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De toutes les matières, c’est le wax qu’elles préfèrent.

A Brazzaville et ailleurs dans les villes du Congo, la majorité des femmes aime porter le pagne confectionné avec une toile spéciale, le wax. Cette étoffe a tout un parcours et toute une histoire.

Etal de Wax à BrazzavilleEtal de Wax à Brazzaville
Écrit par Philippe Petit
Publié le 30 mars 2024, mis à jour le 9 avril 2024

 

La traversée des continents pour du tissu 

A l’origine, au début du XIXème siècle, c’est l’époque où les Néerlandais cherchaient à conforter leur domination sur les îles de l’Asie du Sud Est qu’ils contrôlaient. Et notamment sur l’archipel qui deviendra l’Indonésie en 1945.

Pour mener à bien les guerres qu’ils avaient engagées contre les populations qui rejetaient cette domination coloniale, ils sont allés recruter des auxiliaires - de la chair à canons - dans une autre partie du monde qu’ils contrôlaient également, sur les côtes de l’Afrique, le Royaume Ashanti, actuel Ghana.

Les soldats Ashantis survivants sont rentrés dans leur contrée d’origine, avec des malles remplies de tissus de Java, nommés batiks. L’impression de ces tissus se fait en enduisant la toile de cire chaude, puis en retirant progressivement cette cire de zones successives, pour y appliquer les couleurs qui constitueront le dessin final. Les motifs sont recherchés et la toile finale est de grande valeur.

Ces étoffes plurent aux populations Ashantis qui sont par la suite devenus les meilleurs clients des fabricants néerlandais qui avaient récupéré l’idée et industrialisé la technique.

Le wax tire son nom de la cire, qui enduisait ces toiles, imprimées sur chaque face.

 

Toile wax

 

L’expansion à travers l’Afrique

Au cours du XXème siècle, le wax, originaire d’Indonésie où il était produit artisanalement, puis fabriqué massivement en Hollande, en Angleterre et de façon moins raffinée en Chine, s’est répandu dans de nombreux pays d’Afrique. Une production locale, qui s’est développée, avec des usines au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Cameroun et ailleurs, a permis de démocratiser le produit qui est devenu le symbole de l’habillement coloré des femmes africaines.

Le wax est donc un tissu multinational.

Le fabricant le plus connu est toujours hollandais et produit des millions de mètres chaque année pour un chiffre d’affaires de centaines de millions d’euros réalisé essentiellement en Afrique.

 

 

Femmes en pagne dans une rue de Brazzaville

 

 

A Brazzaville, des rues entières à Poto Poto

Le quartier spécialisé dans la commercialisation du wax au Congo est situé à Poto Poto. Dans chaque échoppe de la rue Mbaka, une multitude de toiles aux motifs variés et régulièrement renouvelés est proposée aux acheteuses. Il y en a de toutes les couleurs et pour tous les goûts, vendues en coupons de 6 yards (Environ 5,50 m). De quoi tailler plusieurs parures. On en trouve même en noir et blanc.

Toutes les occasions sont bonnes pour créer et diffuser des pagnes en wax : les mariages, les enterrements, où la couleur et le motif sont choisis, ou encore, les évènements publics, comme les élections.

La journée internationale des droits des femmes, le 8 mars correspond à une période de ventes intensives avec des pagnes dédiés.

 

Etal de tissu wax en Afrique

 

Depuis quelques années, le wax est aussi porté par des stars ou des célébrités mondiales, ce qui donne une visibilité grandissante à cette étoffe joyeuse et colorée, symbole de l’Afrique. Et de plus en plus de stylistes et designers de mode intègrent le wax dans leurs collections.

 

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