Vendredi 3 juillet 2020

Les Américains interdits sur le sol européen jusqu’à nouvel ordre

Par Rachel Brunet | Publié le 30/06/2020 à 17:20 | Mis à jour le 30/06/2020 à 18:58
Américains interdits Europe

Les gouvernements européens ont acté ce 30 juin une liste restreinte de quinze pays dont les ressortissants sont autorisés à voyager dans l'Union européenne et l'espace Schengen à partir de ce mercredi 1er juillet. Parmi ces 15 pays, le Canada, les pays du Maghreb ou des pays africains comme le Rwanda. Les Européens privilégiant les pays dont la situation épidémiologique est comparable à celle du Vieux Continent, les Américains ne sont pas autorisés à se rendre sur le sol de l’Union Européenne jusqu’à nouvel ordre.

 

15 pays autorisés

Élaborée par les ambassadeurs des pays de l'Union européenne ce 27 juin, Et objet de difficiles tractations, la liste des visiteurs admis à compter du 1er juillet dans l'Union européenne et l'espace Schengen compte l'Algérie, l'Australie, le Canada, la Géorgie, le Japon, le Monténégro, le Maroc, la Nouvelle-Zélande, le Rwanda, la Serbie, la Corée du Sud, la Thaïlande, la Tunisie et l'Uruguay. Elle inclut également la Chine, mais uniquement à condition qu'elle admette sur son sol les visiteurs venant de l'UE, ce qui n'est actuellement le cas que de façon limitée. Par contre, cette liste ne compte pas les États-Unis et d’autres pays d’Amérique du Sud qui, des mois après le début de la crise, continuent d’enregistrer de plus en plus de nouveaux cas positifs au Covid-19.

L'élaboration de la liste a été une entreprise ardue. Certains Etats membres mettaient en cause la fiabilité des données fournies par des pays tiers, comme la Chine tandis que d’autres ne voulaient pas se priver de retombées économiques engendrées par les touristes Américains.

 

Coronavirus USA

 

La désastreuse gestion de Trump

Depuis le début de la pandémie, Donald Trump nie la crise sanitaire à laquelle son gouvernement n’est pas capable de faire face. Résultat : si aujourd’hui de nombreux pays ont su contenir la pandémie et aplatir la fameuse courbe du nombre de nouveaux cas de patients contaminés par le nouveau coronavirus, les États-Unis, au même titre que le Brésil, voient leur courbe de nouvelles contaminations s’envoler. La situation de la pandémie des États-Unis prive donc le Vieux Continent des touristes américains qui viennent en nombre chaque année : en France, ils étaient 5 millions en 2019.

Alors que l'entrée aux États-Unis est interdite aux voyageurs venant de la plupart des pays européens depuis le 13 mars, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a dit espérer une solution « dans les prochaines semaines » pour la reprise des échanges, estimant qu'il était « important pour les Etats-Unis que les Européens puissent revenir », et réciproquement.

Comme le soulignait encore hier, le Gouverneur Andrew Cuomo, à la tête de l’État de New York, ce sont quelque « trois millions d’Européens qui ont voyagé depuis le Vieux Continent jusque dans l’État de New York apportant avec eux le nouveau virus ». Le Gouverneur de l’Empire State ne se prive pas de cibler Donald Trump qui, selon lui, n’a pas sur réagir à temps pour préserver le pays de la pandémie et qui surtout, ne met rien en oeuvre depuis le mois de mars pour contenir cette dernière alors que l’État de New York fait partie des rares parmi les 50 à avoir su aplatir la courbe.

Le 11 juin, jour où l’Union Européenne a annoncé les critères nécessaires pour entrer sur son sol, les États-Unis dénombraient près de 2 millions de cas confirmés au Covid-19. La courbe a continué de grimper pour atteindre aujourd’hui plus de 2,6 millions de cas. Les cas augmentent dans 36 États des États-Unis, y compris les trois États les plus peuplés de Californie, du Texas et de Floride. Mercredi dernier, 12 États ont atteint des niveaux record de nouveaux cas quotidiens.

À ce jour, il n’y a tout simplement pas de politique nationale cohérente pour freiner la propagation de Covid-19 aux États-Unis.

 

Coronavirus États-Unis

 

Rachel Brunet

Rachel Brunet

Après être passée par la presse économique et la presse spécialisée, Rachel Brunet est la directrice et la rédactrice en chef de l’édition New York du Petit Journal.
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