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Notre-Dame : French Heritage Society lève $250,000 en 10 jours

Par Rachel Scharly | Publié le 26/04/2019 à 13:31 | Mis à jour le 26/04/2019 à 13:38
Photo : Notre-Dame après l’incendie
Notre-Dame reconstruction

French Heritage Society est une association à but non lucratif américaine fondée il y a 37 ans. Avec un siège à New York ainsi qu’un bureau à Paris, French Heritage Society a pour mission de sauvegarder l’architecture patrimoniale française via des prix de restauration alloués à certains chantiers. L’organisation, forte de onze délégations aux États-Unis et une à Paris, favorise aussi des échanges universitaires entre universités américaines et universités françaises. Chaque « chapter » promeut French Heritage Society et lève des fonds pour les prix de restauration.

 

10 jours après le drame, et après avoir été le premier média à communiquer sur la levée de fond organisée par French Heritage Society, nous souhaitions savoir où en était cette levée entreprise par l’association, en faveur de la cathédrale partiellement détruite le 15 avril dernier.

Jennifer Herlein, executive director de French Heritage Society, a reçu lepetitjournal.com New York dans ses bureaux de l’Upper East Side.

 

Lepetitjournal.com New York : Quels types de monuments attirent l’attention de French Heritage Society, sont-ils forcément des bâtiments religieux ?

Jennifer Herlein : Nous avons trois partenaires en France, La Demeure Historique, Les Vieilles Maisons Françaises et le Comité des Parcs et Jardins de France. Ces trois partenaires reçoivent des demandes de prix de restauration. Ce sont eux qui sélectionnent les projets qui peuvent nous intéresser et qui répondent à nos critères. Il faut que ces bâtiments soient classés, il faut qu’ils soient ouverts au public et il faut que le projet soit aussi financé parallèlement puisque nous ne pouvons pas payer plus de 50 % du chantier de restauration.

Pour Notre-Dame, il s’agit d’un fond en urgence. Nous avons la capacité d’organiser et de lever des fonds pour un projet qui nous arrive d’un autre biais que par l’un de nos trois partenaires. Chaque année, nous attribuons un ou deux prix pour la restauration de monuments religieux comme la Basilique du Sacré Cœur de Balata en Martinique ou l’abbaye du Mont-Michel.

 

Vous avez été le premier organisme à ouvrir un fond pour Notre-Dame. Comment est-ce que cela s’est passé ?

Nous l’avons créé le jour de l’incendie. Comme tout le monde, nous avons regardé ces images terribles et nous nous sommes dit « il faut absolument que l’on fasse quelque chose ». Faire des prix pour sauver les bâtiments de France, c’est notre mission.

Le téléphone a commencé à sonner, les membres de notre Conseil d’administration nous ont aussi contacté parce qu’ils attendaient que l’on fasse quelque chose. Aider pour Notre-Dame était vraiment une attente de notre public. Ils savent qu’en effet, ça fait parti de notre mission. Nos avocats se sont mis sur le dossier et c’est aller très vite. Être réactif et donner fait parti de l’esprit américain.

Notre public a été ému, et je pense que c’est aussi en donnant de l’argent qu’ils savent qu’ils font quelque chose et qu’ils aident. Une dame m’a téléphoné et m’a dit « J’ai vraiment été attristée par toutes ces images et ces vidéos et honnêtement, je me sentirai mieux quand je saurais que j’ai fait quelque chose pour aider ».

 

Où en êtes-vous dans la récolte des dons ?

À ce jour, il y a 2400 personnes qui ont fait des dons et nous avons levé un peu plus de $250,000, venant de 40 pays. Nous avons aussi reçu énormément de lettres et de mots. Les gens nous parlent de leurs souvenirs, nous expliquent pourquoi Notre-Dame est importante pour eux. Et c’est vraiment touchant de voir et de lire ce que ces gens partagent avec nous. La première semaine, nous avons reçu énormément de coups de fil et de dons en ligne. C’est moins dense maintenant, mais les donateurs sont toujours là.

 

Est-ce qu’il y a un profil type du donateur ?

Il y a beaucoup de gens qui font des dons pour Notre-Dame. Certains sont plus modestes et ce sont ces personnes-là qui écrivent les lettres les plus longues. J’ai presque envie de dire « plus petit est le don, plus riche est l’histoire ». C’est très émouvant. Nous allons rassembler tous ces messages afin de pouvoir les partager avec notre public. Mais il n’y a pas de profil type, tout le monde donne, quels que soient ses moyens.

 

À qui allez-vous reverser tous les fonds levés, à l’État français ou à un organisme spécifique ?

Nous avons un partenariat avec la Fondation du Patrimoine. L’équipe de Paris a justement une réunion avec eux ce vendredi 26 avril. Nous allons donc parler avec eux de la logistique et des détails de versement. L’important pour French Heritage Society est que 100 % de ce que nous levons aille directement au projet de restauration. Nous ne prenons absolument aucun frais d’ordre administratif ou autre. 

 

En France, il y a eu beaucoup de critiques concernant l’importance des fonds levés pour la restauration de Notre-Dame, est-ce que ces critiques vous gênent dans votre mission ?

À partir du moment où un phénomène a beaucoup de publicité, il y a toujours des points de vue divergents. Pour French Heritage Society, l’important est la restauration des monuments historiques, c’est notre mission depuis la création de notre association. Nous œuvrons donc dans ce sens, et nous récolterons donc des fonds jusqu’au 30 juin pour participer à la reconstruction de Notre-Dame.

Merci, chère Jennifer, pour le temps que vous avez accordé au Petit Journal.

Pour faire un don :

https://frenchheritagesociety.org/event/notre-dame-fire-restoration-fund/

 

Rachel Scharly

Rachel Scharly

Après avoir travaillé de nombreuses années dans la presse économique et spécialisée, Rachel Scharly est la rédactrice en chef de l’édition New York du Petit Journal
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