

Le Volontariat International en Entreprise permet à des jeunes diplômés français de profiter d'une expérience professionnelle à l'étranger. C'est le cas d'Evariste Beau, Analyste Crédit au département Shipping &Offshore de la BNP Paribas à Oslo depuis 16 mois. Un travail 100% en anglais dans un des secteurs phares de l'industrie norvégienne
Evariste Beau : "Le V.I.E. est considéré comme un employé, pas comme un stagiaire"(photo : T.G. SoKT)
Après des études en école de commerce à l'ESC Grenoble assorties d'une césure d'un an en entreprise et d'une année Erasmus à la Warwick Business School de Coventry, Evariste Beau souhaitait trouver un premier emploi à l'étranger. C'était pour lui un moyen de découvrir autre chose, d'autres modes de vie, et d'avoir une vision plus dynamique du monde. "Je voulais aller dans un endroit inconnu, sûr, et où on peut se débrouiller avec l'anglais. La formule V.I.E. était une possibilité parmi d'autres. Pour moi, le plus important était l'intérêt du job"précise-t-il. Ses premières démarches se sont finalement conclues par un V.I.E. chez BNP Paribas à Oslo. Rencontre.
En quoi consiste votre travail ?
Je travaille comme Analyste Crédit au département Shipping &Offshore. Nos clients opèrent des bateaux (tankers, containerships...) et des unités offshore (jack-ups, semis...). Pour les acheter, ils ont besoin d'emprunter. Les commerciaux analysent en amont leurs besoins et font ensuite une offre en fonction du travail des analystes. Nous étudions les possibilités de financement et la viabilité du projet (coût et valeur, potentiel d'exploitation, structure et remboursement de l'emprunt). Chaque dossier débouchant sur un prêt doit être présenté et validé en comité de crédit à Paris. Le début a été semblable à celui de quelqu'un qui découvre le domaine du shipping et du offshore. Je n'avais pas de formation spécifique. J'ai appris en faisant du suivi de dossiers. Puis petit à petit, j'ai commencé à travailler sur les nouvelles opérations. Aujourd'hui, je me considère, et mes responsables aussi, comme un analyste junior.
Quels sont selon vous les avantages du V.I.E. ?
On est à l'étranger dans une entreprise française, ce qui est sécurisant, avec une forte probabilité d'embauche. J'y ai vu une sorte de tremplin. D'un point de vue financier, même si on n'a pas à se plaindre, cela reste moins bien payé qu'un emploi de junior.
Quel est le regard des autres employés sur un V.I.E. ?
On est considéré comme un employé et pas comme un stagiaire. Mais, pour la majorité des employés, le V.I.E. c'est quelqu'un qui ne va pas rester. Ceci est renforcé par le fait que, s'il y a embauche, elle se fait souvent sur un autre site.
Qu'est-ce qui vous séduit dans le fait de travailler en Norvège ?
La première chose c'est les relations, entre collègues ou avec les responsables. Ici, l'organisation est horizontale. Si l'on a un problème à traiter avec le numéro 1, on traite avec lui. C'est agréable car on sent qu'on a besoin de nous. C'est assez différent de ce que j'avais vu en stage en France.
J'apprécie également les horaires de travail. Ce qui compte avant tout c'est que le travail soit fait. On peut partir en week-end le vendredi à 16h00 sans que cela soit un problème. C'est assez flexible. Il n'y a pas de pression sur une présence quotidienne tardive.
Comment trouvez-vous les relations au travail ?
Cela dépend de l'entreprise et sans doute du département. J'ai des échos d'autres Français, qui trouvent les relations un peu froides. Chez BNP Paribas, je trouve que c'est plutôt chaleureux. Pas mal d'activités sont proposées hors du cadre professionnel. Bien sûr, le matin, il n'y a pas de pause café de 10 minutes pendant laquelle on parle de ce que l'on a fait la veille. Il n'y a pas de temps perdu. On dit bonjour et on travaille. C'est plutôt efficace et c'est sans doute ce qui permet de sortir tôt.
Que pensez-vous de la Norvège ?
C'est un pays accueillant. Les Norvégiens ne sont pas stressés. Ils ne vous tournent pas le dos si vous parlez anglais. Et puis, même si le pays est riche, ce n'est pas dans la mentalité norvégienne de mettre en avant l'argent. C'est assez agréable d'être entouré de gens qui ont certes un pouvoir d'achat élevé mais ne sont pas pour autant arrogants.
Comment s'est passée votre intégration ?
Au début, grâce aux V.I.E. C'est assez classique que les plus anciens présentent les petits nouveaux aux autres. J'étais donc surtout avec des Français. Mais rapidement, j'ai saisi l'opportunité de rencontrer des Norvégiens. J'ai opté pour une colocation avec des Norvégiens. Et puis j'ai rencontré mon amie.
Evariste apprécie le calme d'Oslo, ses espaces verts, ses pistes cyclables et sa qualité de vie. Il dresse un bilan très positif de ses 16 mois en tant que V.I.E., tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel. Son projet est d'ailleurs de rester. Il vient de prolonger à 20 mois son V.I.E. dans l'attente d'une probable embauche en 2009.
Propos recueillis par Thierry GUENIN. (www.lepetitjournal.com Oslo) jeudi 21 août 2008
Destiné principalement aux étudiants, jeunes diplômés, ou chercheurs d'emploi de 18 à 28 ans, le Volontariat International en Entreprise permet au volontaire d'effectuer une mission d'ordre commercial, technique ou scientifique au sein d'une entreprise française à l'étranger, pendant 6 à 24 mois. UBIFRANCE gère les aspects contractuels, la rémunération et la protection sociale. Bénéficiant d'un statut public, le volontaire est placé sous la tutelle de l'Ambassade de France dans son pays d'affectation.
Environ 70% des volontaires reçoivent une proposition d'embauche.
Source : www.volontariat.gouv.fr - www.ubifrance.fr
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