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TÉMOIGNAGE - Bien vivre sa grossesse en Norvège

Pour les femmes expatriées, vivre une grossesse à l'étranger peut être inquiétant, voire angoissant : éloignement familial, barrière linguistique, système de santé différent... Bien connaître le mode de prise en charge et d'accompagnement contribue à profiter pleinement de sa maternité. Le Petit Journal a recueilli les témoignages d'une jeune maman et de sa sage-femme

Le suivi est plus léger qu'en France. Une seule échographie est proposée à la dix-huitième semaine. Photo : Oslo Universitetssykehus HF, Rikshospitalet / Thea Tønnessen


Selon les chiffres communiqués par le Consulat de France à Oslo, 145 actes de naissances français ont été établis en 2008 en Norvège, dont plus de la moitié à Oslo et Akershus. Parmi ces bébés, Alix, née en décembre 2007. Sa maman, Anne-Laure, une jeune Française de 28 ans a accepté de nous confier son témoignage. Déjà maman d'une première petite fille de 2 ans, elle était enceinte de 4 mois en arrivant sur Oslo. Une première expérience d'expatriation pour toute la famille. « Avec cette rupture, ce fut quasiment deux grossesses en une ! » se rappelle la jeune femme. Étroitement surveillée en France lors des premières visites chez son gynécologue, elle nous confie s'être sentie comme abandonnée lors de son arrivée en Norvège... puis, s'être finalement très vite adaptée ! Selon Anne-Laure, la différence principale dans la prise en charge, c'est qu'en Norvège, la grossesse est considérée comme un phénomène normal et non comme une « maladie » : « Tous ces examens en France finissent par nous inquiéter ! Ici, au contraire, on part du principe que tout va bien se passer ! ».

Suivie par son médecin traitant (fastfleger) jusqu'au huitième mois, Anne-Laure n'a pas rencontré de problème de communication particulier : « Par chance, j'ai trouvé un médecin traitant qui parlait français et suis tombée sur une sage-femme également parfaitement francophone. J'ai pu également bénéficier d'une visite personnalisée en anglais de la maternité ».
Kathrine, sage-femme à la maternité de Rikshospitalet, a assisté Anne-Laure pour la naissance d'Alix. Elle explique que les problèmes de communication sont dans la majorité des cas tout à fait gérables : « Sur l'équipe médicale de Rikshospitalet, nous sommes plusieurs sage-femmes et médecins à parler français. Nous avons de nombreuses patientes francophones de France ou d'Afrique et nous nous organisons, dans la mesure du possible, de manière à pouvoir communiquer avec la maman dans sa langue maternelle. Nous parlons également tous anglais ». Les parents peuvent aussi demander l'assistance gratuite d'un interprète pendant, et surtout après l'accouchement. De plus, il est possible d'écrire une lettre (de préférence en anglais) qui sera mise dans le dossier médical de la maman pour exprimer les souhaits spécifiques du couple pendant l'accouchement.

Pendant la période de travail, les femmes ne sont pas perfusées immédiatement et peuvent bouger, marcher, trouver la position qui leur semble la plus confortable. Photo : Oslo Universitetssykehus HF, Rikshospitalet / Thea Tønnessen 

Le suivi pendant la grossesse s'avère plus léger qu'en France. Une seule échographie, à la 18ème semaine, est proposée et se fait à l'hôpital. En savoir plus... Concernant l'accouchement, le bon côté de la prise en charge réside, selon Anne Laure, dans la semi-liberté laissée aux femmes pendant la période de travail. Elles ne sont pas perfusées immédiatement et peuvent bouger, marcher, trouver la position qui leur semble la plus confortable. En savoir plus sur l'accouchement et la prise en charge de la douleur...

A la naissance, le bébé est vu par la sage-femme et sera ausculté par un pédiatre le lendemain. La durée du séjour à la maternité est variable selon l'état de santé de la mère et de l'enfant. En moyenne, les femmes restent 3 jours à la maternité, les primipares et les césariennes 4 jours. Un point très positif selon notre jeune maman Anne-Laure, c'est le niveau d'expertise des sages-femmes sur l'allaitement « J'ai été impressionnée par leur savoir-faire, elles sont très en avance sur la France ». Katrine précise en effet que les femmes apprennent à maîtriser la « mise au sein » afin d'éviter crevasses et engorgements pour la mère et de s'assurer que le bébé prend bien. Les sages-femmes leur montrent comment allaiter assise, couchée et le cas échéant avec des jumeaux.

A la sortie de la maternité, il est conseillé aux mamans d'appeler rapidement la helsestasjon de leur quartier. En savoir plus... Pour Anne-Laure, kinésithérapeute de profession, l'absence de prescription de séances de rééducation du périnée est très surprenante quand on connait les risques à plus long terme. Si le médecin ne prescrit pas de rééducation, il est pour autant possible de consulter un kinésithérapeute qui pourra proposer des séances et donner une documentation pratique. La rééducation est donc loin d'être systématique mais elle existe : il faut la demander.

Alors Anne-Laure, une troisième grossesse en Norvège ? « pourquoi pas, en tous les cas, si c'était à refaire, pas de problème ! » nous confie-t-elle !

Sophie BAILLY (www.lepetitjournal.com Oslo) jeudi 2 avril 2009



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