Édition internationale

SOMALIE – L'espion français libéré : c'est OSS 117 à Mogadiscio !

L'agent du contre-espionnage français détenu en Somalie depuis la mi-juillet a réussi à fausser compagnie à ses geôliers. Une histoire emmêlée où cohabitent situation politique tendue, échappée rocambolesque et mensonges maladroits

(Rédaction internationale) - Il s'appelle Marc Aubrière et il est membre de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Il était officiellement en "mission d'assistance pour les questions de sécurité auprès du gouvernement somalien"lorsqu'il a été enlevé le 14 juillet à l'hôtel Sahafi de Mogadiscio, en Somalie, en compagnie d'un second agent.
La Somalie qui connaît la guerre civile et l'anarchie depuis 18 ans est le théâtre régulier d'affrontements entre islamistes et forces gouvernementales. Mogadiscio est un des endroits les plus dangereux au monde et les enlèvements de ressortissants étrangers - de toutes positions - contre rançon y sont monnaie courante sur terre comme sur mer. Depuis début 2007, on dénombre pas moins de 18.000 morts et 1,4 million de personnes déplacées.
Dans cette affaire-ci, ce sont des insurgés islamistes qui ont enlevé les deux hommes. L'un des otages s'est retrouvé aux mains des combattants du mouvement Al Chabaab, considéré comme l'allié d'Al Qaïda en Somalie. Marc Aubrière, lui était retenu par les miliciens du parti Hezb al-Islam, un groupe agissant aussi sur le terrain politique dirigé par le cheikh Hassan Dahir Aweys. Ces deux groupes sont à la tête d'une vague offensive d'envergure depuis mai contre le gouvernement de transition du président islamiste modéré Sharif Cheikh Ahmed, soutenu par la communauté internationale.

A malin, menteur et demi ?
L'agent français est libre depuis mercredi matin. Après avoir été accueilli sur la base des soldats de la force de paix de l'Union africaine (Amisom) à Mogadiscio, il serait actuellement en route vers Nairobi, au Kenya. "Il est en cours de rapatriement, il a quitté le territoire somalien" précise Paris et les premières photos le montrant à la descente d'un camion viennent d'être diffusées.
"Je vais bien"déclare t-il avant d'expliquer son échappée. « Mardi soir, aux environs de minuit, j'ai profité du sommeil de mes geôliers, fatigués par le Ramadan. J'ai vu que ma cellule était mal fermée alors je me suis fait la belle sans violence. De toute façon, si j'avais tiré un coup de feu d'autres gardes m'auraient descendu. Puis, j'ai marché dans la nuit pendant près de 5 heures en me guidant avec les étoiles pour rejoindre la zone que j'espérais atteindre. Mogadiscio, la nuit, est déserte et les seuls hommes que l'on croise sont armés. On m'a tiré dessus, j'ai couru, je me suis caché et par chance on m'a raté." Il s'est ensuite réfugié à la Villa Somalia, le palais présidentiel.

Plusieurs versions
Cette déclaration contredit pleinement la version officielle de dirigeants du Hezb al-Islam, qui ont annoncé une libération contre remise de rançon. La police somalienne affirme elle que l'espion a tué trois de ses geôliers lors de son évasion ! Le ministère français des Affaires étrangères a assuré de son côté que l'agent avait réussi à s'échapper par ses propres moyens.
On est toujours sans nouvelles du second agent, qui serait toujours retenu. Le gouvernement de transition somalien continue "ses efforts pour obtenir la libération du deuxième otage", a précisé le ministre somalien de l'Information Dahir Mohamud Gele.
Laetitia Gueugnon (www.lepetitjournal.com) vendredi 28 août 2009
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