

Alberto Fujimori a été condamné à sept ans et demi de prison pour une affaire de corruption. Une peine de 25 ans avait déjà été prononcée contre l'ancien président péruvien pour violations des droits de l'homme. El Chino reste cependant un personnage influent dans la république andine
(Rédaction Internationale) - Né à Lima en 1938, de parents japonais émigrés au Pérou en 1934, Alberto Fujimori (AFP) obtient la double nationalité japonaise et péruvienne. Il fait des études d'ingénierie agricole et de mathématiques et devient recteur de l'université Agraria de La Molina. Il endossera par deux fois le poste de président de la Commission nationale des recteurs d'universités péruviennes (Asamblea Nacional de Rectores). A la tête du parti politique Cambio 90, Alberto Fujimori, surnommé El Chino (le chinois) remporte à la surprise générale les élections de 1990 aux dépens de l'écrivain Mario Vargas Llosa.
Alberto Fujimori est élu 3 fois à la présidence péruvienne
Dès son arrivée au pouvoir, El Chino décide de lancer de grands travaux qui permettront de booster l'économie péruvienne. Le 5 avril 1992, il réalise un auto-coup d'Etat lui permettant de dissoudre le parlement péruvien qui lui liait les mains et d'accentuer sa lutte contre le terrorisme du Sentier lumineux ou de Túpac Amaru. Si le "Fujishock"plaît aux Péruviens, la communauté internationale est beaucoup plus sceptique et plusieurs pays limitent alors leurs relations diplomatiques et financières avec Lima. Malgré une tentative de coup d'Etat militaire en novembre de la même année, la popularité de Fujimori ne faiblit pas et il est réélu en 1995 puis en 2000 (malgré l'interdiction constitutionnelle de briguer un troisième mandat). Des scandales de fraude électorale et de corruption le poussent cependant à fuir le Pérou en novembre 2000 pour se réfugier au Japon.
Il est condamné à deux reprises
C'est finalement lors d'un voyage au Chili en 2005 qu'Alberto Fujimori est rattrapé par la justice péruvienne. El Chino pose en vain sa candidature aux élections présidentielles péruviennes de 2006 et aux élections parlementaires japonaises pour tenter de bloquer un processus d'extradition qui aboutira en 2007. Il est alors jugé pour violations des droits de l'homme. L'ancien président était accusé d'être impliqué dans deux massacres perpétrés par un escadron de la mort dans le cadre de la guerre meurtrière menée par son gouvernement contre les guérillas sanglantes d'extrême gauche. Après 16 mois de procès, il a finalement été condamné en avril dernier à 25 ans de prison. Le 20 juillet, la Cour suprême du Pérou prononce une nouvelle peine à son encontre : 7 ans et demi de prison pour avoir versé 15 millions de dollars de fonds publics à son ancien chef des services secrets, Vladimir Montesinos.
Le "Fujishock"conserve une certaine influence
Malgré ces condamnations historiques, le fujimorisme reste populaire au Pérou où l'opinion publique crédite Alberto Fujimori d'une décennie de stabilité économique et de sécurité face au terrorisme. Cette opinion favorable trouve un écho d'autant plus important depuis le retour de la violence en Amazonie péruvienne. "Au Pérou, il faut qu'on arrête de dire qu'il a volé mais qu'il a fait de grands travaux pour le pays. S'il a fait de grands travaux, il faut le féliciter, mais s'il a volé il faut le mettre en prison. Avec l'argent qu'il a dérobé, on aurait pu faire de nombreuses choses au bénéfice des plus démunis" a déclaré Ronald Gamarra, le secrétaire général de la Coordination des droits de l'homme. Selon le quotidien El Comercio, Keiko Fujimori, députée et digne successeur de la pensée politique de son père, reste en tête des sondages pour la présidentielle de 2011.
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) mercredi 22 janvier 2009
En savoir plus
Article du Monde, L'ancien président péruvien Alberto Fujimori condamné à sept ans et demi de prison pour corruption
Article Europe 1, Pérou : l'ancien président Fujimori de nouveau condamné




































