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Aude Giraud, de journaliste télé à fleuriste romantique

Par Clémentine de Beaupuy | Publié le 27/09/2017 à 13:00 | Mis à jour le 04/10/2017 à 07:57
Photo : Aude Giraud dans son atelier
Aude portrait  copyright @askafrench

Aude Giraud nous reçoit dans son appartement de Tiong Bahru lieu intime qui abrite dans ce quartier bobo-chic, son appartement et son atelier de fleurs, Ask a French, Flowers. Chez Aude, tout est joli, soigneusement pensé dans un esprit légèrement vintage, une atmosphère douce, propice aux confidences.

 

www.lepetitjournal.com/singapour : Etre fleuriste, est-ce une envie de toujours ? 

Aude Giraud : Non, pas du tout ! En France, j’étais journaliste de télévision et de radio. J’étais reporter d’actualité pour l’émission « C’est à vous » sur France 5. Pendant 10 ans, j’ai exercé ce métier avec passion. J’avais commencé ma carrière à la radio puis intéressée par l’image, j’étais passée en télévision. Les 3 dernières années avant de m’installer à Singapour, j’intervenais dans une émission en direct, avec un reportage à réaliser quotidiennement. C’était passionnant mais quelle pression ! Je pense que j’ai commencé à m’essouffler professionnellement à ce moment là. J’avais envie de passer à autre chose, mais je ne le formulais pas. Parallèlement, mon mari, Antoine, a commencé à envisager un départ à l’étranger. Et nous sommes arrivés à Singapour en Février 2015.

 

Pourquoi avoir choisi Singapour ? 

J’avais des attaches personnelles ici. Ma mère est indonésienne et mon père français et a toujours vécu à Singapour. Mes parents ont divorcé quand j’avais 4 ans et je suis partie vivre en France. J’ai des demi–frères singapouriens. Depuis petite, je me rends régulièrement à Singapour pour visiter ma famille. Parallèlement, mon mari, qui travaille pour Dailymotion, a évoqué son choix de travailler à l’étranger. Il n’y avait aucun représentant de Dailymotion en Asie et notre choix s’est porté naturellement vers Singapour. C’était un vrai projet commun. A ce moment là, mon contrat à la télévision se terminait. Il y a eu un véritable alignement des planètes.

 

Quels ont été les éléments déclencheurs pour votre reconversion ? 

En arrivant à Singapour, je souhaitais continuer mon métier. Peut-être différemment. Etre correspondante pour la télévision était difficile à mettre en place du fait de manque d’intérêt, peut-être des médias français pour cette région du monde et les contraintes techniques liées à ce métier : avoir son propre matériel par exemple. Mais, j’avais une certaine culpabilité à ne plus travailler.

Je me suis donc lancée dans un projet professionnel plus personnel. Je me suis orientée vers le journalisme « lifestyle » qui m’intéressait depuis longtemps. Mon mari, responsable Asie, voyageait énormément et j’ai décidé de le suivre et d’écrire un blog de voyages « Ask a French », orienté vers les jolis lieux, les beaux restaurantsJ’ai intégré ce blog à mon Instagram en le dédiant à tout mon univers, dont celui des fleurs. J’ai aujourd’hui 7000 followers. Pendant ma première année, j’ai donc voyagé, je me suis laissée porter par mes envies. Et Puis, peu à peu, je me suis intéressée aux fleurs.
 

Concrètement comment êtes-vous passée de votre blog voyage à votre activité de fleuriste ? 

J’ai commencé à décorer mon appartement et je voulais mettre des fleurs. En fait, à Singapour, j’ai eu une « révélation » par rapport à la nature qui m’entourait. Elle est tellement luxuriante, qu’elle prend parfois le pas sur le béton de la ville. Je voulais que cette nature rentre chez moi. J’ai commencé par décorer mon intérieur avec des fleurs que je séchais moi-même. Les fleurs séchées racontent une histoire, comme pour le journalisme d’ailleurs.

Puis, j’ai commencé à réaliser des bouquets pour les offrir à des amis. Ce nouveau métier s’est imposé à moi, comme une sorte de coup de foudre. Une personne de chez CHANEL a aimé mes créations florales et m’a proposé de décorer leur lounge de l’aéroport. Je n’étais pas fleuriste, sans technique de bouquets, j’avais peut-être un regard plus neuf. J’ai donc monté mon entreprise pour pouvoir travailler. Et, par la suite, ce premier contrat m’a en amené d’autres et m’a ouvert aux particuliers qui souhaitaient des bouquets personnalisés.
 

Vous êtes-vous formée à ce nouveau métier ou pas du tout ? 

Oui, je voulais en apprendre plus sans perdre mon regard. J’ai fait une école de fleuriste à Singapour, 3 mois très intensifs et je suis partie m’exercer un été auprès d’une amie fleuriste en France. Grâce à cette école, j’ai eu accès aux importateurs de fleurs à Singapour. Par ailleurs, je me suis formée à la symbolique des couleurs et à celle des fleurs qui n’est pas la même en Asie et en Europe.
 

Quelles sont les spécificités de ce métier à Singapour ? 

Ici, toutes les fleurs sont importées. Il y a un avantage lié à la position géographique de Singapour, c’est la double saisonnalité des fleurs. Par exemple, il est possible d’avoir des pivoines en Novembre de Nouvelle-Zélande, puis à partir de Mai en provenance d’Europe. L’inconvénient est le chemin parcouru par ces fleurs, combiné au climat de Singapour. Les fleurs fraiches ont donc une durée de vie moins longue que dans des pays plus tempérés. J’ai identifié donc des fleurs qui fonctionnaient ici. Comme par exemple les Lislanthus qui ressemblent à des roses sans épine, l’eucalyptus, certains Hortensias. Par ailleurs, la structure du marché même est spécifique. Parfois, mon importateur n’a pas reçu la variété de fleurs que j’avais commandée. Pour des particuliers, je leur propose des bouquets avec les meilleures fleurs disponibles. Pour mes interventions pour des marques ou des événements, je prévois toujours un plan "B". 
 

Comment pourriez-vous définir votre style de bouquets ? 

Dans mes bouquets, j’adore mixer un style romantisme avec un style exotique. Je m’inspire des créations du peintre botaniste de Marie-Antoinette, Pierre Joseph Redouté, des couleurs, de la forme libre, naturaliste.

bouquets, Ask a French Flowers

(c) Ask a French

Ask a French, Flowers vient juste de fêter ses 1 an ! Pour en savoir plus : rendez vous sur le site internet ici 

clémentine de beaupuy

Clémentine de Beaupuy

Co-directrice éditoriale. Diplômée de Sciences-Po, entrepreneuse et hyperconnectée, Clémentine est la spécialiste de tout ce qui touche à la culture, à la société et à la religion. Elle se passionne également pour les sujets liés à l'innovation urbaine.
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