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Électrocuté, abattu : deux éléphants sauvages meurent en un week-end en Thaïlande

L’un tué par des câbles électriques à Kanchanaburi, l’autre vraisemblablement par des balles dans Chanthaburi. La semaine de trop dans un rapport toujours compliqué entre l'homme et l'animal.

Éléphant mort Thaïlande Éléphant mort Thaïlande

Deux éléphants sauvages morts en deux jours, dans deux provinces séparées par plusieurs centaines de kilomètres. Ce n'est pas une coïncidence. C'est un rythme.

Le premier a été retrouvé dimanche 24 mai 2026 au soir à la lisière de la forêt, près du village de Ban Tha Manao dans le district de Muang, à Kanchanaburi. Mâle, entre 25 et 30 ans, défenses d'un mètre chacune. Les vétérinaires du sanctuaire de faune sauvage de Salak Phra ont pratiqué l'autopsie lundi. Leur conclusion : l'animal avait renversé des poteaux électriques avant de tirer des câbles sous tension avec sa trompe. Il cherchait de la nourriture. Il avait été séparé de son troupeau par des rivaux plus forts et errait depuis plusieurs jours hors des zones protégées.

 

Tué par des fils électriques 

 

Le sanctuaire de Salak Phra, le plus ancien de Thaïlande, fondé en 1965, couvre 858 kilomètres carrés dans la province de Kanchanaburi, à l'ouest du pays. Il abrite depuis des décennies une population d'éléphants sauvages estimée à plus de 200 individus. Le territoire, lui, n'a pas grandi. Les villages, les vergers et les lignes électriques, si.

Les défenses ont été prélevées pour mise en sécurité. Des prélèvements tissulaires ont été envoyés au laboratoire. Le dossier sera transmis à la police.

 

Un autre nom, une autre province

 

À l'est, même week-end. Plai Kor Kaew, mâle d'une trentaine d'années, connu des rangers du parc national de Khao Khitchakut, dans la province de Chanthaburi. Animal solitaire, craint des villageois pour ses incursions dans les vergers. Sa carcasse a été retrouvée lundi près d'un étang, derrière une plantation fruitière du district de Khlong Phlu. Les enquêteurs ont relevé au moins six plaies ressemblant à des blessures par balle aux oreilles, à la poitrine, à l'abdomen et à une patte avant. L'enquête est en cours. Aucune arrestation n'a été annoncée.

L'expression consacrée est « conflit homme-éléphant ». Elle est commode. Elle gomme l'essentiel : ces animaux occupaient ces terres bien avant les vergers, les lignes électriques et les routes nationales. Aujourd'hui, 4.013 à 4.629 éléphants sauvages se partagent 91 zones protégées, dans des forêts qui ont rétréci à mesure que les cultures avançaient. L'an dernier, 30 personnes ont été tuées, 29 blessées. L'État a versé plus de 37 millions de bahts d'indemnisation à plus de 700 foyers entre avril 2025 et février 2026, selon les données citées par lepetitjournal.com en mars dernier. Ce mois-ci, un automobiliste est mort sur la route nationale 323, près de Kanchanaburi, après avoir percuté un éléphant de nuit.

Les éléphants demeurent là où ils ont toujours été. C’est leur environnement qui a changé.

Pour tenter de trouver des avancées, une solution est en test depuis début 2026. Il s’agit de un programme expérimental de contraception des éléphantes dans les zones à forte densité. Le gouvernement n'a pas communiqué sur le calendrier de déploiement de corridors forestiers, autre solution identifiée depuis des années comme la seule qui traite la cause plutôt que la conséquence.

Les défenses de l'éléphant de Kanchanaburi ont été mises en sécurité. Ses restes sont partis au laboratoire.

 

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