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La reconversion en expatriation : une remise en question

Par Catherine Zaccaria | Publié le 25/04/2022 à 17:45 | Mis à jour le 26/04/2022 à 01:30
Une expatriée en reconversion professionnelle

Lors d’un départ à l’étranger pour raisons professionnelles du conjoint, les femmes (le plus souvent) sont confrontées à une remise en question de leur parcours personnel. Pour certaines c’est l’occasion de prendre du temps pour leur famille, leurs enfants, mais vient toujours le moment où l’on a besoin de se réaliser en dehors du foyer familial.

Cela peut être l’occasion de rebondir et de changer de voie professionnelle. De prendre un virage à 180°. Une occasion idéale de faire ce dont on a toujours rêvé, de transformer une passion en métier.

Il y a aussi le retour d’expatriation qui peut être un challenge pour certains conjoints. Après avoir cessé son activité professionnelle pendant plusieurs années pour s’occuper de ses enfants et du bien-être de toute la famille, comment de réinsérer dans la vie active, retrouver un emploi, se (re)former ?

Lepetitjournal.com de Singapour a rencontré certaines de ces femmes qui ont voulu tenter cette aventure et vivre cette expérience de la reconversion.

La raison principale de la reconversion pour les femmes expatriée, le suivi de conjoint

Le suivi de conjoint en expatriation est un facteur de réorientation professionnelle chez la majorité de ces femmes. Une expatriation qui se prolonge et une suspension de contrat en France qui arrive à son terme oblige à prendre des décisions sur son avenir professionnel. Un congé maternité qui devient l’occasion de se (re)mettre à une activité artistique mise de côté depuis des année ou le désir d’apprendre de nouvelles langues, une profession dont les diplômes ne sont pas reconnus dans son nouveau pays, un contexte économique compliqué ou les circonstances de la vie poussent certaines d’entre elles à reprendre une nouvelle activité.

Un déménagement à l’étranger est une occasion de se poser, de faire un break dans sa carrière et de prendre le temps de s’occuper de soi, de sa famille. Mais que faire de tout ce temps libre ?

Être femme au foyer, maman à temps plein n’est pour certaines femmes pas suffisamment épanouissant et le besoin de s’émanciper financièrement et/ou socialement se fait ressentir. C’est à ce moment-là qu’il faut prendre la décision : Que vais-je faire ? Quelles sont mes compétences ? De quoi ai-je envie ?

Dans quel domaine se reconvertir et quelles formations suivre en expatriation ?

Les femmes que nous avons rencontrées se sont orientées dans des univers très variés. Certaines sont restées dans le même domaine que leur formation professionnelle de base tandis que d’autres se sont dirigées dans des domaines totalement différents. Il n’est pas rare qu’une femme se soit réorientée plusieurs fois dans sa vie d’expat, au gré des opportunités et des circonstances.

L’entrepreneuriat et l’indépendance sont toutefois les maîtres-mots ! Gérer son temps en fonction de ses envies et de sa famille.

J’ai fait des reconversions d’opportunités ; je me suis reconvertie dans l’entreprenariat pour bénéficier d’une grande flexibilité et être présente auprès de mes enfants lorsque cela était nécessaire.

C’est aussi l’occasion de mettre une priorité sur sa passion et tenter d’en faire sa profession. Que ce soit la peinture, l’illustration, l’écriture ou le yoga, rentabiliser une passion doit souvent se faire par une formation plus approfondie et cela prend du temps. Certaines formations doivent se faire en distanciel car elles se font en France, d’autres en présentiel et dans la langue du pays. Quelque soit la formule, ces femmes ont du courage et du mérite de se lancer dans de nouvelles formations. Ce n’est pas toujours la voie de la facilité.

Le bénévolat auprès d’une ONG est une activité qui permet de mettre au profit d’une association des compétences afin de lever des fonds pour supporter la scolarité d’enfants dont les familles sont en situation précaire, soutenir des foyers accueillants des jeunes ou des formations professionnelles pour de jeunes adultes défavorisés.

J’ai décidé de m’investir bénévolement dans une ONG qui me tient à cœur, Krousar Thmey et j’ai professionnalisé pour eux le fund raising à Singapour en développant des évènements : vente de vêtements pour enfants grâce à la fondatrice de Chateau de Sable, vente aux enchères de tableaux, concerts de 25O personnes au Raffles grâce au soutien du LFS.

L’important c’est de retrouver un juste équilibre entre la vie de famille, les activités sociales et professionnelles. Ne dit-on pas : « Happy wife, Happy life ! » ?

Était-ce une passion, un hobby, un rêve, une nécessité financière ?

Bien souvent, c’est un hobby mis de côté pendant des années faute de temps. Une passion délaissée au profit de son travail et de sa famille. Parfois c’est une réelle nécessité financière qui oblige à se former dans un domaine qui nous attire depuis toujours. Les domaines sont variés et l’activité commence souvent en bénévolat pour prendre une forme plus « professionnelle » au fil du temps.

J’ai souvent offert mes services dans le milieu professionnel comme dans le milieu caritatif mais j’avais vraiment le rêve d’aider les jeunes concrètement pour les aider à construire et réaliser leur projet professionnel.

Le besoin de créer, de s’exprimer, que ce soit à travers la peinture, l’écriture ou l’expression corporelle est une des raisons qui pousse certaines à se réinventer. Mais parfois c’est une précarité financière qui oblige les femmes à suivre une nouvelle formation professionnelle.

Ma reconversion de maman a duré jusqu’à ce que les enfants quittent le nid. Etant passionnée par le yoga, les outils d’aide à la gestion du stress, le développement personnel. J’ai suivi de nombreux cours et ai terminé mon certificat de "yoga teacher training" mais les circonstances de la vie, avec notamment une pandémie et une situation personnelle différente, ne me permettaient pas de continuer dans cette voie. J’ai donc décidé d’étudier et de passer ma licence pour être agent immobilier à New York où j’habite.

Il arrive parfois qu’une formation ne soit pas reconnue dans le pays hôte, telle que celle en médecine faite en France. Ce fut l’occasion pour l’une d’elle de compléter sa formation médicale dans un domaine où la pratique est autorisée à Singapour.

A Singapour, les portes de l'hôpital m'étant fermées, j'ai donc pris le temps de me former complètement en psycho sexologie. Je vois des hommes, des femmes et des couples. Je propose aussi des ateliers pour enfants et ado. C'est démystifier la sexualité dès le plus jeune âge en toute confiance et en sécurité.

 

expatriation travail
@emeric-deroubaix

 

Quelles sont les difficultés rencontrées ?

Travailler oui, mais légalement ! Et ce n’est pas chose simple d’accéder au permis de travail, quelque soit le pays où l’on est expatrié. Les démarches administratives sont bien souvent un obstacle dans la création d’une entreprise. Avec les derniers changements à Singapour au niveau des LOC (Letter of Consent) beaucoup de petites entreprises devront fermer comme nous explique Claire, consultante en marketing : « Aujourd'hui j'ai monté ma société mais je sais que c'est temporaire car dans un an, je devrais embaucher un salarié PR ou singapourien ou... fermer, sauf si les règles changent. » Marie-Cécile, illustratrice, partage les mêmes inquiétudes.

« Acquérir une crédibilité dans sa nouvelle activité prend beaucoup de temps et demande de la patience un gros investissement » selon Geraldine, coach pour adolescents.

C’est un parcours du combattant au cours duquel il faut s'accrocher pour ne pas perdre confiance.

Cela fait maintenant un an que Stéphanie travaille en tant qu’agent pour la 1ère agence immobilière francophone de New York : « Commencer en tant qu’agent immobilier à New York n’est pas des plus facile avec une concurrence de près de 80000 agents dans l’Etat, mais la persévérance et la qualité du travail finissent par porter leurs fruits grâce à la réputation et la confiance que portent les clients. »

Les formations à distances sont également sources de difficulté. Ce fut le cas pour Juliette, conseillère en psycho-sexologie et accompagnement pendant la grossesse : « Le plus difficile c'est surtout le décalage horaire avec la France. Forcément le 9h-18h en France ça donne plutôt du 16h-2h du matin à Singapour. »

Pour notre écrivaine, c’est la solitude de son activité qui lui pèse : « C'est un travail extrêmement solitaire, exigeant une forte discipline personnelle, cet aspect est une difficulté quotidienne. »  

Lors d’un retour en Europe, Emmanuelle profite de passer un brevet français de traitement de l’eau pour éliminer bactéries et virus qui se développent dans l’eau. Il lui servira à monter sa société à Singapour peu avant la pandémie. « Malgré le Covid nous sommes parvenus à réaliser des pilotes à Singapour et aux Philippines. » 

Et si c’était à refaire ?

C’est la dernière question que nous leur avons posée. Les réponses sont unanimes : OUI !

 

Géraldine Quéméneur, coach/mentor pour adolescents

« Je le referais ! Chaque expérience m’a apporté des richesses et au final j’ai suivi un fil conducteur : l’accompagnement d’une personne/d’une équipe dans l’accomplissement et la réussite de ses projets. » 

Vous pouvez la trouver au Serendipity Centre

Contact : You rock by Geraldine Quéméneur : Geraldine.quemeneur@gmail.com / What’sapp 83728702. 

 

Juliette Kinn, conseillère en psycho-sexologie et accompagnement pendant la grossesse

« Je referais tout pareil. Dans la vie, pas de regret, on apprend toujours et les erreurs sont une chance d'apprendre encore plus. » 

Vous trouverez toutes les infos sur son site pour l’accompagnement de la grossesse 

Emailjuliette.kinn@gmail.com

 

Stéphanie Repkow, agent immobilier dans l’Etat de New York

« Ma plus grande satisfaction est d’entendre mes clients me dire à quel point ils sont heureux que je les ai aidés à trouver cet endroit de vie où ils se sentent bien ! »

Si vous êtes en partance pour New York et cherchez à vous loger, Stéphanie est la personne qu’il vous faut :

LinkedInInstagramFacebook

Contact : +1 917-257-2939

Emailsrepkow@detillyrealestate.com

 

Marie-Cécile Jaudon, illustratrice

« Cette reconversion, c'est surtout un bon alignement de planètes. Je ne pourrais pas dire que je l'avais vraiment planifié. »

En dehors de l’illustration de livres pour enfants, Marie-Cécile fait des posters pour chambre d’enfants, des t-shirts pour enfants et des cartes postales très mignonnes que vous pouvez retrouver sur le shop de sa maison d’édition.

Vous pouvez suivre les aventures de Marie-Cécile en tant qu’illustratrice via son compte Instagram 


Marie-Diane Meissirel, écrivaine

« Je le referai. Les circonstances m'ont poussée à dépasser mes freins, à tenter l'expérience et à découvrir ma vraie vocation. Les frustrations, les doutes, les difficultés mentionnées sont toujours là mais la confiance et la conviction acquises me permettent de les aborder plus sereinement. Le temps de l'écriture est long, la patience et la persévérance sont essentielles, je m'efforce de les cultiver. »  

Retrouvez les romans de Marie-Diane sur son site internet.

 

Claire Bonnet, consultante marketing

« J'ai beaucoup hésité entre chercher un emploi salarié, j'ai même commencé à passer des entretiens ! Mais finalement, l'envie et le challenge de construire par moi-même, d'être mon propre patron, de voir si je suis capable de faire grandir ce projet, ont pris le pas sur la "sécurité de l'emploi" dans un poste salarié. Donc pour l'instant, je ne suis pas déçue ! »

Vous pouvez contacter Claire via son site internet

 

Emmanuelle Bucaille, fondatrice de Pure Active Water

« J’ai fondé la Société Pure Active Water Pte Ltd avec le support de mon mari et commencé la commercialisation avec une 1ère installation en Thaïlande. Le covid nous a freiné mais aujourd’hui notre start up est en plein développement, et c’est une vraie reconversion réussie et très enrichissante ! »

Le site web est en cours de construction. Si vous êtes intéressés, vous pouvez contacter Emmanuelle par email : emmanuelle.bucaille@pureactivewater.com

 

Lepetitjournal.com de Singapour remercie infiniment ces femmes qui ont témoigné de leurs difficultés mais aussi de leur épanouissement à la suite de leur reconversion. Félicitations pour avoir traversé ces difficultés et pour votre réussite !

 

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Catherine Zaccaria

Catherine Zaccaria

Éducatrice et enseignante, Catherine réoriente ses activités au fil des années. Elle est aujourd'hui Rédactrice en chef de l'édition singapourienne de Lepetitjournal.com.
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