Lundi 25 octobre 2021
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1, 2, 3…plié ! Lumière sur la danse française en scène à Singapour

Par Lepetitjournal Singapour | Publié le 31/08/2021 à 18:30 | Mis à jour le 01/09/2021 à 11:09
spectacle singapour histoire danse classique affiche

Grand plié, pirouette, arabesque… Vous avez peut-être déjà entendu ces termes ou dansé ces mouvements, mais connaissez-vous leurs origines ? Pour comprendre l'histoire du ballet, la Bellepoque propose un voyage à travers les siècles : de la cour du Roi Soleil, Louis XIV de France, où le ballet classique a fleuri ; aux ballerines audacieusement peintes par Degas au XIXe siècle ; à l'innovation frappante et provocatrice apportée par le chorégraphe Nijinsky sur les scènes du début du 20e siècle ; jusqu'au paysage actuel de la danse contemporaine.

 

Après le succès obtenu par le spectacle RESONANCES en juillet, la Cie Bellepoque reprend le travail artistique et présente les 10 et 11 septembre une nouvelle création entièrement dédiée au monde et à l’histoire de la danse.

Rencontre avec Sabrina Zuber, directrice de la Compagnie et productrice du spectacle ainsi que danseuse.

 

La Cie Bellepoque est connue pour ses spectacles de musique et de théâtre. La danse a fait une première apparition lors de votre dernière création, RESONANCES, en juillet dernier. Comment est né ce nouveau spectacle autour de la danse ?

 

Depuis que je suis petite, je rêvais d'être ballerine. J'avais l'habitude de lire des livres sur le ballet et des biographies d'Etoiles, je regardais des émissions de télévision sur les grands spectacles et les célèbres compagnies de danse.

La vie, comme il arrive souvent, en a décidé autrement ; J'ai étudié la littérature et la musique, et bien plus tard, je suis devenu artiste et productrice.

La danse est restée dans mon cœur depuis tout ce temps, mais ce n'est que ces dernières années que j'ai eu la chance de renouer avec elle, de l'étudier et de plonger dans son monde fascinant.

 

danseuse sur scene
@ Xavier Keutch Photography

 

« 1,2,3...Plié ! » est le résultat de tout cela. Depuis que j'ai commencé à suivre des cours réguliers avec l’Etoile Emmanuelle Grizot, il y a trois ans, nous avons pris l'habitude d'avoir un déjeuner hebdomadaire où nous parlions de danse, de tutus et… de vieillissement ! Nos conversations sont rapidement devenues créatives (pourrait-il en être autrement ?) et l'idée de raconter l'histoire de cette magnifique forme d'art est née.

Disons que pour moi, à ma 20e année d’activité artistique et 10e année de direction de la Compagnie, il était temps de rendre hommage à cette forme d’art aussi passionnante qu’exigeante. Ce spectacle est peut-être plus simple que les précédents, car il est financé par la Cie Bellepoque et ne reçoit pas de subventions publiques ou d’aide institutionnel. Faute de moyens, on y a mis beaucoup de cœur. Nous avons la chance de compter sur la générosité de la marque Akar de Nissim qui nous fournit entre autres des superbes meubles pour décorer notre scène et de Imavox, notre partenaire multimédia.

 

A côté de Sabrina Zuber, sur scène ainsi que dans le processus de création, Emmanuelle Grizot, danseuse Etoile et enseignante de danse auprès de The Dance Place, école cofondée en 2019 par Emmanuelle.

 

Ce spectacle est votre première performance sur scène à Singapour. Quel est votre ressenti par rapport à ça et comment avez-vous organisé votre travail chorégraphique autour de vos élèves de danse qui seront aussi sur scène ?

Mes adieux à la scène de l’Opéra national de Bordeaux se sont déroulés en juillet 2011, il y a 10 ans et je m’étais fixé l’enjeu de revenir sur scène d’une autre manière. « 1,2,3...Plié ! » apparaît comme une belle opportunité de remettre le pied à l’étrier et de tenir cette promesse en forme de petit défi. Depuis 10 ans je me consacre pleinement à l’enseignement et à la chorégraphie et sans dire pour autant que la scène m’a manqué, il est vrai qu’elle offre une dimension de plus, des moments de partage et l’occasion de renouer avec une certaine dose d’adrénaline. Être sur scène c’est une forme de dépassement, c’est s’oublier pour interpréter un personnage, mais c’est aussi et avant tout vivre intensément l’instant présent et c’est ce que j’ai apprécié pendant mes 27 années de carrière.

 

danseuse dans la rue
@ Mermozine Photography

 

Depuis quelque temps j’avais l’idée d’un spectacle retraçant l’histoire de la danse à portée éducative tout en étant léger et ludique. Le spectacle préexistait dans ma tête et la rencontre et l’envie de collaboration avec Sabrina Zuber autour de la danse ont accéléré la création. C’est aussi le souhait de transmettre à mes élèves de The Dance Place plus que des pas de danse et des détails techniques. J’ai à cœur de leur apporter aussi d’autres clefs de compréhension, de leur faire découvrir le nom de grands danseurs, de chorégraphes, de compositeurs, de tous ceux qui ont participé à l’évolution de la danse.

Depuis sa codification sous le règne de Louis XIV la danse a beaucoup évolué en matière de technique, de rapidité d’exécution, d’influences diverses mais on ne peut oublier pourquoi nous sommes arrivés à ce niveau aujourd’hui et ce spectacle dans lequel nous survolerons les époques est aussi une forme d’hommage à ceux qui ont marqué l’histoire avec démonstrations dansées, texte et musique qui je l’espère apporteront de l’émotion au présent.

 

Comme dans la tradition de toutes maisons de danse, ce spectacle ne pouvait pas manquer d’un pianiste répétiteur, la singapourienne Tabitha Gan.

Vous accompagnez d’habitude des chanteurs lyriques et d’autres musiciens instrumentistes, mais vous n’êtes pas nouvelle au travail de répétiteur pour la danse classique. Parlez-nous de votre expérience avec danseurs et chorégraphes. En quoi cela est diffèrent que de jouer pour d’autres musiciens ?

 

J'ai commencé à jouer pour la danse lors que j’étais étudiante à l'université - quelqu'un m'a entendu improviser et m'a demandé si je serais intéressé par ce genre de travail. À l'époque, je n'avais aucune connaissance de la danse, il a fallu quelques mois avant que je m'acclimate à la façon dont les danseurs comptent et bougent, et comment évaluer le tempo et le caractère de la musique nécessaire. C'était dur au début, mais maintenant ça me vient naturellement.

En général, je joue deux types d'accompagnement de danse. Le premier est basé sur l'improvisation, et plus pour les cours - où le maître de danse établira de nouveaux exercices à chaque cours et je jouerai une musique qui correspond à l'exercice en fonction de ce que je vois et de ma connaissance des pas. C'est toujours intéressant pour moi parce que j'aime proposer de nouvelles musiques, jouer avec des accords et des notes pour créer différentes ambiances et mélodies. C'est comme ça que je me défie en tant que musicien.

 

pianiste Tabitha Gan joue au piano

 

Le deuxième type est celui où les pas et la musique sont chorégraphiés et fixés. C'est plus pour les performances, où tout a été arrangé et répété pour le meilleur effet. La spontanéité peut gâcher les choses, alors je m'en tiens à ce que nous répétons ! Cela ressemble plus à jouer pour des musiciens et offre un autre type de défi. Sous la pression de la scène, dans quelle mesure puis-je reproduire ce que nous avons répété ? Et si quelqu'un (ou moi-même) commet une erreur sur scène, dans quelle mesure puis-je dissimuler l'erreur en m'adaptant rapidement à ce qui s'est passé ?

Que ce soit pour la danse ou la musique, collaborer avec d'autres est très différent de jouer en solo, à la fois plus facile et plus difficile. Mais c'est aussi un sentiment formidable de faire partie de quelque chose de plus grand que soi-même.

 

Un dernier mot par Sabrina :

Sur scène nous verrons aussi les élèves de danse : Julie Raneda et trois très jeunes filles, Daria Gutlin, Belcia Phang, Claudia Shaw, dont c’est la première expérience sur une scène professionnelle. A elles va mon plus grand remerciement, car elles ont accepté de relever le défi !

La Cie Bellepoque a travaillé en étroite collaboration avec l’école de danse The Dance Place. Pour nous toutes il était important que les élèves puissent vivre une expérience professionnelle en dehors des classes régulières et on espère que cela sera la première d’une série de projets à la fois artistiques et éducatifs.

 

Pour vous remercier, toutes les personnes qui ont acheté un ticket pour le spectacle ont la possibilité de participer à un workshop spécial découverte du ballet-barre avec Emmanuelle Grizot avec une remise de 50%. Il suffira de s’inscrire auprès de l’école The Dance Place et présenter son ticket Peatix.

 

affiche cours de danse

 

J’espère que ce jeté à travers le temps et l'espace vous fera craquer pour les tutus, les ballerines et la danse !

« 1,2,3...Plié ! » se jouera au Aliwal Arts Centre sur trois représentations :

Vendredi 10 septembre, 8pm

11 septembre, 4pm & 8pm

Les billets sont en vente sur Peatix

 

 

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