

Les 17 et 18 Avril prochains auront lieu à Casablanca la 2ème édition des Journées du patrimoine. A cette occasion, lepetitjournal.com vous propose un dossier spécial, en plusieurs parties, apportant un éclairage sur l'histoire et le développement de la ville blanche, son urbanisme et son architecture? Troisième partie : Casablanca ? styles et architecture
Pendant la première moitié du XXe siècle, Casablanca s'est imposée comme un frénétique laboratoire d'urbanisme et d'architecture, destinée à devenir une "ville nouvelle". Des dizaines d'architectes et d'entrepreneurs ? français, italiens, espagnols, allemands- affluent à Casablanca. Laprade, Marius Boyer, les frères Suraqui, les frères Perret? trouvent ici un terrain d'expérimentation. Ils vont remplir les rues d'?uvres nouvelles et leurs travaux seront diffusés dans le monde entier via la presse.
3ème Partie ? Casablanca : styles et architecture
Casablanca dispose donc d'une richesse architecturale et urbaine, la mettant au même rang des grandes métropoles du XXe siècle : Brasilia (Brésil), Chandigarh (Inde), par exemple. On y trouve tous les courants architecturaux d'avant-garde qui ont été testés entre 1920 et 1975 : art nouveau, néo-classicisme, art déco, fonctionnalisme, hygiénisme, immeuble à redans, brutalisme, et, pour l'urbanisme : le zoning, les grands boulevards, le permis de construire, l'aménagement urbain, les grands ensembles. Voici quelques clé de lecture pour mieux apprécier les différentes architectures que l'on peut rencontrer à Casa :
Le style « fonctionnaliste »
Mouvement moderne issu du cubisme connu à travers le constructivisme en URSS, puis le Bauhaus en Allemagne, est présent à Casablanca dès les années 20. Ces bâtiments aux façades dépouillées façonneront l'image moderne de la ville.
(Immeuble Liberté, aussi appelé "17 étages" - Léonard Morandi - 1950)

Les formes et le décor deviennent géométriques, stylisés, débarrassés des ordonnances classiques et des ornementations réalistes. Les zelliges seront utilisés à la place des carreaux de céramique qui recouvrent les bâtiments de la même époque en Europe.
Le style « Néoclassique »
Langage architectural du XIXe siècle européen pour quelques immeubles du centre ville où l'on peut observer colonnes, balcons, loggias, ornés de décorations florales, de guirlandes, de médaillons sculptés. (Immeuble du Grand Socco_ 1929-1932_ Auguste Cadet et Edmond Brion)
Le style « Néo-mauresque »
Sont concernés principalement les premiers bâtiments importants construits en dehors de l'ancienne médina, plutôt inspirés des réalisations d'Afrique du Nord au XIXe siècle (Algérie, Tunisie), comme l'hôtel Excelsior, caractérisés par l'emploi des arcs brisés, des azulejos (carreaux de faïence) sur les façades, des pergolas, des tuiles vertes sur les toits et les auvents.

Ils reprennent les éléments décoratifs de l'architecture traditionnelle : arcades, frises et panneaux recouvert de zelliges, tuiles vertes, plafond en bois, pierre sculptée. Cependant ils se détachent nettement du style néo-mauresque par la simplicité de leurs volumes et leur conception rationnelle. Ce style sera recommandé par les autorités du Protectorat, en particulier, par le Général Lyautey très attaché à "la sobriété extérieure" des constructions locales.
(Tribunal- Joseph Marrast - 1922 , zelliges intérieurs)
Casablanca était au XXe siècle un terrain d'expérimentation pour l'architecture et l'urbanisme. A titre d'exemple, les immeubles construits à cette période bénéficient d'un certain confort, à l'époque encore rare en Europe : salle de bain, WC, vide-ordure, ascenseurs, parking souterrain. Enfin le plan et le règlement d'urbanisme de Casablanca ont servi de modèle pour l'aménagement de nombreuses cités européennes durant cinquante ans. Casablanca est donc une école à ciel ouvert, fréquemment visitée par des architectes et des urbanistes du monde entier pour son patrimoine et son histoire.
Malheureusement ces bâtiments et cette cohérence urbaine sont menacés par les nombreuses démolitions, n'apparaissant pas encore comme un atout ni pour le développement du tourisme culturel, ni pour la mémoire collective des habitants.
Venez découvrir sites et monuments lors des Journées du Patrimoine de Casablanca qui se dérouleront les 17 et 18 avril 2010. Voir le programme.
Casa-Mémoire / Marlène HYVERT. (www.lepetitjournal.com/Casablanca), mercredi 14 avril 2010
Sources et Crédits photos: "Association Casa-Mémoire, association de sauvegarde du patrimoine architectural du 20è siècle au Maroc"
Lire aussi >>
- 1ère partie, « Casablanca : une histoire d'Hommes », LPJ/07.04.10
- 2ème partie, « Casablanca : histoire d'urbanisme et urbanisme historique », LPJ/09.04.10
- « Casablanca ? A la (re)découverte de la « vieille medina », LPJ/11.02.10
- Bibliographie proposée par l'Association Casa-Mémoire




































