

Première consommatrice d'antibiotiques en Europe, la France connaît néanmoins une baisse significative dans la consommation d'antimicrobiens. 17,7millions de traitements antibiotiques inutiles ont été évités depuis le début du programme de limitation lancé en octobre 2002. Les Français semblent sevrés des antibios
Dommage que Cyclamed ait été supprimé car les antibiotiques ont du soucis à se faire (Photo AFP)
"Les antibiotiques c'est pas automatique", c'est en ces termes que la campagne de prévention instaurée par la Sécu a débuté en 2002. Quatre ans plus tard, force est de constater que cette campagne a eu de l'impact sur les Français.
Selon un rapport de la CNAM (organe de l'Assurance Maladie), publié cette semaine, les prescriptions on connu une baisse de 17%. "C'est encourageant, mais il faut continuer, notre objectif est d'atteindre les 25%", a indiqué Frédéric Van Roekeghem, directeur de l'Assurance Maladie. Pas simple en effet de changer les habitudes des Français...
Lentement mais sûrement ils évoluent quand même face aux antibiotiques. C'est d'ailleurs par les tous petits que ça commence : les 0-5 ans connaissent la diminution la plus importante, avec 31% de recul. Les enfants restent pourtant les plus gros consommateurs d'antibiotique. En moyenne, une prescription est à prévoir par enfant et par hiver.
Il existe toutefois de grandes disparités selon les tranches d'âge et les zones géographiques. Ainsi, chez les 6-15 ans on constate une augmentation de 3,8% par rapport à l'année précédente. Régionalement, le Nord reste le département le plus mangeur d'antibios, alors que Rhône Alpes semble être le plus discipliné.
Trop d'antibiotique tue l'antibiotique
L'enjeu de la campagne contre la surconsommation d'antibiotiques, reste la lutte contre le développement des résistances bactériennes. La Grèce, vilain petit canard mondial tout comme nous, est aussi confrontée à ce problème d'accoutumance bactériennes.La vie en collectivité accentue le phénomène de résistances bactériennes. Les premiers concernés sont évidemment les enfants à la crèche ou à l'école, où la proximité est inévitable.
Alors pourquoi les chiffres baissent-ils ?
Dans un premier temps, les médecins qui ont adopté des diagnostiques rapides qui permettent de déterminer si l'infection est d'origine bactérienne (accessible dans ce cas aux antibiotiques) ou si elle est simplement d'origine virale. Evolution dans le diagnostique, mais aussi prévention à la source. Ainsi des campagnes sur l'amélioration des règles d'hygiène dans les crèches et maternelles ont été mises en place pour sensibiliser les équipes éducatives et par leur intermédiaire, les parents.
Mais en dépit de cette diminution globale de 17 %, la consommation reste encore bien supérieure à celle de nos voisins : trois fois plus qu'aux Pays-Bas et deux fois plus qu'en Grande-Bretagne et en Allemagne. En économisant 500 millions d'euros depuis le début de la campagne de prévention, la Sécu a dû se réjouir de cette baisse.
Aurélien BARBIN (lepetitjournal.com) jeudi 18 janvier 2007
Le Figaro : Antibiotiques : la baisse des prescriptions se poursuit
La Tribune : Les Français toujours parmi les plus gros consommateurs d'antibiotiques
Les Echos : Consommation d'antibiotiques : baisse encourageante mais insuffisante






































