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POLITIQUE - Raffarin-De Villepin : grabuge au gouvernement

La petite crise gouvernementale, provoquée dimanche par une pique de Dominique de Villepin en direction de Jean-Pierre Raffarin, est en train de se tasser. Le Premier ministre veut montrer qu’il tient les rênes, jusqu'au référendum... et après

Il faut que tu comprennes que c’est moi qui commande ! (Photo : AFP)

Petite chronologie des faits. Dimanche, dans un excès de fougue, Dominique de Villepin, avait déclaré au micro d’Europe 1 que la politique du gouvernement devrait évoluer après le référendum du 29 mai sur la Constitution européenne, pour devenir «plus volontaire, plus audacieuse, plus solidaire». Personne n’avait manqué de remarquer là une déclaration de politique générale, sortant des attributions d’un ministre de l’Intérieur, et poussant Jean-Pierre Raffarin vers la sortie.
Lundi, invité avec d’autres ministres à déjeuner à Matignon (pour reconnaître les lieux ?), Dominique de Villepin est invité par Jean-Pierre Raffarin à s’expliquer sur ses propos du week-end. Le ministre de l’Intérieur bafouille qu’il a agi à partir d’une «commande» de l’Elysée, mais il est très sèchement remis en place par le Premier ministre.
Raffarin a la confiance de Chirac
Mardi, sur les ondes de RTL, Jean-Pierre Raffarin a expliqué : « Il a dérapé. (…) Je l’ai recadré. Point final », même s’il a aussi ajouté qu’il était « d’accord sur le fond » avec son ministre. Il a aussi tenu à dire qu’il avait téléphoné la veille à Jacques Chirac et s’était assuré qu’entre eux « la relation de confiance avec le chef de l'Etat est telle qu'elle ne saurait passer par un intermédiaire ».
Pour Jean-Pierre Raffarin, « l’incident est clos » avec le Villepin trop pressé. Mais après cette querelle interne violente, nombreux sont ceux qui continuent de voir le Premier ministre sur le départ fin mai.
Dans ce sens, il faut remarquer la réaction de Nicolas Sarkozy. Lui-même habitué des petites phrases relevées, le chef de l’UMP a trouvé dans cette affaire une bonne occasion de distribuer les piques. Il a tout d’abord qualifié le Premier ministre, qu’il a fait mine de soutenir, de « Pauvre M. Raffarin ».
Et encore plus intéressant, il n’a pas laissé passer cette chance de dénoncer le « manque de sang froid » du poulain chiraquien, son potentiel adversaire pour 2007, si de Villepin arrive à passer avant par la case Matignon.
La balle à droite, donc.
Camille VAYSSETTES. (LPJ) 20 avril 2005

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Le Monde, M. Raffarin assure avoir toujours la confiance de M. Chirac
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