? Pour Amy Chua en tout cas, des meilleures méthodes que celles des Américains qui sont laxistes et complimentent sans arrêt leurs enfants pour ne pas blesser leur sacro-sainte confiance en soi. Un chemin qui mènerait, selon elle, tout droit à la médiocrité.
De l'enfant roi à l'enfant qui doit
Fille d'immigrés chinois, Tiger Mum se trouve embarrassée lorsqu'elle voit des parents occidentaux porter leurs enfants aux nues pour un oui ou un non. D'après elle, les valeurs à véhiculer auprès de son enfant sont l'excellence scolaire, le travail intensif, les activités extra scolaires très ciblées (violon, piano), pas de télé, et pas d'ordinateur. Amy Chua explique que les deux mentalités sont opposées dans le sens où les parents chinois pensent que leurs enfants leur doivent tout, alors que dans le monde occidental c'est l'inverse qui est soutenu. Ainsi elle explique que quand sa fille de 7 ans n'arrivait pas à jouer un morceau de piano particulièrement difficile, elle la faisait travailler dessus le jour, la nuit, la privant d'aller aux toilettes. Finalement, la petite a réussi à jouer, après avoir été menacée d'être privée de Noël pendant quatre ans.
Autre anecdote, Madame Chua raconte également que si elle a traité son autre fille de "pourriture" devant des invités occidentaux, cela n'était en réalité que pour renforcer sa confiance en elle. Toujours selon ses conseils, appeler son enfant "gros lard" permettrait de l'aider face aux problèmes de la vie, sans lui causer aucune séquelle psychologique.
Un livre qui créé la polémique
Face à ce livre bourré de conseils (bons ou mauvais, à vous de décider) c'est une armada de mamans occidentales qui s'est levée contre Amy Chua. Cette dernière s'est vu offrir une tribune dans le très sérieux Wall Street Journal, qu'elle a sobrement intitulé "Pourquoi les mères Chinoises sont supérieures?". Dans son article, elle s'interroge sur la capacité de l'éducation chinoise à inspirer celle des Américains. Il n'en fallait pas moins pour déclencher une salve de commentaires de la part des lecteurs. Au travers des 7.626 réactions on peut lire : "Cette femme est une caricature", "Pour avoir grandi avec une mère chinoise qui ressemble à Amy Chua, je peux vous dire que cela laisse des séquelles émotionnelles" ou encore "Dieu merci, Amy Chua n'est pas ma mère".
Finalement, si les méthodes de Madame Chua choquent, il n'en reste pas moins qu'elle réussit à faire parler d'elle en créant le buzz. Outre-Atlantique, elle est l'invitée de nombreux talk-shows dans lesquels elle promeut sa méthode éducative de l'extrême ? et son prochain livre.
Marie Curci (www.lepetitjournal.com) vendredi 11 février 2011
En savoir plus:
Article Le Point : Les "vertus" de l'éducation à la chinoise choquent l'Amérique
Article Les Echos: Le débat sur la « Tiger Mother » fait rage outre-Atlantique




































