Édition internationale

ROMS – La visite de ministres Français en Roumanie mis en porte à faux par Bruxelles

Alors que le parlement de Strasbourg réprimandait la politique du gouvernement en adoptant une résolution demandant la suspension immédiate des expulsions de Roms par la France vers leur pays d'origine, le ministre de l'Immigration Éric Besson et le secrétaire d'État aux Affaires européennes Pierre Lellouche étaient en visite ce jeudi à Bucarest pour essayer d'apaiser les relations bilatérales


Eric Besson, et le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, durant leur visite jeudi à Bucarest, se sont notamment entretenus avec le Premier ministre roumain Emil Boc et le ministre roumain des Affaires étrangères, Teodor Baconschi (AFP). Ils ont tous souhaité au travers de ces discussions mettre fin aux "polémiques stériles" et ont tenté de se mettre d'accord pour essayer de travailler de concert à l'intégration des Roms.

Les mesures
Concrètement, la présence de policiers roumains en France a été renforcée pour aider à démanteler les réseaux criminels qui encadrent une partie de la communauté rom, et tout particulièrement les mineurs. Voilà pour le volet sécuritaire.
En revanche, en ce qui concerne l'insertion sociale des Roms dans leur pays d'origine, les choses ont encore beaucoup de mal à se mettre en place. Les deux ministres français ont plaidé pour la mise en place d'un "plan national d'urgence" en faveur des Roms.  Sous la pression, la Roumanie a donné son accord de principe.  La Roumanie en effet dispose de 20 milliards d'euros au titre des divers fonds européens qui lui ont été accordés pour la période 2007-2013. La Commission européenne a également mis en place des programmes de soutien aux quelque 10 millions de Roms d'Europe pour un budget de 17,5 milliards d'euros. "Mais pour activer ces crédits, la Roumanie doit proposer un programme d'action", a souligné Pierre Lellouche. Paris, qui se dit prêt à accorder une assistance technique, attend  maintenant des objectifs chiffrés en nombre de personnes, d'écoles, de logements, de formations professionnelles? Au gouvernement roumain de jouer le jeu ! Et ca n'est pas gagné puisqu'il persiste à considérer les Roms de Roumanie comme une «minorité transnationale» et à défendre le principe de libre circulation.

Mais l'Union Européenne n'est pas dupe !
En parallèle de ces discussions, le parlement de Strasbourg a une nouvelle fois souligné qu'il n'appréciait guère les manières du gouvernement français! Hier, en adoptant une résolution (337 voix contre 245), les eurodéputés ont demandé la suspension immédiate des expulsions de Roms  par la France vers leur pays d'origine.  Dans ce texte qui n'a qu'une valeur politique et morale, le Parlement se déclare "vivement préoccupé par les mesures prises par les autorités françaises ainsi que par les autorités d'autres Etats membres à l'encontre des Roms et des gens du voyage prévoyant leur expulsion. (?) Cette attitude est allée de pair avec une vague de stigmatisation des Roms et de dénigrement général des Tziganes dans le discours politique", déplore le Parlement européen."Le droit de tous les citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement dans toute l'Union constitue un pilier de la citoyenneté de l'Union telle qu'elle est définie par les traités".
Piqué sur le vif, le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a immédiatement réagi en déclarant qu'il n'était "pas question" que la France suspende les reconduites. "Le Parlement européen est sorti de ses prérogatives et nous n'avons bien évidemment pas à nous soumettre à un diktat politique", a-t-il ajouté. Alors que signifient  les accords de principes signés hier entre les deux pays qui sans les fonds de l'Union Européenne ne pourront pas être mis en ?uvre? La question Roms semble donc être encore bien loin d'être réglée?

Claire Largillière (www.lepetitjournal.com) vendredi 10 septembre 2010

A lire aussi :
Le Figaro ? Roms : Paris et Bucarest veulent calmer le jeu
Les Echos - Roms : rappel à l'ordre du Parlement européen

Europe 1 - Roms : la France refuse de "se soumettre" 
www. lepetitjournal Bucarest : France/Roumanie, les polémiques stériles sont enterrées

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