Chaque mois, lepetitjournal.com vous propose une immersion dans le quotidien de la vie singapourienne. A travers nos photos insolites, l’objectif est de vous faire découvrir les trésors cachés de la Cité-Etat. Aujourd'hui, la photo du jour met en scène l’harmonie entre croyance et vie moderne.


Ces moines en robe safran capturant de leur smartphone dernier cri la cascade du jardin botanique illustrent parfaitement le contraste entre spiritualité bouddhiste et vie moderne. Quelle est la place du bouddhisme dans la société singapourienne contemporaine ?
Les moines suivent des disciplines strictes, notamment s'abstenir de consommer de l'alcool et de la viande ou encore s'interdire d'accepter de l'argent.

A l’origine des traditions bouddhistes à Singapour
À Singapour, les moines bouddhistes incarnent une présence spirituelle apaisante. Bien que leur mode de vie soit ancré dans des pratiques millénaires, ils s'adaptent par ailleurs aux mœurs modernes de la cité-État. Selon le recensement de 2020, environ 31,1 % de la population singapourienne s'identifie comme bouddhiste, faisant du bouddhisme la religion la plus pratiquée à Singapour. Aucune estimation du nombre de moines n’est par contre officielle.
Les premières traces du bouddhisme à Singapour remontent donc aux premiers temples tels que Thian Hock Keng
On distingue plusieurs traditions au sein de la communauté : Theravāda, Mahāyāna et Vajrayāna. Les moines suivent des disciplines strictes, notamment s'abstenir de consommer de l'alcool et de la viande ou encore s'interdire d'accepter de l'argent. Ces règles ont été introduites principalement par des migrants venus de Chine, de Thaïlande, du Sri Lanka et d'autres régions d'Asie. Les premières traces du bouddhisme à Singapour remontent donc aux premiers temples tels que Thian Hock Keng dans le quartier de Telok Ayer et Jin Long Si à Paya Lebar, construits par ces colons venus d’Asie.
Cette ouverture à la technologie reflète une volonté de rendre le bouddhisme plus accessible, notamment aux jeunes générations
Bouddhisme, une pratique vertueuse
La journée d'un moine commence tôt, vers 4h du matin, par une heure de méditation suivie d'une heure de chant. Les moines se rendent ensuite dans les quartiers voisins pour recevoir des offrandes alimentaires, une pratique permettant aux profanes d’exprimer leur vertu. L'après-midi est consacré à l'étude des écritures bouddhistes et à des activités communautaires. Les moines bouddhistes jouent un rôle central dans la transmission des enseignements de Bouddha et dans la préservation des traditions spirituelles.
À Singapour, certains moines suivent des formations académiques telles que la philosophie, les sciences et les langues, en plus des enseignements bouddhistes. Certains utilisent des applications pour diffuser des enseignements bouddhistes, organisent des retraites en ligne ou participent à des événements virtuels pour toucher un public plus large. Cette ouverture à la technologie reflète une volonté de rendre le bouddhisme plus accessible, notamment aux jeunes générations, et de conserver sa pertinence dans la société contemporaine.
Un patrimoine préservé à l’heure de la modernité
Bien que la majorité des moines à Singapour soient âgés de plus de 40 ans, il existe un intérêt croissant parmi les jeunes pour la vie monastique. Des jeunes comme Phra Goh Chun Kiang, ordonné à 23 ans, personnifient ce renouveau. Choisissant de devenir moine après avoir servi dans l'armée nationale, la quête spirituelle transcende pour lui les considérations matérielles.
Parmi les moines influents, le vénérable Shi Ming Yi, ancien président de la Fédération bouddhiste de Singapour, a joué un rôle clé dans la modernisation du bouddhisme local. Il a fondé le Monastère Kong Meng San Phor Kark See, un centre spirituel et éducatif majeur.
la première fête de Vesak, célébration de la naissance, de l'illumination et du décès du Bouddha, a eu lieu à Singapour en 1939
Singapour abrite plusieurs temples bouddhistes emblématiques, chacun ayant sa propre histoire et signification. Le Temple de la relique de la dent de Bouddha, situé à Chinatown et inauguré en 2007, présente une architecture inspirée de la dynastie Tang et incarne quant à lui l'engagement de la communauté bouddhiste dans la préservation du patrimoine.
A noter que la première fête de Vesak, célébration de la naissance, de l'illumination et du décès du Bouddha, a eu lieu à Singapour en 1939, symbolisant l'unité interethnique autour du bouddhisme et le respect de traditions millénaires au sein de la société singapourienne.
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