Édition internationale

RWANDA – Révélations sur l'élément déclencheur du génocide

Un rapport d'enquête rendu public hier est venu apporter des précisions sur l'attaque de l'avion présidentiel qui transportait le chef d'Etat rwandais Juvénal Habyarimana, et qui a abouti sur un génocide sanglant. Les loyalistes hutus seraient à l'origine de l'attentat

Alors qu'une enquête menée par le juge Bruguière depuis 1998 accréditait la thèse d'une attaque menée par les rebelles tutsis du Front patriotique rwandais (FPR), un mouvement armé, dirigé par Paul Kagame, l'actuel président du Rwanda, un nouveau rapport d'enquête met en avant la responsabilité de loyalistes hutus dans l'attentat qui a coûté la vie de Juvénal Habyarimana, en 1994, alors président rwandais. S'en suivra un génocide sanglant qui a coûté la vie à plus 800.000 personnes, pour la plupart tutsis.

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Alors que le juge Jean-Louis Bruguière s'était concentré sur des témoignages d'opposants en exil à Paul Kagamé, les magistrats Nathalie Poux et Marc Trévidic, qui ont repris l'instruction en 2008 se sont rendus sur place  avec une large équipe technique : trois spécialistes en aéronautique, deux géomètres, un balisticien et un acousticien. Selon leurs analyses, les missiles qui ont détruit l'avion du président Habyarimana auraient été tirés du camp de Kanombe, contrôlé par des loyalistes hutus, et non par des Tutsis.

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Me Bernard Maingaint, avocat des proches du président Paul Kagame, a évoqué "une journée historique et très importante". "Nos clients, qui ont été injustement accusés et poursuivis pendant des années, se trouvent confortés dans leurs positions", a poursuivi l'avocat.
"L'expertise ne peut désigner le camp hutu. Ce que dit l'expertise, c'est que, en l'état de leurs constatations, les tirs ne peuvent provenir du camp [de Paul Kagame]. Ça ne désigne pas pour autant le camp d'en face", a réagi de son côté Me Jean-Yves Dupeux, avocat des enfants Habyarimana
Le gouvernement rwandais a à lui salué un rapport qui "rend justice à la position soutenue depuis longtemps par le Rwanda sur les circonstances entourant les événements de 1994", a expliqué la ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. En visite au Rwanda en 2010, le président Nicolas Sarkozy avait reconnu des "erreurs" de la France, qui soutenait alors le régime d'Habyarimana, dont sont issus les génocidaires.

J.B (www.lepetitjournal.com) mercredi 11 janvier 2012

Voir aussi :

Le Monde - Nouvelles révélations sur l'élément déclencheur du génocide rwandais
Le Nouvel Obs - Rwanda : révélations sur l'attentat qui a été le signal du génocide

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