

S'il y a bien deux mal-aimés actuellement dans le monde politique, ce sont bien Nicolas Sarkozy et Barack Obama. L'exercice de leur mandat présidentiel les a tous les deux rabaissés au plus bas. Les sondages les éloignent de leur électorat, et seule leur impopularité pourrait les rapprocher
Nicolas Sarkozy a toujours voulu se lier d'amitié avec le président américain. Seulement voilà avec Barack Obama, ils n'ont pas beaucoup d'intérêts similaires. Quand l'un joue au basket-ball, l'autre enfourche son vélo. Que le chef de l'Etat français se rassure, ils pourraient bientôt devenir "potes" (AFP). Leur nouveau point commun : leur impopularité grandissante.
Obama, l'espoir déchu
Barack Obama était arrivé en 2008 à la Maison Blanche en véritable héros. Le président devait changer l'Amérique car "yes, we can", répétait-il sans cesse. Premier chef de l'Etat afro-américain, il incarnait l'espoir d'une nouvelle ère après huit ans de morosité siglée Georges W. Bush. Après deux ans passés aux commandes, le bilan n'est pourtant pas des plus fameux. D'après un récent sondage, les Américains sont d'ailleurs plus nombreux à être défavorables au président (52%) que favorables (45%), une claque pour Barack Obama et le parti démocrate à deux mois des élections mi-mandat. Après une gestion aléatoire de la marée noire, une récession persistante, un chômage effrayant, des guerres en Afghanistan et en Irak dont on ne sait que faire et une réforme de la santé encore mal comprise, il paraît difficile aux ânes démocrates de conserver la majorité des sièges au Congrès. L'habile parti républicain le sait bien et use et abuse de la polémique autour de la construction d'une mosquée près de Ground Zéro pour présenter Barack Obama, que beaucoup d'Américains croient encore être musulman, comme un chantre de l'Islamisme radical, en résumé un ennemi de la nation.
Sarkozy, l'énième déception
Les sondages d'opinion défavorables, Nicolas Sarkozy en a l'habitude, de même pour les défaites électorales. Après son dernier coup de vis sécuritaire, le président de la République descend pourtant encore d'un cran dans les abimes de l'impopularité. Selon un baromètre Ipsos pour Le Point**, l'action de Nicolas Sarkozy ne recueille que 34% d'opinion favorable. Alors que la cloche de la rentrée du gouvernement a sonné hier, les dossiers s'accumulent sur les bureaux des ministres. Les plus explosifs seront certainement ceux de la retraite, du budget et de la sécurité. Le passage à 62 ans de l'âge légal de départ à la retraite, la croissance plus basse que prévue, la déchéance de la nationalité pour les délinquants "étrangers" et les expulsions de Roms, autant de raisons pour Nicolas Sarkozy d'être détesté par les Français. Heureusement, le président a trouvé la solution pour redorer son blason : un bon vieux remaniement ministériel. Avec une nouvelle équipe, on ne peut que faire mieux, non ?
Le club des impopulaires
Les deux présidents sont dans une période difficile de leur mandat où les réformes s'enchaînent et l'opinion publique se déchaîne. Le bilan pré-élection présidentielle des deux côtés de l'Atlantique décidera si l'impopularité prendra alors encore le pas sur l'action accomplie. En attendant, Barack pourra toujours passer un coup de fil à Nicolas pour se réconforter un peu.
Damien Bouhours 9www.lepetitjournal.com) jeudi 26 août 2010
*Cette enquête d'opinion a été réalisée entre le 19 et le 23 août auprès d'un échantillon de 1.063 personnes représentatif de la population américaine.
**sondage réalisé par téléphone les 20 et 21 août auprès d'un échantillon de 948 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.
En savoir plus
Article de l'Express, Plus d'un Américain sur deux désapprouve la politique d'Obama




































