

L'Homme a-t-il appris à marcher en forêt ou en savane ? Des chercheurs ont étudié la végétation africaine sur 7 millions d'années pour tenter de répondre à cette question qui divise depuis longtemps le monde scientifique
Une sculpture de l'Australopithèque Lucy, découverte par Yves Coppens en Afrique de l'Est, exposée au musée d'Histoire naturelle de Houston le 28 août 2007. (AFP/Getty Images/Archives, Dave Einsel)
Selon une étude récente publiée dans la revue Nature, une équipe de géologues a montré que "des milieux ouverts (prairies, savanes, ou déserts, ndlr) ont existé, de manière ininterrompue, durant les six derniers millions d'années dans la région de l'Afrique de l'Est où les fossiles proto-humains les plus significatifs ont été trouvés". La couverture végétale ne dépassait pas 40% dans l'immense majorité des territoires de la région. Mais paradoxalement, "alors que des habitats ouverts prédominaient pour les créatures que certains considèrent comme les plus anciens bipèdes, un bipède plus récent, l'australopithèque, s'est développé dans des habitats boisés", indique-t-il.
Une remise en cause de la théorie de la savane ?
Selon la théorie de la savane, certains ancêtres des australopithèques, des hommes modernes, des chimpanzés et des gorilles, appelés les "hominidés", s'étaient adaptés à un nouvel environnement lorsque le terrain de l'Afrique de l'Est, berceau de l'Humanité, à l'origine constitué de forêts tropicales s'était transformé en savane, il y a quelque cinq millions d'années. L'Homme se serait alors levé, pour s'adapter aux hautes herbes de la savane. Cette étude ne permet donc pas de répondre clairement à la question.
Un débat relancé
Le débat vieux de 100 ans entre spécialistes est à nouveau ouvert. La définition même de "savane" est floue, pouvant désigner une région semi-désertique ou une zone forestière selon les cas. Des recherches sont en cours pour tenter de "croiser" ces données écologiques avec les connaissances disponibles sur les fossiles pour mieux connaître la répartition spatiale et les habitudes de vie de nos ancêtres entre ces différents milieux "ouverts" et "couverts". Car "la plupart des fossiles que nous avons découverts ont été trouvés où l'individu est mort ou à l'endroit où ses os ont été transportés, mais pas nécessairement où il vivait", note l'étude.
J.B (www.lepetitjournal.com) lundi 8 août 2011
Lire aussi :
France Soir - L'homme a-t-il appris à marcher en forêt ou en savane ?




































