La conférence sur les conditions de travail s'est tenue hier entre représentants du gouvernement, patronat et syndicats. Si les partenaires sociaux redoutaient son inutilité, les participants ont tout de même dressé une feuille de route
La réunion sur les conditions de travail n'enthousiasmait personne, mais elle apparaissait comme nécessaire au vu des résultats de la dernière étude effectuée par les services statistiques du ministère du Travail. Réunissant hier le ministre Xavier Bertrand, le patronat et les syndicats, la conférence a débouché sur quelques mesures concrètes qui ont globalement satisfait l'ensemble des participants.
Le ministre a en effet proposé la simplification, par l'Assurance maladie, des contrats de prévention des risques professionnels dans les petites entreprises, et l'augmentation du fonds pour l'amélioration des conditions de travail, qui sera doté d'un budget de 4 millions d'euros, contre 1,7 million actuellement. Il a aussi évoqué le lancement d'une campagne d'information de 3 ans sur les troubles musculo-squelettiques (TMS), un mal de plus en plus fréquent chez les employés et justement pointé du doigt par l'étude du ministère du Travail.
42.000 maladies professionnelles en 2006
L'étude a démontré que non seulement les pénibilités au travail ne diminuent pas, mais elles ont également tendance à évoluer. Un salarié sur trois subit de fortes contraintes de rythme de travail, contre seulement 5% dans les années 80. 1 employé sur 2 travaille le samedi, et ce, de façon régulière alors que ce n'était qu'occasionnel par le passé. La charge mentale s'est alourdie avec les nouvelles organisations : urgence, complexité des taches, pression au résultat…
Ainsi les troubles psychosociaux se multiplient. Cependant, ce sont les TMS qui touchent le plus les salariés, représentant 2/3 des 42.000 maladies professionnelles déclarées l'année dernière (2 fois plus qu'en 2001). La dépression, encore taboue, était également au centre des débats. La France est le troisième pays, derrière l'Ukraine et les Etats-Unis, où les dépressions liées au travail sont les plus nombreuses selon l'OMS.
Dans ce contexte assez sombre, Bertrand a annoncé qu'un groupe d'experts sera chargé de proposer pour début 2008 une série d'indicateurs "fiables et partagés"sur les risques psychosociaux - stress, dépression, suicide. Une prochaine réunion est prévue pour le premier trimestre 2008. Les syndicats souhaitent toujours que soient prises en compte la pénibilité et l'usure au travail pour fixer l'âge de départ à la retraite.
Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) vendredi 5 octobre 2007
En savoir plus
Les Echos - Multiplication des maladies professionnelles : le gouvernement au pied du mur
LCI - La dépression au travail pour la rentrée sociale




































