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MUSÉE D'HISTOIRE NATURELLE DE SHANGHAI - Le symbole d'un quartier en mutation

Par Le Petit Journal Shanghai | Publié le 21/01/2016 à 20:30 | Mis à jour le 07/02/2016 à 08:34

 Par Pascale Brites

Au nord-est du district de Jing'An, au carrefour entre la bouillonnante Nanjing Lu et la paisible Suzhou Creek, se trouve le parc des sculptures de Jing'an. Fermé le temps des travaux, il accueille depuis le printemps le nouveau musée d'Histoire Naturelle de Shanghai. Un bâtiment moderne et fascinant qui accueille une foisonnante collection d'espèces en tous genres.

Vue intérieure du nouveau musée d'Histoire Naturelle de Shanghai

Depuis la fin de l'année, il est possible de se rendre directement au Jing'An Sculpture Park avec la ligne 13 du métro, une station rebaptisée Shanghai Natural History Museum au moment de son inauguration et dont les visuels de la sortie 1 indiquent clairement la destination.
C'est en effet ici, que depuis le 19 avril, s'est ouvert au public le nouveau musée d'Histoire Naturelle de Shanghai. Avec ses quelques 44 517 m² répartis sur six niveaux, le bâtiment a été conçu pour accueillir les vastes collections de la ville dont plus de 90 % ne pouvaient être exposées dans l'ancien site du Shanghai Cotton Exchange de la Yanan Dong Lu. Selon les informations communiquées, près de 290 000 espèces y sont désormais présentées au public. Mais en visitant le musée, certains se montreront un peu déstabilisés par l'approche toute chinoise qui privilégie souvent le spectaculaire et le quantitatif à l'aspect pédagogique. Cependant, force est de constater qu'au milieu de l'immense galerie de faux animaux à l'esthétique parfois douteuse, le musée accueille quelques spécimens rares et endémiques comme le mammouth du fleuve jeune, le panda géant ou l'alligator du Yangtsé. Les squelettes de dinosaure valent également le détour et on ne manquera pas de s'attarder sur le Mamenchisaurus, un proche cousin du Diplodocus remarquable pour la longueur de son cou, vieux de 140 millions d'années et dont le squelette complet est exposé. En fin d'année dernière, le musée a également accueilli Genesis, la superbe exposition photo de Sebastião Salgado dont la scénographie sobre et l'accrochage impeccable ont participé à notre plaisir.

Le parc des sculptures de Jing'an avec au centre le musée et à l'arrière la tour en construction

Une intégration réussie
Si les collections du musée vous intéressent peu, l'architecture du bâtiment mérite à elle seule le détour et pourrait bien vous séduire. Elle est le fruit du cabinet américain Perkins+Wills et frappe à la fois par sa remarquable intégration dans l'environnement du parc et son modernisme. Au centre du bâtiment, une colonne de trente mètres de hauteur laisse pénétrer une abondante lumière, façonnée par une paroi de verre alvéolée qui rappelle la structure moléculaire des espèces vivantes. Mais c'est bien évidemment de l'intérieur qu'on profite le plus du spectacle de ce vaste atrium. Tout en profondeur, le musée tranche avec les habituels gratte-ciel qui se construisent à Shanghai et on apprécie sa présence discrète et ses murs végétaux courant jusqu'au toit et se fondant presque dans le décor. Les éléments naturels et les références aux jardins traditionnels chinois ont également été employés pour réaliser le mur de pierre qui descend jusqu'au centre du musée et dont on ne peut malheureusement pas profiter pleinement, les accès extérieurs et intérieurs étant contrôlés. Outre son esthétique, le bâtiment entend symboliser l'harmonie entre l'homme et la nature par sa conception. Il maximise l'entrée de lumière par sa colonne centrale, favorise la thermorégulation par l'évaporation de son petit étang et par sa construction souterraine et récupère l'eau de pluie sur son toit végétal pour la stocker dans son bassin.

L'accès aux sculptures est interdit aux visiteurs depuis cet été

Un espace qui se modernise
Le nouveau musée s'intègre donc parfaitement à l'environnement moderne et verdoyant du parc des sculptures de Jing'An qui représente également une promenade agréable et visuellement enrichissante. Ouvert en 2007, ce parc d'un peu plus de 40 hectares accueille depuis l'exposition universelle de 2010 toute une collection de sculptures réalisées par des artistes internationaux. Dès l'arrivée et face au musée, on remarquera notamment le gigantesque Urban Fox du britannique Alex Rinsler représentant un renard sur un large container rouge de plusieurs mètres de long ou encore les structures rouge vif « Red Beacon » symbolisant des arbres de l'artiste belge Arne Quinze. Votre promenade le long des allées du parc vous en fera découvrir encore des dizaines comme cela, qu'il n'est cependant plus possible d'approcher de près depuis que les pelouses ont été interdites au public. À l'arrière du musée, vous ne pourrez pas non plus rater l'immense building en construction. Cette tour de 54 étages est un projet du cabinet d'architecte Gensler et de la compagnie Hines. Baptisée One Museum Place, elle accueillera des bureaux mais également, sur son podium, des espaces de restauration et de détente ainsi que de larges terrasses donnant sur le parc. Son achèvement est prévu pour mi-2017 et offrira au quartier une activité nocturne en plus de son attrait culturel.

Pascale Brites lepetitjournal.com/shanghai Vendredi 22 janvier 2016

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