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PORTRAIT – Valérie Pécresse, une ministre pressée

Bien que benjamine du gouvernement, Valérie Pécresse ne compte pas céder face à la contestation étudiante. La ministre de l'Enseignement supérieur tient plus que tout à sa loi sur l'autonomie des universités. Elle a reçu hier les protagonistes pour répéter sa détermination

Valérie Pécresse doit essuyer une pluie de critiques concernant sa loi sur l'autonomie des universités (photo AFP)

Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Valérie Pécresse doit avoir cette fameuse maxime à l'esprit en ce moment. Pourtant, quand l'ex-conseillère de Jacques Chirac a pris en main le portefeuille du ministère de la Recherche et de l'Enseignement supérieur le 19 juin, elle se montrait pressée. "L'université n'attend pas, on est obligé d'aller vite", affirmait-elle encore le mois dernier.
Il faut dire qu'elle est partie comme un boulet de canon. Bachelière à 16 ans, Pécresse a rapidement gravi les échelons après avoir été diplômée d'HEC et de l'ENA. Elle était porte-parole de l'UMP en 2004, et a continué dans ce rôle pour Nicolas Sarkozy durant sa campagne. Réélue cette année députée des Yvelines, elle est aussi conseillère régionale d'Ile-de-France.
La benjamine du gouvernement -40 ans depuis le 14 juillet- a négocié dès juillet sa loi sur l'autonomie des universités avec les syndicats étudiants. Avec sans doute en tête les échecs de ses prédécesseurs à réformer les facs, Pécresse a voulu engager les discussions sur cet épineux sujet durant les vacances? Période pendant laquelle les étudiants se sont montrés moins attentifs.

Coup d'arrêt
Aujourd'hui le réveil est douloureux. Les étudiants manifestent leur mécontentement en bloquant les établissements -une quarantaine pour l'heure- et en se joignant au mouvement de grogne sociale qui secoue l'ensemble du pays. Un mécontentement qui peut paraître tardif puisque la loi est passée. Les étudiants remettent avant tout en cause le désinvestissement de l'État et le manque de moyens mis sur la table.
Alors Pécresse, en femme pressée qui ne mâche pas ses mots, fait dans l'"engagement historique".
La ministre rappelle l'augmentation d'un milliard d'euros inscrite au budget 2008 alloué aux universités, et de cinq milliards d'ici 2012. Pécresse a réitéré ces promesses hier en rencontrant les présidents des universités et cinq organisations étudiantes -Unef, Fage, Uni, Confédération étudiante et PDE (protection et défense des étudiants).
Apparemment la ministre ne s'est pas montrée aussi convaincante qu'au mois de juillet, puisque le président de l'Unef a regretté qu'elle ne se soit "engagée sur aucun des sujets".
Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) vendredi 16 novembre 2007

En savoir plus
Le Nouvel Obs - "Aucune université ne restera bloquée"
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