

Depuis deux ans, le photographe français Francis Brussat vient régulièrement explorer Buenos Aires, son architecture et son urbanisme, loin des clichés touristiques. Il présente jusqu'à dimanche une partie de ce travail dans une galerie de Palermo
Photo de Francis Brussat prise à l'entrée de la Villa 31.
Maisons délabrées, fauteuils jetés sur le trottoir, parkings déserts, graffitti, entrée d'hôtel borgne? Sur des panneaux 80x80 de la galerie Oxiro de Palermo, la quinzaine de photos de Francis Brussat donne d'emblée le ton: si c'est bien à un voyage urbain que nous convie le Français, ce n'est pas la ville que l'on a l'habitude de regarder. Et pourtant, c'est celle que l'on voit tous les jours, l'ignorant souvent, à San Telmo, dans le microcentre ou à Constitución. "J'ai toujours été attiré par ce qui est un peu délabré. Dans la structure urbaine de Buenos Aires, on voit l'évolution de l'urbanisme, les traces du passé. En France, on a tendance à tout réhabiliter, ici, c'est moins aseptisé", explique-t-il.
Toutes les photos, prises en argentique au Rolleiflex et scannées en numérique, sont en couleur. Le travail sur la lumière et les volumes est remarquable. "Buenos Aires est pour moi une ville de textures, de matières, de volumes et de couleurs. L'esthétique appuie un propos, j'essaie d'avoir une unité formelle. Ensuite, chacun se raconte l'histoire qu'il veut à partir de ce qu'il voit." Presque pas de portraits sur ces clichés d'une ville comme abandonnée. "C'est intéressant de parler de l'humain à travers ce qu'il construit, le mode de société qu'il choisit. Par exemple, les deux fauteuils sur le trottoir racontent la vie des gens, leur solitude même. Les paysages ont un sens", précise Francis Brussat.
Pour réaliser ce carnet de voyage, le photographe vient deux ou trois fois par an depuis 2005. En France, il s'est spécialisé dans la photo publicitaire après des débuts en presse. Après de nombreux séjours en Afrique, il a eu envie de venir en Amérique du Sud, attirance presque naturelle pour un petit-fils d'Espagnole. "J'ai choisi l'Argentine peut-être parce que Buenos Aires est une capitale culturelle. Ici, c'est proche de nous et différent, c'est facile de passer inaperçu, contrairement à l'Afrique." Des amis argentins lui ont permis aussi de réaliser un travail dans les villas. Francis Brussat va profiter de ce voyage pour continuer son exploration et essayer d'éditer un livre. Il aimerait ensuite promener son regard sur le Nord-Ouest, "du côté de Tucumán et Jujuy".
Laurence RIZET. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) - Première publication: vendredi 2 mars 2007
Exposition Buenos Aires Viaje urbano à la Galeria "OXIRO Llueve. Son las siete"Gurruchaga 1358.
Du 2 mars au 1er avril, du mercredi au dimanche de 15h à 19h. Vernissage vendredi 2 mars à 19h.
Le site de Francis Brussat




































