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Le meilleur et le pire des blockbusters hollywoodiens.
Le réalisateur hongkongais Dante Lam a toujours eu une fascination pour les jeux de guerre. Il a tourné nombre de films de SDU (Special Duty Unit), ou criminels et terroristes étaient toujours punis par ce corps d'élite, sorte de GIGN hongkongais. Mais face à la montée en puissance du marché chinois et à une censure de plus en plus restrictive, le réalisateur a du renoncer à tourner en Chine. Son terrain de jeu privilégié est désormais le sud-est asiatique ou il met en scène des intrigues de plus en plus guerrières. Viral Factor sorti en 2012, et plus encore Operation Mekong sont ainsi de véritables films de guerre que n'aurait pas renié un Sylvester Stallone ou un Chuck Norris de la grande époque.
Dans le triangle d'or, 13 cadavres chinois sont retrouvés par les autorités thaïlandaises. Bien que celles-ci tentent de dissimuler les causes réelles de leur mort, les investigations chinoises ne laissent aucun doute : les 13 hommes ont été les victimes d'un baron de la drogue local, le très puissant mais très instable Naw Khar. Pour que ce dernier soit capturé et jugé, une force d'intervention spéciale est créée en partenariat avec les pays concernés. L'escouade menée par le capitaine Gao (Zhang Hanyu) se lance alors à la poursuite de Naw Khar et de ses acolytes?
Chine mon amour
Operation Mekong s'appuie sur une histoire vraie. En 2011, 13 marins chinois furent assassinés par le baron de la drogue Naw Kham pour avoir refusé de payer leur droit de passage dans le triangle d'or. Cette tragique histoire avait permis une collaboration renforcée dans la région entre la Chine, la Birmanie, le Laos et la Thaïlande. In fine, Naw Kham fut arrêté, condamné et exécuté.
Si le film de Dante Lam reste fidèle au déroulé des faits, on y trouve en revanche aucune analyse fine et subtile de tout ce qui entoure ces événements. Le film glorifie en effet une Chine héroïque et triomphante. Elle seule semble y avoir la volonté politique et militaire de combattre sérieusement le trafic de drogue. Elle le fait avec l'assurance d'une supériorité morale puisque les trafiquants y sont comme des drogués qui martyrisent le peuple et transforment les enfants en soldats kamikazes ! Une vision géopolitique que n'aurait probablement pas reniée Ronald Reagan au plus fort de sa guerre contre la drogue.
Quand Traffic rencontre Rambo II
Si Operation Mekong est un film clairement nationaliste, débordant de bons sentiments, il n'en demeure pas moins un spectacle enlevé qui rivalise avec ce que Hollywood fait de mieux en la matière. Nanti d'un budget qu'on devine important, Dante Lam multiplie les paysages, sublimant la beauté d'un sud-est asiatique miséreux. Grâce à un casting habile des héros (chaque acteur à la gueule de l'emploi) confrontés à une galerie de méchants cartoonesque (dont un Naw Khar sosie sous acide du fossoyeur de film), il parvient à rendre attachante l'escouade du capitaine Gao. Il signe surtout des séquences d'action dantesques mélangeant explosions, poursuites (en voiture, à pied ou en bateau) et combats (à mains nues, à l'arme blanche ou lourde). Tout y passe avec une échelle et un savoir-faire qui ne pourra qu'impressionner le spectateur le plus blasé. Et même si la vraisemblance est poussée à plusieurs reprises dans ses derniers retranchements, les fans d'action militaire sont garantis d'y trouver leur compte.
Arnaud Lanuque (www.lepetitjournal.com/hong-kong) vendredi 7 octobre 2016
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