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PRIMO MAGGIO EN PHOTOS – Une fête du travail pour célébrer le "Non Travail"

 

Mercredi 1er mai, à l'ombre du célèbre "concertone" de la piazza San Giovanni, des centaines de Romains ont célébré la fête du "non-travail" au Forte Prenestino. Le Petit Journal de Rome vous invite à revivre cette soirée alternative en images.

"C'est un mensonge, le travail ne te rend pas libre !" Derrière la console des lumières, Marta donne le ton de cette Festa del non lavoro. "Bien sûr le nom de cet événement est provocateur, nous ne sommes pas contre le travail", admet la jeune femme. Cependant, en ce jour où de nombreuses villes célèbrent la fête du travail, Marta et ses "compagnons" tiennent à rappeler que ce dernier"se fait trop rare et qu'il est souvent utilisé comme moyen d'oppression" . Au-dessus de la foule une immense banderole, "Si les richesses ne sont pas réparties le travail n'a pas de sens", appuie leurs propos. Au centre social autogéré du Forte Prenestino des centaines de personnes sont ainsi venues profiter des performances, concerts, repas et visites guidées, mais surtout manifester leur besoin de justice sociale.

En ce soir de premier mai, ce lieu emblématique de la vie romaine alternative, était avant tout le rendez-vous de ceux qui ne se retrouvent pas dans l'immense concert de la place San Giovanni. Ici pas de tête d'affiche internationale, pas de présentatrice de Rai3, pas de système de sécurité pour assurer le bon déroulement de la soirée. Pourtant Andrea, piercing au nez et verre de bière à la main, promet: "tu ne peux pas choisir meilleur endroit pour profiter du premier mai". La fête y nait partout, en toute liberté : devant la scène où se produit le groupe énervé Punkreas, au détour d'un couloir où des musiciens colombiens ont disposé leurs percutions, ou encore au milieu des stands de nourriture et bijoux qui encadrent l'entrée.

À Rome, la Festa del non lavoro n'est pas la seule alternative possible au Concert du Primo Maggio. Cependant si cette contre-tradition perdure depuis une trentaine d'années, c'est parce que le premier mai est doublement symbolique pour le Forte Prenestino: il marque l'anniversaire de son occupation. Ce jour-là en 1986, un groupe de jeunes a pris possession des lieux pour redonner vie à cet ancien bâtiment militaire. À voir les centaines de personnes qui dansent sous la pluie au son des guitares punk, 27 ans plus tard le fort n'a rien perdu de son énergie. Après une première chanson et quelques pogos*,  Cippa, le chanteur des Punkreas admet d'ailleurs : "Les lieux comme celui-ci se font rares, il faut lutter pour les garder ouverts."


Hélène PILLON (www.lepetitjournal.com) ? Vendredi 3 mai 2013

* Le pogo est un style de danse où la foule saute de façon désordonnée, en se bousculant.

Crédits : Sophie Pillon

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