

(Photo de Jerónimo Saer : Alliance française)
Né il y a 38 ans de parents argentins mais installé en France, Jerónimo Saer a formé son premier groupe à l'âge de 18 ans, un des pionniers en hip-hop live/ rap : Département E. Dix ans plus tard, il démarre sa carrière solo. Plus de mélodie, moins de textes. Une exigence en accord avec ses voyages aux quatre coins de la planète, durant lesquels il enregistre des sons, dans les rues de Barcelone et de Buenos Aires, ou les carnavals d'Humahuaca et de Montevideo. Touche-à-tout, homme-orchestre comme il aime à se définir, Jerónimo mixe l'électro, le hip-hop, le funk, le tango, le rock et le flamenco : "J'aime assembler les sons d'une façon désorganisée, presque jusqu'à saturation", dit-il.En 2005, il est à Buenos Aires pour réaliser un documentaire sur la ville. C'est là qu'il rencontre la maison de disques Los Años Luz à qui il fait écouter son premier album solo. Coup de c?ur ! L'album sort début 2007 en Argentine sous le label Los Años Luz et en novembre 2008 en France sous le label Stéréofiction.

(Photo de Tremor : Alliance française)
Passerelle entre France et Argentine
Depuis un précédent voyage en Argentine, réalisé en 2003, l'envie de travailler avec des artistes locaux ne le quitte plus. C'est chose faite en octobre 2009, dans le cadre de la tournée organisée par l'Alliance Française à travers tout le pays (Mendoza, Rosario, Córdoba). Sur scène, à La Trastienda à Buenos Aires, le 7 octobre dernier, il a joué en compagnie de Tremor et de Javier Malosetti, deux musiciens argentins. Le premier mixe les instruments folkloriques et les sons techno, le second est guitariste.
La rencontre entre Jerónimo et Tremor semble couler de source. Le premier, grand voyageur, se dit « homme de micro » le second a intitulé son dernier album Viajante. Musicien depuis l'âge de 15 ans et créateur prolixe, Tremor parle des instruments qui ne le quittent pas : « Au cours de mes voyages en Argentine, j'emmène avec moi le charango, la guitare de Bolivie, l'accordéon, le violon j'enregistre des sons je rencontre des gens et je joue pour eux, avec eux ». Il avoue avoir un faible pour le bombo logüero, son instrument fétiche, une batterie en bois folklorique dont la tête est recouverte de peaux d'animaux.

(Photo de Jerónimo et Tremor : Claire Chauvel)
Des projets à foisonJerónimo prépare un album qu'il achèvera en mars 2010 dans son studio à Paris. Il se produira à Paris dans plusieurs salles cet hiver. Ce "citoyen du monde", selon ses propres termes, espère aussi partir en tournée avec des musiciens argentins sur un autre continent, en Afrique peut-être, qui l'attire "par ses sons, ses couleurs, sa magie".
L'envie de passer quelques mois en Argentine le titille également. Il souhaite monter un projet musical avec le groupe argentin d'électro tango Narco Tango, un des tout premiers groupes ayant surfé sur cette vague musicale. Enfin, il est impliqué dans des projets associatifs. Il a monté avec un ami français le projet Globo Music qui permet à des enfants issus des quartiers difficiles de Buenos Aires d'enregistrer les sons de leur entourage afin de la convertir en musique.
Claire CHAUVEL (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) le 21 octobre 2009




































