Édition internationale

Le gaz naturel au cœur de la diversification éneergétique en Chine

La stratégie gazière de la Chine a été marquée il y a un 10 jours par la visite d’amitié du dirigeant national du peuple turkmène et une conférence internationale à Tianjin. Portée par une demande intérieure en forte croissance, Pékin fait du gaz un levier de sa transition. Entre diplomatie énergétique active, sécurisation des approvisionnement, et diversification des routes.

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Écrit par Arthur Fournon
Publié le 26 mars 2026, mis à jour le 29 mars 2026

Le Turkménistan, partenaire clef d’Asie centrale

Ce 18 mars, Xi Jinping a reçu à Pékin Gurbanguly Berdimuhamedow, président du Conseil du peuple turkmène, pour une visite d’amitié de trois jours.

Premier partenaire économique du Turkménistan depuis 13 ans, la Chine entend approfondir sa relation stratégique fondée en grande partie sur le gaz . Les échanges ont porté sur l’augmentation des volumes livrés ainsi que sur de nouveaux investissemets dans les infrastructures.

Avec les quatrièmes réserves mondiales prouvées selon l’OPEP, le Turkménistan est le principal fournisseur de gaz de la Chine par voir terrestre, via les gazoducs d’Asie centrale.

 

Un levier pour réduire la dépendance au charbon

La montée en puissance du gaz naturel s’inscrit dans une transformation plus large du système énergétique chinois. Sur les deux premiers mois de 2026, les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) ont légèrement progressé, portées par la reprise industrielle et l’électrification des usages.

Encore marginal dans le mix énergétique (moins de 10 %, contre plus de 30 % aux États-Unis), le gaz est appelé à jouer un rôle croissant pour réduire la dépendance au charbon.

En 2024, la Chine a consommé 426 milliards de m³ de gaz naturel, dont 246,2 milliards produits domestiquement. Les importations de GNL (76,65 millions de tonnes) ont représenté 58,2 % des importations totales (179,8 milliards de m³).

À horizon 2030, la consommation devrait atteindre 560 milliards de m³, avec une production nationale de 280 milliards de m³. Les importations de GNL pourraient s’élever à 129,03 millions de tonnes, permettant de substituer l’équivalent de 400 millions de tonnes de charbon.

D’ici 2035, la demande totale pourrait dépasser 600 milliards de m³, impliquant un recours accru aux importations pour combler un déficit estimé entre 150 et 200 milliards de m³.

 

À Tianjin, la sécurité énergétique en débat

C’est dans ce contexte que le centre national des expositions de Tianjin a accueilli, les 19 et 20 mars, la sixième conférence chinoise sur le gaz naturel liquifié.

L’événement vise à mobiliser acteurs industriels et partenaires internationaux pour structurer une coopération énergétique globale autour de plusieurs priorités stratégiques : sécurisation des approvisionnements, stabilité des marchés, innovation technologique (stockage, transport, regazéification) et développement de solutions de gaz plus décarboné – dit gaz vert.

 

Réduire la vulnérabilité maritime

Dans un contexte de tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, Pékin cherche à limiter sa dépendance aux routes maritimes.

La Chine accélère ainsi le développement d’alternatives terrestres, à l’image du gazoduc Power of Siberia reliant la Russie, ou encore des corridors énergétiques d’Asie centrale. Dans cette architecture en recomposition, le Turkménistan s’impose comme un maillon essentiel.

Au-delà de la hausse des volumes importés, la Chine redessine en profondeur sa stratégie énergétique. Il ne s’agit plus seulement d’acheter du gaz, mais de sécuriser, diversifier et contrôler l’ensemble des chaînes d’approvisionnement. Le gaz naturel apparaît ainsi comme un pivot discret mais structurant de la transition énergétique chinoise, à la croisée des impératifs climatiques, industriels et de souveraineté.

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