

Jérôme Garcin descend provisoirement de cheval, tombe le masque et prend la plume pour un roman : Les s?urs de Prague. Il épingle les m?urs du microcosme littéraire à travers le portrait d'un agent tout puissant. Plutôt cruel
Les s?urs de Prague est le dernier roman de Jérôme Garcin (photo DR)
On connaissait le goût de Jérôme Garcin pour le monde équestre. Il n'en reste, dans son nouveau roman, que quelques furtives étreintes avec de solides cavalières. Il s'élance cette fois sur un autre manège, sur un autre parcours d'obstacles. La voix chaude, volontiers ironique, de la mythique émission critique Le Masque et la plume, s'attaque au milieu littéraire et en fait le décor des s?urs de Prague.
Un écrivain vaguement connu tombe sous la coupe d'une grande figure du microcosme. Klara Gottwald est un agent artistique d'origine tchèque qui a la réputation de faire et défaire les carrières parisiennes. Toute puissante, vampirique, âpre au gain, brutale et cajoleuse, elle exerce une certaine fascination. Malgré les mises en garde de son entourage, de son éditeur et malgré ses propres préventions, l'auteur se retrouve en contrat avec elle après un simple rendez vous. L'agence est bientôt co dirigée par Hilda, la s?ur de Klara, fraîchement débarquée de Prague. Avec elle, il découvre que les méthodes Gottwald ne sont pas toujours des plus présentables.
Coups de cravache
Portrait d'une femme de tête, récit d'une gloire et d'une chute retentissante, Les S?urs de Prague est aussi un jeu de massacre assez violemment narquois. Si Jérôme Garcin parvient à rendre presque crédible le pouvoir d'attraction répulsion de son héroïne, il laisse peu chance à son narrateur à la vocation littéraire très faillible, empêtré dans une tentative Stendhalienne vouée à l'échec. Quant à sa peinture des m?urs du milieu, elle laisse le lecteur un peu défait. Certes on croise Sollers et Catherine Deneuve, mais quelques noms propres ne suffisent pas à nous embarquer. Quand on sait l'implication de Garcin dans la vie culturelle, on est un peu surpris qu'il n'est que ce tableau outré et ces parties fines caricaturales à nous mettre sous la dent. Autour d'un beau personnage un peu monstrueux, le roman flotte, désabusé.
Jean Marc JACOB. (www.lepetitjournal.com) jeudi 12 avril 2007
Les s?urs de Prague, Jérôme Garcin (Gallimard) 176 pages, 14,50 ?
Les premières pages:
http://www.gallimard.fr/catalog/bon-feuilles/01042178.HTM




































