Chaque mois, lepetitjournal.com vous propose une immersion dans le quotidien de la vie singapourienne. A travers nos photos insolites, l’objectif est de vous faire découvrir les trésors cachés de la Cité-Etat. Aujourd'hui, c’est la cigarette qui est dans le viseur des politiques sanitaires et sous la loupe de notre rédaction.


La cigarette aux lèvres : un geste simple et pourtant chargé d’enjeux légaux, sociaux et culturels. En quelques lignes, retour sur la consommation de tabac à Singapour : son évolution, sa tolérance, ses interdits et la manière dont la vie publique s’organise autour d’une pratique controversée.

Singapour est depuis longtemps réputé pour son contrôle strict du tabac. En raison des inquiétudes croissantes de santé publique, des lois successives ont limité les espaces où fumer est autorisé. Le Smoking Act interdit notamment de fumer dans de nombreux lieux publics. Depuis 2015, tous les hawker centres construits après cette date étaient décrétés smoke-free. En 2020, on en comptait déjà trois-quarts interdits au tabac, avec une trentaine possédant encore des coins fumeurs, qui seraient progressivement supprimés lors de rénovations. L’Agence nationale pour l’environnement (NEA) ne délivre d’ailleurs plus d’autorisations pour coins fumeurs aux établissements qui en font la demande.
Selon le ministère de la santé, 9% de la population entre 18 et 74 ans fument quotidiennement. L’écart entre les sexes est très marqué puisque plus de 80% des fumeurs sont des hommes. La catégorie la moins touchée est celle des 18-29 ans, celle des 50-59 ans représentant la majorité des fumeurs réguliers. Ces chiffres montrent une diminution progressive du tabagisme. Le taux quotidien de fumeurs à Singapour est modéré à faible comparé à beaucoup de pays européens ou aux USA où 15 à 25 % de la population est fumeuse. Quant à l’Asie, certains pays à la législation anti-tabac plutôt souple tels que le Vietnam ou les Philippines demeurent de gros consommateurs. Singapour fait partie des Etats les plus stricts dans la région quant à la réglementation, la taxation, les sanctions sur la consommation de tabac et l’interdiction de la cigarette électronique.
Pouvez-vous vapoter à Singapour ?
Tolérance zéro pour la vape à Singapour
La cigarette électronique ou vape est un thème sensible à Singapour. Les autorités ont fait le choix de l’interdire en adoptant une approche « tolérance zéro » visant à maintenir la cohérence d’une politique de santé anti-tabac. L’objectif affiché : le principe de précaution, en empêchant qu’une nouvelle habitude de dépendance à la nicotine s’installe, surtout chez les adolescents, qui pourraient l’utiliser comme porte d’entrée vers la cigarette classique. Depuis 2018, la possession, l’usage, la vente et l’importation sont donc prohibés. Malgré l’interdiction, les infractions sont en forte hausse et des quantités importantes de vapes aux composants illicites sont saisies. La rentrée scolaire 2025 a donc vu le processus répressif renforcé avec des peines plus sévères (amendes, réhabilitation, emprisonnement, caning), y compris contre les moins de 18 ans, suite à la reclassification de l’agent etomidate – additif anesthésiant contenu dans un tiers des vapes – comme drogue de classe C. Que ça se dise dans les écoles internationales…
Drogue, liberté d’expression, alcool… A Singapour, ne faites pas n’importe quoi !
Fumer aujourd’hui est moins acceptable socialement qu’il y a quelques décennies. Il faut dire que les connaissances scientifiques des conséquences du tabac sur la santé sont irréfutables. Les codes de l’émancipation ont aussi changé. La cigarette n’est plus une revendication positive pour les jeunes et seuls certains groupes conservent l’habitude de fumer comme expression d’une identité sociale et culturelle, que l’addiction à la nicotine n’a pas épargnée. L’arrivée sur le marché des cigarettes électroniques, quoique prohibée, complique encore plus les politiques sanitaires dont le but n’est plus seulement de protéger contre les dangers liés à la cigarette mais de prévenir les risques d’un nouveau type de dépendance au tabagisme et l’émergence d’une génération future de vapoteurs.
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