Si le sommet de l’Apec (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique) est prévu en novembre à Shenzhen, les multiples réunions préparatoires ont commencé et les retombées positives se font déjà ressentir.


Le sommet des sommets
Le 33e sommet de l'APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique) se tiendra à Shenzhen les 18 et 19 novembre 2026. Il s'agira du plus important forum économique de la région Asie-Pacifique, réunissant les chefs d'État, ministres et chefs d'entreprise de 21 économies membres (dont les États-Unis, la Chine, le Japon, le Canada et l'Australie) qui représentent ensemble près de 60 % du PIB mondial. Outre Xi Jinping et Wladimir Poutine, qui a confirmé sa participation, le sommet devrait aussi notamment accueillir le premier ministre australien Anthony Albanese, son homologue canadien Mark Carney mais aussi le président américain Donald Trump. Le Kremlin vient de révéler qu’un projet de sommet trilatéral Xi-Trump-Poutine était activement discuté en coulisses pour se tenir en marge de l’Apec.
D’une manière générale, l’Apec vise à renforcer la coopération économique, à faciliter les échanges commerciaux et à stimuler la croissance dans la région Asie-Pacifique. Pour l'édition 2026, la Chine a choisi pour thème : « Bâtir une communauté Asie-Pacifique pour prospérer ensemble ». Les discussions se concentreront sur trois axes : le libre-échange, l’innovation et le développement durable.
Shenzhen en profite
Pour les habitants de Shenzhen, le sommet ne sera pas qu’un événement abstrait. Il apporte déjà de nombreuses retombées positives pour les habitants de la ville.
Comme pour les jeux olympiques de Pékin, une première amélioration tient à la modernisation des infrastructures. Avant d’accueillir des milliers de délégués et de journalistes, la municipalité a injecté des investissements massifs dans les réseaux de transport en commun, l’extension des lignes de métro express et la généralisation de la couverture du réseau en 5G-Advanced. D’ailleurs, depuis septembre 2026, le métro de Shenzhen accepte les paiements sans contacts avec des cartes internationales aux passages aux portillons, dans le but de bien accueillir les délégués étrangers.
Par ailleurs, ces investissements ont été réalisés dans l’objectif toujours affiché par la ville d’une accélération écologique. Ainsi, l’administration locale a intensifié le renouvellement de sa flotte de transports publics vers des technologies à zéro émission et densifié ses parcs urbains.
La présence de près de 1000 patrons de multinationales à l’Apec CEO Summit des 17 et 18 novembre sera également une opportunité majeure de recrutements, de partenariats internationaux et de financement.
D’ores et déjà, le secteur des services connaît un pic d’activité historique lors de ce second semestre 2026, grâce aux quelque 300 réunions thématiques préparatoires organisées à travers le pays. L’hôtellerie, la restauration, l’interprétariat ou la logistique voient ainsi leurs chiffres d’affaires augmenter avant même l’événement.
La Chine aussi
Au-delà de Shenzhen, l’organisation de l’année de l’Apec 2026 doit aussi servir d’accélérateur politique et économique à l’Etat chinois sur plusieurs plans.
Le premier objectif est ainsi certainement de mettre en vitrine sa souveraineté technologique. En déplaçant le cœur de la diplomatie dans sa « Silicon Valley chinoise », la Chine veut prouver sa position de leader dans l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables ou encore la mobilité électrique. La proximité des sièges de Huawei ou BYD servira certainement à exposer la supériorité technologique de ces entreprises.
Plus généralement, il s’agira aussi de promouvoir la région de la Grande Baie. En effet, au-delà de Shenzhen, toute la mégapole de Hong Kong à Guangdong sera concernée par ce sommet.
Enfin, ce sommet servira bien entendu de levier diplomatique. Face aux pressions protectionnistes des Etats-Unis, mais aussi de l’Union Européenne, le but sera notamment de pousser l’agenda de la Zone de libre-échange de l’Asie-Pacifique (FTAAP).
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