

La Grèce a fait officiellement appel à l'Union européenne et au FMI pour la sortir de sa crise économique. Devant l'urgence, la plupart des pays de la zone euro, dont la France, sont disposés à se lancer dans un prêt de 30 milliards d'euros au total pour éviter tout risque de contagion. Mais d'autres, dont l'Allemagne, craignent de prêter à fonds perdus, tant les déficits grecs sont au sommet . Et vous qu'en pensez-vous ?
Avec un déficit supérieur à 13% de son PIB et des échéances de remboursement qui arrivent trop vite, la Grèce (AFP) ne peut faire l'impasse sur des aides financières extérieures. Or les marchés financiers ne proposent leurs prêts qu'à des taux exorbitants. Le Premier ministre grec, Georges Papandréou, a donc officiellement requis vendredi la coopération de ses partenaires européens et du Fonds monétaire international (FMI). Selon les projections faites en amont, la Grèce devrait recevoir 45 milliards d'euros : 30 milliards d'euros de prêts des quinze Etats-membres de la zone euro et 15 milliards du FMI.
POUR
Le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn a assuré la Grèce de son aide rapide. "Dès l'instant où nous avons reçu la demande d'aide économique vendredi, nos discussions avec le gouvernement grec se sont accélérées. Le FMI, les partenaires européens, et tous ceux impliqués dans cet effort de financement reconnaissent que la rapidité est nécessaire", a-t-il déclaré alors que les ministres des Finances du G20 se réunissaient au siège du FMI à Washington. Christine Lagarde a indiqué qu'il était primordial de défendre "le territoire de l'euro", en proie à de dangereuses fluctuations depuis le début de la crise grecque. La ministre française de l'Economie, a également indiqué que le prêt tricolore, qui atteindra un peu plus de 6 milliards d'euros (dont 3,9 immédiatement), fera l'objet d'une séance parlementaire au tout début du mois de mai, et sera opérationnel le 9 ou 10 mai prochain. La ministre, dans une interview accordée au Journal du Dimanche, a précisé que l'aide à la Grèce, si elle relève de la solidarité, ne pousse pourtant pas à la "complaisance". ?Il nous faudra des mécanismes de contrôle pour que l'on soit certain de ne pas tomber dans un puits sans fond?, précise-t-elle, tout en ajoutant que grâce aux intérêts à 5%, la France pourrait gagner 150 millions d'euros.
CONTRE
Les Allemands, qui devraient débourser 8.4 milliards d'euros, sont beaucoup plus frileux. Leur ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, a rappelé dans Bild am Sonntag que l'aide allemande n'allait pas forcément de soi et ne sera seulement accordée que "si la Grèce [poursuit] dans les prochaines années la stricte politique de rigueur qu'elle a adopté à présent?. Berlin impose donc ses conditions et pourrait même, en tant que plus gros contributeur, freiner le processus d'aide européen. Le pays symbole de l'orthodoxie financière attendrait l'échéance cruciale des élections régionales du 9 mai avant d'apporter son soutien à la Grèce pour son budget 2010. La chancelière Angela Merkel se montre donc ferme de peur d'envoyer un mauvais signal aux autres pays de l'UE en difficulté (Espagne, Portugal) mais aussi à ses électeurs. Le gouvernement allemand a toujours en travers de la gorge les cachoteries d'Athènes lors de son adhésion à l'Union. Les conservateurs allemands proposent même une solution radicale, mais peu probable, d'un départ pur et simple de la Grèce de l'UE. Des économistes outre-Rhin suggèrent, eux, un recours en justice. L'Allemagne devrait cependant suivre le mouvement tout en s'assurant que la Grèce lui remboursera ses prêts en date et en heure et pourra remonter la pente sans faire de nouveau appel à ses deniers sur la période 2011-2012.
La commission européenne et le FMI devraient s'assurer que les Grecs respectent leurs promesses et aillent même plus loin dans leur politique de rigueur budgétaire. Bruxelles souhaite une réforme des retraites plus sévère, le FMI veut une réduction des salaires. Pas sûr que la population grecque apprécie. Le ministre des Finances grec, Georges Papaconstantinou, a toutefois confirmé dimanche la bonne volonté de son pays et a précisé que ceux qui parieraient sur l'incapacité de la Grèce à honorer sa dette publique vont "y perdre leur chemise".
Qu'en pensez-vous ?
L'Union européenne doit-elle mettre la main à la poche pour aider ses brebis galeuses ? Une aide financière d'urgence pour la Grèce est-elle le seul moyen de protéger la monnaie unique de la tourmente ? Faut-il qu'Athènes soit encore plus stricte sur sa politique budgétaire aux dépens de sa population ? Laissez-nous votre avis en bas de cet article.
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) mardi 27 avril 2010
En savoir plus
Article de notre édition d'Athènes, CRISE - Finalisation du mécanisme de soutien à la Grèce
Article de France Info, Et si l'Europe disait non à la Grèce
Article des Echos, Grèce : les appels se multiplient pour adoucir la position d'une Allemagne inflexible


























