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Singapour est-elle vraiment aussi propre, chère et stricte qu'on le dit ? Vrai du faux des clichés

Vous avez tout entendu sur Singapour: ville ultramoderne, royaume de la propreté, paradis des gourmets, sanctuaire du capitalisme ou ville sans âme. La cité-Etat suscite bien des fantasmes ou clichés parfois éloignés de la réalité de ses habitants, locaux ou expatriés. Mais que pensent réellement les habitants et les expatriés qui vivent dans la cité-État ? Lepetitjournal.com fait le point sur les idées reçues les plus répandues sur Singapour.

Les héros du film Crazy Rich Asians qui dépeint une Singapour entre réalité et clichés.Les héros du film Crazy Rich Asians qui dépeint une Singapour entre réalité et clichés.
Les héros du film Crazy Rich Asians qui dépeint une Singapour entre réalité et clichés.
Écrit par Marie-Aude Brochec
Publié le 16 septembre 2026

 

 

Singapour est ultra-propre

Vrai. La propreté est l’une des marques de fabrique de Singapour et ceux qui y vivent peuvent l’attester. Dès 1958, Lee Kuan Yew annonce une de ses priorités: faire de Singapour l’une des villes les plus saines et propres d’Asie. Dix ans plus tard, la campagne « Keep Singapore Clean » mobilise toute la population à travers affiches, brochures et messages diffusés en quatre langues.

 

Le secret de la propreté à Singapour repose sur un contrat social exigeant : des règles strictes, des sanctions dissuasives et le travail colossal de milliers d’agents d’entretien

 

Cette politique s’accompagne rapidement d’amendes et de sanctions contre les incivilités. Aujourd’hui encore, jeter des déchets dans l’espace public peut entraîner une amende pouvant atteindre 10 000 dollars singapouriens en cas de récidive, ainsi que des travaux d’intérêt général.

Le secret de la propreté à Singapour repose sur un contrat social exigeant : des règles strictes, des sanctions dissuasives et le travail colossal de milliers d’agents d’entretien, souvent des travailleurs étrangers, qui sillonnent la ville.




 

A Singapour, tout est interdit

Faux. Il est plus juste de dire que de nombreux comportements sont strictement encadrés par la loi. Manger ou boire dans les transports publics, jeter des déchets au sol ou fumer hors des zones autorisées sont passibles d’amendes. La cigarette électronique est formellement interdite, tout comme la vente de chewing-gum, tandis que le port d’objets ressemblant à des armes peut être sévèrement sanctionné. Ne ramenez pas de pistolets à eau de votre nouvel an en Thaïlande! Histoire vécue par une famille singapourienne en 2024.

 

« Singapore is a fine city », un slogan qui fait référence à la fois à la qualité de vie et aux nombreuses amendes.

 

Le non-respect de certaines règles peut entraîner de lourdes amendes, voire une peine de prison. Le châtiment corporel reste également prévu par la loi pour certaines infractions, notamment les actes de vandalisme.

Souvent perçues comme excessives à l’étranger, ces réglementations visent principalement à préserver le cadre de vie et relèvent très souvent du bon sens. Dans les faits, elles pèsent peu sur le quotidien des habitants et Singapour sait s’en amuser à travers la célèbre formule : « Singapore is a fine city », un slogan qui fait référence à la fois à la qualité de vie et aux nombreuses amendes.

 

 

Un t-shirt souvenir à l’effigie de la ville des amendes (fine city)
Un t-shirt souvenir à l’effigie de la ville des amendes (fine city)

 

 

 

Singapour, c’est hors de prix...

Vrai. Singapour figure régulièrement parmi les villes les plus chères du monde, aux côtés de Hong Kong. La cité-État, l’une des principales places financières internationales, affiche aussi l’un des PIB par habitant les plus hauts de la planète (~93 000 USD en 2025 selon le FMI).

 

Pour les expatriés, une installation réussie passe souvent par une évaluation rigoureuse du budget avant le départ.

 

Le coût de la vie y est élevé, souvent supérieur à celui de Paris et nettement plus important que dans les pays voisins d’Asie du Sud-Est. Logement, loisirs ou services pèsent lourd dans le budget des ménages.

Mais Singapour ne se résume pas à son économie libérale. L’État est aussi très présent par le biais de politiques sociales interventionnistes en matière de logement, d’éducation et de santé, limitant en partie les effets des inégalités. Malgré ces mécanismes de redistribution, la vie chère reste une préoccupation majeure pour de nombreux Singapouriens. Pour les expatriés, une installation réussie passe souvent par une évaluation rigoureuse du budget avant le départ.

 

 

Billets de banque singapouriens à l'effigie du premier président de Singapour Yusof Ishak
Billets de banque singapouriens à l'effigie du premier président de Singapour Yusof Ishak

 

 

L’image d’une ville artificielle vole en éclat dès que vous rencontrez ses habitants qui portent tous une histoire familiale de migration

 

 

Singapour est artificielle 

Vrai et faux. Une réponse de Normand. Singapour est jeune et la vision de ses premiers dirigeants l’a hissée très vite, très haut. Les pouvoirs publics pensent, anticipent, planifient et développent la ville selon des schémas et une organisation sans faille depuis l’indépendance totale en 1965, à l’image de la maquette de la ville à l’URA où sont projetés tous les développements urbains des prochaines décennies. 

Mais l’image d’une ville artificielle vole en éclat dès que vous rencontrez ses habitants qui portent tous une histoire familiale de migration, ballottée dans les affres du temps des empires coloniaux et d’un 20ème siècle traversé par des bouleversements historiques colossaux. Une “auntie” indienne qui vous raconte comment elle est arrivée à Singapour, petite fille, en bateau à vapeur dans les années 1940 ou un vieux monsieur chinois qui vous parle de sa vie d’avant les HDB sur la colline Bukit Ho Swee. Ces vies n’ont rien d’artificiel et Singapour sait célébrer la richesse de sa mémoire.

 

 

 

Singapour n’a pas d’identité

Faux. Singapour a une forte identité mais pas au sens classique. Elle est le fruit d’une histoire de migrations et de réalités coloniales et économiques complexes. L’acronyme CMIO (Chinese, Malay, Indian et Other) est souvent utilisé pour décrire cette société multiculturelle. Les Singapouriens savent très bien ce que leur nationalité implique et tout le projet est contenu dans le National Pledge (le serment national) récité pour la première fois, le 24 août 1966. Chaque citoyen le connaît:

“We, the citizens of Singapore, pledge ourselves as one united people, regardless of race, language or religion, to build a democratic society, based on justice and equality, so as to achieve happiness, prosperity and progress for our nation.” 

En français: « Nous, citoyens de Singapour, faisons le serment d’être unis en un seul peuple, sans distinction de race, de langue ou de religion, et de bâtir une société démocratique fondée sur la justice et l'égalité, afin d'assurer le bonheur, la prospérité et le progrès de notre nation. ». Depuis 1997, le 21 juillet, le pays célèbre également le “racial harmony day” pour ne pas oublier les émeutes intercommunautaires de 1964 qui opposèrent les communautés malaises et chinoises et rappeler l’engagement de Singapour pour que cela ne se reproduise plus. C’est une fête joyeuse et familiale où il est courant de porter une tenue traditionnelle de sa communauté ou d’une autre  en signe de dialogue et de fraternité.

 

 

Des enfants singapouriens le jour du Racial Harmony Day. Photo: Hometeamns.sg
Des enfants singapouriens le jour du Racial Harmony Day. Photo: Hometeamns.sg

 

 

Réserver une table implique souvent le dépôt d’un acompte (parfois conséquent) 

 

 

Singapour est une ville ennuyeuse

Faux (et légèrement vrai …) Il y a tout à Singapour, que vous recherchiez des activités en journée ou nocturnes. Restaurants, bibliothèques, bars, musées, discothèques, manifestations culturelles ou sportives… Tout est là, à condition d’être organisé, de respecter les horaires et de savoir trouver les infos! Découvrir l’événement une fois la date passée ou avoir raté l’ouverture des réservations 30 jours avant sont monnaie courante à Singapour. Réserver une table implique souvent le dépôt d’un acompte (parfois conséquent). Un petit creux un  vendredi à 21h, le Maxwell Food Center (choisi pour son côté touristique justement!) est tristement vide.

Alors oui, Singapour manque souvent de spontanéité et l’encadrement strict des usages de l’espace public peut la ranger dans la catégorie des villes ennuyeuses surtout si on la compare à ses célèbres voisins, Thaïlande et Bali en tête, reconnus mondialement comme des hauts lieux de la fête.

Certains clichés sur Singapour ont la vie dure et comme toujours, la réalité est nuancée. Singapour sait conjuguer des aspects qu’un regard européen voit comme contradictoires: intervention étatique et efficacité économique, multiculturalisme et contrôle social, ville pensée comme un produit et riche passé historique, … Et c'est ce qui fait son charme, vous le savez: Singapour aux multiples visages gagne à être connue! 


 

 


FAQ : ce qu'il faut vraiment savoir sur Singapour

Singapour est-elle vraiment la ville la plus propre du monde ?

Singapour est régulièrement citée parmi les villes les plus propres au monde. Cette réputation repose sur plusieurs décennies de politiques publiques, de campagnes de sensibilisation, de sanctions contre les incivilités et sur le travail quotidien de milliers d'agents d'entretien. La propreté est devenue l'un des marqueurs de l'identité nationale.

À Singapour, tout est-il vraiment interdit ?

Non. Singapour est une société très réglementée, mais la plupart des règles concernent la propreté, la sécurité ou l'utilisation de l'espace public. Certaines interdictions, comme celle de la cigarette électronique ou les restrictions sur le chewing-gum, sont souvent citées à l'étranger, mais elles n'affectent qu'une partie limitée de la vie quotidienne.

Pourquoi Singapour est-elle aussi chère ?

Le principal facteur est le logement. Les loyers figurent parmi les plus élevés d'Asie. Les voitures sont également très coûteuses en raison du système de quotas et de taxes. En revanche, les transports publics, les hawkers centres et certains services du quotidien restent relativement abordables.

Singapour est-elle une dictature ?

Non. Singapour est une république parlementaire où des élections sont organisées régulièrement. Toutefois, la domination du People’s Action Party (PAP) depuis l'indépendance, ainsi que certaines restrictions concernant les médias ou les manifestations, alimentent régulièrement le débat sur le fonctionnement de la démocratie singapourienne.

Peut-on devenir propriétaire à Singapour quand on est expatrié ?

Oui, mais avec des restrictions. Les étrangers peuvent acheter certains appartements privés (condominiums), mais l'accès aux maisons individuelles est fortement encadré. Les logements publics HDB sont principalement destinés aux citoyens et aux résidents permanents.

Pourquoi Singapour attire-t-elle autant d'expatriés ?

La cité-État séduit par sa sécurité, sa stabilité politique, son système de santé performant, son environnement anglophone, ses opportunités professionnelles et sa position stratégique au cœur de l'Asie. Plus de 1,8 million de non-résidents vivent aujourd'hui à Singapour.

Singapour est-elle une ville sûre ?

Oui. La sécurité fait partie des principaux atouts de Singapour. Les taux de criminalité y sont faibles et le sentiment de sécurité est élevé, de jour comme de nuit, ce qui explique en partie son attractivité auprès des familles expatriées.

Singapour est-elle une ville ennuyeuse ?

Tout dépend de ce que l'on recherche !  Singapour offre une vie culturelle, gastronomique et sportive très riche. En revanche, certains expatriés lui reprochent un manque de spontanéité, des règles strictes et une vie nocturne moins débridée que dans d'autres destinations d'Asie du Sud-Est.


 

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