

A quelques mois du sommet du G20 sous présidence française, Nicolas Sarkozy paie de sa personne en allant chercher à Washington le soutien de Barack Obama. Essai transformé mais la partie n'est pas encore gagnée dans cette bataille pour un assainissement des finances internationales
(photo AFP)
Nicolas Sarkozy n'avait pas mis les pieds à la Maison-Blanche depuis avril 2010. Sa rencontre le 10 janvier avec son homologue américain avait cette fois-ci comme un certain goût de tristesse, celui qui anime deux chefs d'Etat qui ont dû faire face à des tragédies : pour l'un, deux otages exécutés par des terroristes au Niger, pour l'autre, une attaque mortelle en plein meeting politique dans l'Arizona. Les deux présidents ont cependant affiché leur détermination à toute épreuve. "Les démocraties ne peuvent pas céder, les démocraties doivent se défendre quand des valeurs aussi fondamentales sont en cause", a souligné le président français, ajoutant : "les États-Unis et la France sont décidés à être des alliés. Sur ce sujet du terrorisme, nous considérons que la faiblesse serait profondément coupable et que nous n'avons pas d'autre choix que de combattre ces terroristes partout où ils se trouvent". Barack Obama a d'ailleurs salué "les sacrifices" des soldats français en Afghanistan et a rappelé que la France et les Français restaient "les meilleurs alliés" des Etats-Unis.
Objectif G20
Les deux hommes d'Etat n'ont pas uniquement scellé l'amitié et la coopération franco-américaines avec la lutte contre le terrorisme. L'objectif de cette rencontre était tout autre et concernait essentiellement la tenue du sommet du G20 à Cannes en novembre prochain. Nicolas Sarkozy, président en exercice des G20 et G8, souhaitait s'assurer du soutien de l'administration Obama. Il n'a pas été déçu. "Nous avons discuté de la façon de coordonner nos agendas de façon à être les plus productifs possible et à proposer le genre de réformes et de suivi qui auront pour résultat la prospérité pour les gens partout dans le monde", a ainsi insisté très chaleureusement le président américain. "Nos équipes vont travailler ensemble, dur, pour faire des propositions qui aillent dans le même sens sur les grands sujets que sont la monnaie, les prix des matières premières et tous les sujets qui sont sur la table du G20 pour réduire les déséquilibres mondiaux", a déclaré Nicolas Sarkozy.
Y'a du boulot !
A deux semaines du grand oral de Nicolas Sarkozy - à savoir la conférence de presse de lancement du G20, qui aura lieu à Paris le 24 janvier -, la présidence française a encore beaucoup de pain sur la planche. Le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner et la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, se sont d'ailleurs entretenus juste après la discussion présidentielle. La coopération franco-américaine est sans aucun doute à l'ordre du jour mais des points de tensions subsistent entre les deux nations. La France marche sur des ?ufs en souhaitant diversifier les devises de réserve sans pour autant ôter au dollar son rôle de "monnaie principale", sujet très sensible de l'autre côté de l'Atlantique. Paris plaide également pour plus de "multilatéralisme". Quant au rôle du FMI, il pourrait être accru afin de surveiller au mieux les transactions financières. Si France et Etats-Unis devraient faire des propositions "main dans la main", celles-ci ne sont pas encore connues. Le périple sera donc épique avant d'obtenir le consensus international tant espéré par l'Elysée. Prochain arrêt : un séminaire de travail avec la Chine en mars.
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) mardi 11 janvier 2011
En savoir plus
Article du Figaro, Sarkozy main dans la main avec Obama
Article du Point, G20 : Sarkozy et Obama "main dans la main"




































