Le bulletin statistique 2025 de l'Administration de l'aviation civile de Chine confirme la croissance du transport aérien chinois, avec 270 aéroports en activité, plus de 1,5 milliard de passagers accueillis et près de 21,9 millions de tonnes de fret traitées. Il met aussi en lumière le poids des grands hubs du pays, alors que Shanghai Pudong et Guangzhou Baiyun ont franchi pour la première fois le seuil des 80 millions de voyageurs.


Un réseau immense, mais très concentré
L’Administration de l’aviation civile de Chine (CAAC) a publié fin février son bulletin statistique 2025 sur les aéroports civils chinois. Les chiffres confirment une nouvelle année de croissance pour le transport aérien du pays : avec 270 aéroports en activité à la fin de 2025, ayant totalisé près de 1,529 milliard de passagers accueillis sur l’année et 21,864 millions de tonnes de fret et de courrier traités. Ce qui correspond, par rapport à 2024, à une augmentation du trafic de passagers de 4,8 % et du cargo de 9 %.
Le rapport de la CAAC met aussi en lumière une réalité structurelle : en Chine, le trafic aérien reste massivement concentré sur un nombre limité de très grandes plateformes. Seuls 41 aéroports ont dépassé les 10 millions de passagers en 2025, représentant à eux seuls 83,7 % de l’ensemble du trafic passagers national. Côté cargo, 35 aéroports seulement ont franchi les 100 000 tonnes, en concentrant 93,6 % du volume total de fret traité dans le pays.
Parmi ces grands hubs, Shanghai Pudong et Guangzhou Baiyun (Canton) ont franchi pour la première fois la barre des 80 millions de passagers en 2025. Deux autres aéroports chinois ont également dépassé les 60 millions de passagers en 2025 : Beijing Capital et Shenzhen Bao’an. D’autres plateformes changent aussi de dimension, comme Beijing Daxing, Hangzhou Xiaoshan, Shanghai Hongqiao ou encore Chongqing Jiangbei, qui ont toutes dépassé les 50 millions de passagers pour la première fois.
Ce seuil des 80 millions permet surtout de situer ces aéroports et la dynamique chinoise à l’échelle mondiale. En 2024, Paris-Charles de Gaulle avait accueilli 70,29 millions de passagers, contre 83,9 millions pour Londres-Heathrow. Avec respectivement 84,94 millions et 83,59 millions de voyageurs accueillis en 2025 pour les aéroports de Pudong et de Baiyun, ceux-ci se placent dans le haut du panier des aéroports mondiaux aux côtés de Tokyo Haneda qui avait pour sa part dépassé les 85 millions de passagers en 2024.
Shanghai Pudong change de dimension
En 2025, Shanghai Pudong confirme la montée en puissance des grands hubs chinois. L’aéroport a accueilli 84,94 millions de passagers, contre 76,8 millions en 2024 selon ACI World, soit une progression d’environ 10,6 % en un an. Ce bond figure parmi les plus marquants observés chez les grands aéroports mondiaux. À titre de comparaison, Londres-Heathrow n’a progressé que de 0,7 % sur la même période, pour atteindre 84,5 millions de passagers.
Cette évolution montre surtout que les grands aéroports chinois ne se contentent plus d’une croissance nationale : ils se rapprochent désormais très nettement du premier rang mondial. Certes, Atlanta reste à part, avec plus de 108 millions de passagers en 2024, mais derrière ce leader, les écarts se réduisent rapidement. Dubaï était le seul autre aéroport à dépasser les 90 millions de passagers, tandis que des hubs comme Tokyo Haneda ou Heathrow évoluent dans une fourchette désormais proche de celle atteinte par Shanghai Pudong. Avec près de 85 millions de passagers en 2025, l’aéroport shanghaïen s’impose donc comme l’un des très grands hubs mondiaux, désormais au-dessus de Paris-Charles de Gaulle et au niveau des principales plateformes internationales.
Le fret raconte la même trajectoire. En 2025, Shanghai Pudong a traité 4,09 millions de tonnes de fret et de courrier, franchissant ainsi la barre des 4 millions de tonnes. Cela confirme non seulement la puissance logistique de la plateforme, mais aussi celle de la Chine dans son ensemble. Avec Hong Kong et Shanghai, le pays compte en effet deux des plus grandes plateformes de fret aérien au monde, preuve que sa place dans l’aviation mondiale ne se joue pas seulement sur le nombre de passagers, mais aussi sur sa capacité à structurer les grands flux du commerce international.












