Édition internationale

RESTO – Design épuré, cuisine raffinée, omedeto Yumi !

Le tout Phnom Penh en parle. Certains s'emportent, d'autres s'emballent. D'aucuns crient à la perfection culinaire. Yumi serait devenu, en très peu de temps, en fait à peine un mois, le restaurant nippon incontournable et ultra-tendance de la capitale. Ikimaschou !

Inattendu et inespéré
Le quartier autour de la rue 278 foisonne de restaurants, bars, hôtels et autres gargotes. Difficile donc d'y ouvrir un nouveau lieu et de s'y faire un nom. Au 29a rue 288, juste avant Hagar (le restaurant d'apprentissage) en venant du boulevard Monivong, Yumi se fait pourtant discret. Le propriétaire semble aimer le défi et fait, au premier abord, des choix surprenants. Au fond d'une cour verdoyante à la lumière tamisée, le restaurant se situe dans un « ancien » compartiment chinois, un compartiment complètement réactualisé et aménagé de façon étrange et charmante. Avec des toilettes de la taille d'une vaste cuisine, l'espace n'est même pas optimisé. Une stratégie qui a déjà fait ses preuves : si le client est dans le doute, il choisira souvent, voire toujours, le restaurant le plus comble ou qui semble le plus rempli (loi psychologique, R. Shiller, 1981). De fait, Yumi n'a que 28 places, 33 en comptant celles du bar. Un bar en bois massif, très large, avec vue sur un mur aux briques apparentes, où il est agréable de prendre un verre, et où l'on oublie tout, en particulier la ville dans laquelle on se trouve. Autre choix qui pourrait paraître surprenant, voire audacieux : servir une gastronomie japonaise alors que l'on ne l'est pas soi-même, que l'on n'a jamais vécu au Japon, que la concurrence aux alentours est rude et la clientèle fort exigeante.

Pari réussi
Obsédés de sushi, abstenez-vous ! Chez Yumi, on ne sert pas de poisson cru : la spécialité, c'est les "yakitori". Littéralement "oiseau grillé", le "yakitori" est, à la base, une brochette de poulet cuite dans une sauce soja légèrement sucrée façon "teriyaki". Le plus ? Yumi propose des "yakitori" déclinés sous différentes formes : légumes, b?uf? Ne manquez pas de tester celles au bacon et mini tomates ($2,50), un mariage étonnant mais surtout délicieux. Le menu n'est pas épais, on commande au numéro du plat (une vingtaine à la carte) et on reste dans la simplicité. Florilège : des "gyôza" (raviolis saisis) farcis au potiron et au gingembre ($2,50), très goûteux;des aubergines braisées, joliment présentées, ni trop cuites ni pas assez; une salade de concombre, salade iceberg et wakame (algue), originale et rafraîchissante ($2,50);et du riz ($1,50), objet peut-être du seul reproche à émettre, car il n'est pas japonais? Les prix sont relativement modestes (sauf celui du riz, donc) mais ne vous attendez pas à des portions gigantesques : ici, on cherche le raffinement. Pour clore le repas dignement, offrez à vos papilles gustatives le moelleux au chocolat accompagné d'une glace au coco ($4,50). Le gâteau est fondant, avec un goût de chocolat subtilement caramélisé, et la glace est authentiquement préparée. Le tout arrosé de saké chaud ou à température ambiante. Et pour finir - c'est suffisamment rare dans cette ville pour mériter d'être précisé - on vous demande si ça vous a plu. Hai hai ! Et on en redemande.

Vocabulaire :
Omedeto = félicitations
Ikimaschou = allons-y
Hai hai = oui oui

Yumi
A partir de 19h
Fermé le lundi
29a, rue 288 (entre le boulevard Monivong et la rue 63)
Tél : 092 163 903

Texte et photos de Rasmey Ouk (www.lepetitjournal.com/cambodge.html) vendredi 4 décembre 2009

{mxc}
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.