Une fois n'est pas coutume, notre rubrique consacrée aux personnalités qui font l'actualité dans l'Empire du Milieu dresse ce mois-ci un portrait posthume. Alors que le 18e congrès du Parti Communiste bat son plein, retour sur le parcours du « père de la Chine moderne », Sun Yat-sen (1866-1925).

A Shanghai, au 7 Xiangshan Lu, ex 29 rue de Molière, se dresse une belle demeure de style occidental, typique de l'ancienne Concession Française. Résidence de Sun Yat-sen (ou Sun Zhongshan) et de son épouse Soong Ching Ling, à partir de 1918, le lieu abrite aujourd'hui un musée dédié à "l'un des plus grands meneurs de la Chine moderne" (dixit une dédicace à l'entrée). Photos d'archives, lettres manuscrites, cartes stratégiques, documents historiques, effets personnels (comme ces trousses médicales rappelant au visiteur la profession initiale de leur hôte) témoignent du combat de l'homme d'Etat chinois, pour unifier sa nation, alors en proie à la plus vive instabilité.

Instauration de la République
Le 5 mai 1921 figure parmi les dates à marquer d'une pierre blanche. Ce jour-là, le docteur Sun Yat-sen est élu chef du gouvernement autoproclamé à Guangzhou (Canton). Une pierre supplémentaire - espère-t-il - à l'édifice de l'unité nationale, après la brève instauration de la République de Chine à Nanjing, près de dix ans plus tôt. République qu'il avait présidé provisoirement quelques semaines, avant de devoir céder sa place au général Yuan Shikai. Son inimitié avec ce dernier le contraint à quitter le territoire en 1913. L'expérience n'est pas nouvelle pour l'activiste chinois. Farouche opposant au gouvernement impérial, il a déjà connu un premier exil en 1895, suite à une tentative avortée de soulèvement contre la dynastie mandchoue.

Une nation indépendante
Loin de son pays, Singapour, San Francisco, Tokyo… comptent parmi ses nombreux ports d'attache. C'est à l'étranger d'ailleurs qu'il crée, en 1905, le Tongmenghui, mouvement prônant l'indépendance, la souveraineté et le bien-être du peuple. En 1912, celui-ci se fond dans le Guomindang (ou parti nationaliste), dont le général Tchang Kaï-Chek reprendra les rênes, suite à la disparition de son leader historique, le 12 mars 1925. Au-delà de la politique, une affaire de famille lie les deux hommes, sacrés beaux-frères à titre posthume. En 1928, Tchang Kaï-Chek épouse Soong Mei Ling, la sœur cadette de Soong Ching Ling, alors toute jeune veuve de Sun Yat-sen. Jusqu'à sa mort à Pékin en 1981, celle-ci aura à cœur de défendre la mémoire et l'héritage de son mari, qui "consacra sa vie entière à transformer la Chine en une nation prospère et indépendante" (sic). Un objectif toujours en vigueur chez les dirigeants actuels.
Barbara Guicheteau (www.lepetitjournal.com/shanghai.html) mardi 13 novembre 2012
Informations complémentaires:
Ancienne résidence et musée Sun Yat-sen, à Shanghai, 7 Xiangshan Road. Ouvert tous les jours de 9h à 16h. Entrée : 20 RMB.


































