Édition internationale

À Shenzhen, en Chine, le sommet de l'APEC face aux défis de l’Asie-Pacifique

Les dirigeants des 21 économies de l’APEC se réuniront à Shenzhen les 18 et 19 novembre 2026 pour le 33e sommet de l’organisation. Dans un contexte de tensions commerciales et d’incertitudes économiques, le forum veut renforcer la coordination régionale. Intégration commerciale, stabilité financière et économie numérique seront alors au cœur du rendez-vous.

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Écrit par Antoine Trin
Publié le 1 novembre 2026, mis à jour le 2 novembre 2026

Qu’est-ce que l’APEC ?

Fondée en 1989 à Canberra, en Australie, l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation) est un forum intergouvernemental qui réunit 21 économies riveraines du Pacifique. On y retrouve notamment les États-Unis, la Chine, le Japon, la Russie, le Canada et l’Australie. L’organisation représente près de 60 % du PIB mondial et environ 48 % du commerce international. Elle ne produit pas de traité à proprement parlé, mais elle sert d’espace de dialogue entre des économies aux intérêts parfois divergents. La présidence change chaque année. En 2026, la Chine l’assume pour la troisième fois, après Shanghai en 2001 et Pékin en 2014. Shenzhen, grand centre technologique, accueille le sommet pour la première fois.

 

La relance de la zone de libre-échange Asie-Pacifique

L’un des principaux dossiers concerne la Zone de libre-échange de l’Asie-Pacifique (FTAAP). Ce projet, évoqué depuis 2006 mais relancé en 2014, vise à rapprocher les accords commerciaux existants et à faciliter les échanges entre les membres. Pékin veut accélérer sa mise en place, en réduisant notamment les obstacles aux échanges et en améliorant la connectivité régionale.

Le secteur privé réclame quant à lui des outils concrets. En septembre, le conseil des entreprises de l’APEC a renforcé un dispositif destiné aux PME. Il permet de repérer les failles dans les chaînes d’approvisionnement, de diversifier les fournisseurs ou encore d’anticiper les droits de douane. Plus de 2 850 entreprises l’utilisent déjà. Cet outil a pour objectif de répondre aux inquiétudes liées aux tensions commerciales et aux restrictions à l’exportation.

 

La recherche de la stabilité

L’ombre des guerres, des tensions commerciales et des rivalités entre grandes puissances planent sur les échanges en Asie-Pacifique. Dans ce contexte, les ministres des finances de l’APEC, réunis à Hong Kong les 20 et 21 octobre, ont appelé à mieux coordonner leurs politiques économiques. Leur objectif est de limiter les chocs extérieurs, renforcer la stabilité financière et soutenir les ménages. Ils ont par ailleurs insisté sur le financement des infrastructures numériques, devenu un enjeu stratégique pour rester compétitif.

 

L’IA, un enjeu de souveraineté

L’APEC veut en effet favoriser l’adoption de l’intelligence artificielle, notamment chez les PME, et réduire les écarts et inégalités d’accès aux infrastructures numériques. En juillet à Chengdu, les ministres du numérique ont appelé les 21 membres à soutenir les modèles d’IA open source. Un accord de principe notable, alors que la Chine et les Etats-Unis se disputent encore la tête du secteur. De même, les membres veulent renforcer leur coopération en matière de cybersécurité et la protection des données. À Shenzhen, il s’agira de transformer ces engagements en actions concrètes.

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