Suite à la publication classement PISA 2026 de l'OCDE, Singapour s'impose une nouvelle fois en seconde place comme un système d'excellence éducative à l'échelle mondiale. Une réussite qui repose sur une stratégie d'État, avec une pédagogie centrée sur la compréhension approfondie et une valorisation du corps enseignant.


Publiée le 8 septembre 2026 par l'OCDE, la dernière édition de l'enquête PISA confirme la seconde place de Singapour, derrière la Chine. Le classement évalue le niveau des élèves de 15 ans dans les domaines mathématiques, scientifiques et en compréhension de l’écrit. La cité-État se classe au deuxième rang mondial en mathématiques (563 points) et en sciences (560 points) derrière la Chine, tout en occupant la tête du classement en compréhension de l'écrit avec 535 points.
Cette année Singapour domine le classement international PISA
La méthode Singapour : comprendre plutôt qu'apprendre par cœur
Au cœur de la réussite singapourienne, la célèbre « méthode de Singapour » reconnue en mathématiques, a fait ses preuves bien au-delà de ses frontières. Contrairement aux approches fondées sur la mémorisation, cette technique repose sur une progression en trois étapes : le concret (manipulation d'objets), l’imagé (représentation visuelle des concepts) puis l'abstrait (symboles mathématiques). Cela permet aux élèves de développer un raisonnement logique et une capacité d'analyse applicable à des problèmes complexes. En se concentrant sur moins de notions pour les approfondir, le système s'assure que chaque élève maîtrise les bases avant de continuer.
EDUCATION - Pourquoi les élèves singapouriens sont-ils si forts en maths?

Des enseignants ultra-sélectionnés et valorisés
Singapour considère l'éducation comme un secteur stratégique national. Le recrutement des professeurs y est extrêmement sélectif : seuls les candidats issus des meilleurs diplômés universitaires sont retenus pour intégrer l'Institut National d'Éducation (NIE), l'unique centre de formation du pays.
En contrepartie, la profession bénéficie de plusieurs avantages : un statut social élevé, un salaire attractif dans le secteur privé, et d'un volume de formation continue obligatoire garanti chaque année. Bien formés et soutenus par leur institution, ces enseignants sont l'un des piliers des excellents résultats à l'étude PISA.
la performance engendre une pression académique très forte sur les jeunes Singapouriens dès le plus jeune âge
Une culture de l'effort poussée au sommet, mais sous pression
Si le système est admiré à l'international, il repose aussi sur une culture où l'effort et la réussite scolaire sont poussés à l’extrême. L'implication des familles est totale, soutenue par un système de cours particuliers très développé en dehors du temps scolaire.
Cette quête constante de la performance engendre une pression académique très forte sur les jeunes Singapouriens dès le plus jeune âge. Pour y répondre, le ministère de l'Éducation tente depuis quelques années d'assouplir son système d'évaluation. Par exemple, le ministère a remanié l’examen national (PSLE) qui détermine l’entrée des élèves de 12 ans au collège et leur orientation. Jusqu'en 2021, la note finale d'un élève ne dépendait pas uniquement de sa propre copie, mais de son classement par rapport à l'ensemble de ses camarades. Ce fonctionnement transformait l'examen en une compétition où l'admission dans les meilleurs collèges se jouait parfois à une fraction de point près. Désormais, les élèves sont évalués selon un barème de maîtrise, découpé en 8 niveaux (de AL1 pour les notes supérieures ou égales à 90 %, jusqu'à AL8 pour les scores inférieurs à 20 %). Singapour a prouvé qu'elle savait fabriquer des champions du monde de mathématiques.
Le pays doit encore démontrer qu'elle peut adapter sa méthode d'excellence à la santé mentale de sa jeunesse.
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