Édition internationale

Réseaux sociaux et mineurs : vers la déconnexion mondiale, la Thaïlande sous pression

De Paris à Canberra, la restriction d’accès aux réseaux sociaux pour les plus jeunes devient une priorité législative qui interroge désormais dans le monde entier. À Bangkok aussi, on se pose la question.

Jeune Thailandais avec un ordinateur et sa grand-mère Jeune Thailandais avec un ordinateur et sa grand-mère
Écrit par Laetitia VILLA
Publié le 12 janvier 2026


 

L’usage des réseaux sociaux par les mineurs est devenu un sujet de préoccupation planétaire, poussant les gouvernements à agir pour protéger la santé mentale et la sécurité des plus jeunes.

 

France : la bataille législative pour la « majorité numérique »

 

À Paris, l’année 2026 s’est ouverte sur un dossier brûlant. Le 8 janvier, le Conseil d’État a examiné le projet de loi du gouvernement interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans ainsi que l’usage du téléphone portable dans les lycées. Ce texte cristallise une véritable rivalité politique entre l’exécutif et le Parlement.

D’un côté, le président Emmanuel Macron souhaite inscrire la création d’une « majorité numérique » à son bilan de fin de quinquennat. De l’autre, l’ancien Premier ministre et ministre de l’Education nationale, Gabriel Attal, et son groupe Renaissance à l’Assemblée, ont pris les devants avec une proposition de loi trans-partisane quasi identique. Malgré cette « guéguerre » de paternité, l’objectif reste commun : imposer une vérification d’âge stricte dès septembre 2026. Toutefois, des zones d’ombre subsistent, notamment sur la fiabilité des contrôles face à l’usage des VPN et des images générées par IA pour duper les systèmes.

 

Australie : le pionnier mondial face aux géants de la Tech

 

L’Australie a pris une longueur d’avance en devenant, le 10 décembre dernier, le premier pays à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Cette loi impose aux plateformes comme Instagram, TikTok ou X de bannir les mineurs sous peine d’amendes pouvant atteindre 49,5 millions de dollars australiens.

L’impact a été immédiat : Meta, dans un communiqué, a annoncé avoir bloqué plus de 544.000 comptes en quelques semaines. Si ce modèle est observé de près par l’Union européenne, la Norvège ou encore la Malaisie, il rencontre des résistances. Aux États-Unis, Donald Trump s’oppose à ces restrictions au nom de la liberté d’expression. Meta, de son côté, appelle à une approche plus constructive, craignant que les adolescents ne se tournent vers des plateformes clandestines encore moins sécurisées.

 

Thaïlande : une envie de limiter malgré une culture connectée

 

La Thaïlande, pays où l’usage du mobile est omniprésent, n’échappe pas au débat. Selon le rapport « The Ipsos Education Monitor 2025 » sorti fin août 2025, le pays montre une forte préoccupation pour l’éducation et le bien-être des jeunes. Si 87% des répondants en Thaïlande estiment désormais que les moins de 14 ans ne devraient pas avoir accès aux réseaux sociaux (le niveau le plus élevé parmi la trentaine de pays étudiés), le soutien à une interdiction totale reste nuancé face aux besoins de communication des familles.

Dans les rues thaïlandaises, le constat est frappant : on voit de plus en plus d’enfants totalement inhibés par leur téléphone, déconnectés complètement de leur environnement immédiat. Face à ce « fléau », certaines écoles du pays ont déjà instauré des fonctionnements de compromis, comme la collecte des téléphones le matin. Les experts locaux, à l’instar du Département de la Santé Mentale, notent que sans écran, les élèves retrouvent le chemin des terrains de sport et améliorent leurs résultats. Pour la Thaïlande, le défi sera de trouver un équilibre entre protection et éducation numérique, sans brider la créativité d’une génération ultra-connectée.

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos