Édition internationale

SANTE – La dengue traverse le Brésil et São Paulo

En recrudescence depuis 2005, le virus de la dengue se propage à grande vitesse quand vient l'été. Depuis le début de l'année, des milliers de personnes ont été touchées, essentiellement dans le Mato Grosso du Sul, mais aussi dans le reste du pays. A São Paulo, près de 1000 personnes ont déjà été contaminées.

Le moustique Aedes Aegypti

Il existe quatre types de virus de la dengue, dont trois circulent au Brésil. Si la forme dite «classique» n'est pas fatale, la forme hémorragique peut provoquer la mort. Le moustique Aedes, qui pique le jour, transmet la maladie à l'homme. De janvier à mai, la pluie abondante et la chaleur tropicale permettent aux moustiques de se reproduire dans l'eau stagnante. En janvier, 16.000 cas ont été déclarés dans le Mato Grosso do Sul, et trois personnes ont trouvé la mort. A São Paulo 1.000 personnes ont été atteintes par la maladie depuis le début de l'année. Mais certains cas peuvent passer inaperçu, comme celui d'un garçon de 9 ans, décédé il y a quelques jours à Manaus : bien qu'hospitalisé 3 fois, le diagnostic de la dengue n'a été confirmé qu'à l'autopsie. «Les symptômes de la maladie sont assez banals, et peuvent passer inaperçus» commente Jessica Presa, responsable médicale chez Sanofi Pasteur Vaccins. «Fièvre, crampes, maux de tête, mais aussi douleurs derrière les yeux, sont caractéristiques de la maladie. Quand une personne est atteinte, cela veut dire qu'elle vit dans un environnement exposé, et qu'elle a des chances d'attraper une forme plus grave du virus. Hors, son immunité contre la maladie a baissé, et les conséquences de la dengue risquent d'être encore plus graves.» Dans sa forme hémorragique, des hématomes, des taches rosâtres, apparaissent sur la peau. L'hémorragie interne peut être dramatique.



Affiche de la campagne gouvernementale 2006

Lutter efficacement contre la maladie
Pour Jessica Presa, chacun de nous a un rôle à jouer :«Aucun vaccin n'existe à ce jour. Chacun de nous doit se responsabiliser face à cette maladie. Les gens ne se rendent pas compte qu'ils ont de l'eau stagnante chez eux, et ils continuent, à leur insu, à entretenir le virus.» Caisses d'eau pour recueillir l'eau, vases dans l'appartement, canettes recueillant l'eau de pluie sur le parking, flaques d'eau sur un terrain, pot ou récipient vide dans le jardin? C'est en  éliminant de son quotidien tous ces vecteurs de propagation, qu'on lutte efficacement contre la maladie. Et les insecticides ? «Ils sont efficaces pour tuer les moustiques, mais il faut continuellement en remettre. Si le foyer de reproduction est toujours présent, c'est sans fin» répond Jessica. En Bolivie et au Paraguay, l'armée vient d'intervenir pour évacuer la population et gazer d'insecticidesles régions touchées. Au Brésil, l'armée est aussi intervenue, tentant de contenir la progression du moustique à l'intérieur des terres, dans des zones quasi désertes limitrophes au Paraguay. Mais la principale action reste l'information au public. Dans le monde, entre 50 et 100 millions de personnes sont infectées chaque année, et 20.000 personnes décèdent de la maladie. Au Brésil, ils étaient 64 en 2006.
 LB (www.lepetitjournal.com) 15 février 2006

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