Édition internationale

OBESITE – Les Français ont trop d'embonpoint

6,5 millions de Français sont obèses. Ce chiffre en progression constante fait craindre pour le bien-être des citoyens hexagonaux, dont le surpoids favorise les problèmes de santé. Mais face à ce fléau, est-ce que les politiques en font assez ?

(Rédaction internationale) - La France est de plus en plus grosse. C'est le résultat de l'enquête ObEpi-Roche qui a lieu tous les trois ans depuis 1997. A l'époque, 8,5% de la population française souffrait d'obésité (AFP). Aujourd'hui 14,5% des Français ont un Indice de masse corporelle (IMC)* supérieur à 30 (selon la définition de l'obésité par l'Organisation mondiale de la santé).

Des disparités face à l'obésité
6,5 millions de Français sont obèses mais beaucoup d'autres sont sur le point de le devenir. "Nous observons qu'il y a de moins en moins de gens de poids normal, de moins en moins de maigres et de plus en plus de personnes en surpoids ou obèses", affirme le Dr Marie-Aline Charles, coordinatrice de l'enquête, épidémiologiste et directrice de recherche à l'Inserm. Mais la situation n'est pas homogène dans l'Hexagone. On retrouve ainsi 4 fois plus de cas d'obésité dans les milieux défavorisés qui consomment le plus de nourriture grasse et sucrée, souvent moins chère. Certaines régions sont également plus touchées : le Nord (20,5%), l'Est (17%) et le bassin parisien (16,6%). Les femmes sont aussi plus affectées que les hommes "parce qu'elles ont plus de propension à développer de la masse grasse" explique le Dr Charles.

Les gros en danger
Plus qu'un problème de poids, c'est un véritable fléau de santé publique que révèle cette étude. Les personnes obèses ont en effet douze fois plus de risques de souffrir de maladies cardiovasculaires, d'insuffisance respiratoire ou encore de diabète. Et malheureusement dans ce domaine, les politiques sanitaires sont encore insuffisantes. "Pour l'instant, on s'est principalement focalisé sur des messages préventifs : ?il faut faire ça', ?y'a qu'à'? Mais la question maintenant, ce n'est pas le slogan", déplore le professeur Arnaud Basdevant. Le projet de tickets restaurants pour les fruits et légumes est ainsi encore en attente d'un décret d'application. Le Sénat a même refusé d'imposer 30 minutes d'activité physique par jour à l'école. Le président a donc décidé de prendre les devants en nommant une commission sur l'obésité, dont la copie devrait être rendue dans un mois.

Il faut faire plus, pour moins grossir
La solution, selon le professeur Basdevant, serait de faciliter les pratiques sportives (comme la location de vélo ou l'augmentation du nombre de pistes cyclables) et favoriser l'accès à une nourriture saine dont le prix reste toujours élevé. Des efforts sont cependant à noter : les messages d'avertissement sur les risques de manger trop gras ou trop sucré ont eu un effet positif. Le programme Epode, qui encourage les bonnes pratiques en matière de nutrition et d'activité physique, testé dans une école du Pas-de-Calais, a également permis de réduire de 50% le taux d'obésité des élèves. Si des facteurs héréditaires jouent, l'éducation reste donc le meilleur moyen d'éradiquer les risques de plus en plus importants d'obésité que ce soit chez les plus jeunes ou les adultes. Peut-être verrons nous bientôt Carla Bruni-Sarkozy prendre l'exemple de Michelle Obama et faire du hulahoop pour promouvoir une hygiène de vie saine. Son corps de mannequin pourrait, c'est sûr, en inspirer plus d'un. Mais espérons tout de même que la France ne suive pas de trop près l'exemple des Etats-Unis où 30% de la population est aujourd'hui obèse.
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) jeudi 12 novembre 2009

* Pour obtenir son IMC, il faut diviser son poids par sa taille au carré

En savoir plus

Article du Nouvel Obs, La France grossit
Article de l'Express, Epode à l'école contre l'obésité

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