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POLITIQUE – Jean-François Kahn, l’anticonformisme politisé

Le journaliste et patron de presse, Jean-François Kahn sera tête de liste du MoDem, le parti de François Bayrou, pour la région Grand-Est aux prochaines élections européennes. Portrait d'un observateur politique attentif qui entre en action


Jean-François Kahn, sur le plateau du "Grand journal"de Canal Plus, le 21 février 2008 (AFP)

La liste des représentants du Mouvement Démocrate (MoDem) aux prochaines élections européennes de juin prochain a été dévoilée. Le parti, qui a fait un score de 11,95% en 2004, part avec des intentions de vote de 14% selon un sondage Ifop. "C'est la première fois qu'on part si haut" a révélé François Bayrou. Parmi les candidats, un petit nouveau fait son entrée en politique en tant que tête de liste de "l'équipe de France pour l'Europe"pour la région Grand-Est : Jean-François Kahn.

Parcours d'un anticonformiste
Né en 1938, d'un père philosophe, Jean Kahn-Dessertenne, Jean-François Kahn obtient une licence d'histoire et cumule les petits boulots (dans l'imprimerie entre autres) avant d'entrer dans le journalisme. Il travaille alors pour plusieurs organismes de presse (l'Express, Europe 1, le Monde, les nouvelles littéraires ?). Il couvre notamment la guerre d'Algérie et est à l'origine de la révélation de l'affaire Ben Barka. Il devient patron de presse en fondant, en 1984, L'événement du jeudi et, en 1997, l'hebdomadaire Marianne. Il est également l'auteur de nombreux ouvrages polémiques qui ont pour point commun de bousculer l'ordre établi et la pensée unique.

Un centriste marginal
Après 35 ans de journalisme, il dit avoir "définitivement tourné la page". Le critique acerbe de la vie politique a décidé de "mouiller sa chemise"car comme il l'explique "cela fait des années que l'on me dit : vous êtes bien gentil avec vos critiques, mais pourquoi ne passez-vous pas à l'acte ?". Celui qui avait déclaré qu'il rejoindrait François Bayrou "le jour où le centre sera réellement indépendant" a tenu promesse. Il rejoint ainsi un mouvement qui, pour lui, permet de "faire bouger les choses". Certains s'amusent de la rentrée dans la machinerie politique de celui qui a tant fustigé ses rouages. Il leur répond en faisant ce qu'il fait le mieux : donner une opinion tranchée et anti-conformiste. Il faudrait, selon lui, "virer José Manuel Baroso", le président de la commission européenne, qui est le symbole du néo-capitalisme et de l'ère Bush, tous les deux responsables de la crise. Il souhaite également que pour contrer la crise, la qualification d'"Etat-voyous" soit donnée aux paradis fiscaux et que les ventes à découvert soient interdites. Mais quand on lui demande si son possible mandat européen aura une quelconque influence, il répond perplexe : "En fait, je n'en sais rien".
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) vendredi 6 février 2009   

En savoir plus

Article du Figaro, Européennes : les candidats de Bayrou
Article et vidéos du Figaro, Jean-François Kahn : «Il faut virer José Manuel Barroso»
Interview de Marianne 2, Jean-François Kahn : pourquoi je rejoins le Modem



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