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Leah Pisar, de la Maison-Blanche au Projet Aladin

Par Portraits de Femmes - avec le soutien de Rue du Paradis | Publié le 14/08/2019 à 15:10 | Mis à jour le 14/08/2019 à 15:10
Photo : Leah Pisar
Leah Pisar

Leah Pisar est la fille de Judith et Samuel Pisar. Née à paris, elle est Franco-Américaine et cette double nationalité, elle y tient, elle fait partie de son ADN. Elle est incapable de dire quel côté de l’Atlantique elle préfère, elle a pour les deux pays, les deux cultures et les deux langues, un lien charnel et infaillible.

Elle étudie à l’Université de Paris Assas, à Harvard ainsi qu’à Sciences Po. Leah Pisar se destine à une carrière dans la sphère politique. Elle commence cette dernière au service de  l’administration Clinton, depuis Paris, où elle collabore alors avec l’Ambassadrice des États-Unis à Paris, Pamela Harriman. Par la suite, elle collabore avec Madeleine Albright, alors Secrétaire d’État. Au coeur de l’administration Clinton, et proche collaboratrice du Président, Leah Pisar est marquée par ses femmes de poigne. Elle en devient une aussi en prenant la fonction de Directrice de la Communication au Conseil de Sécurité Nationale : elle occupe une place dans « une petite équipe au centre de l’action ». Dans la sphère du pouvoir, Leah dit avoir vécu une aventure incroyable, à tel point qu’un soir, en quittant la Maison Blanche, elle a besoin de faire une photographie mentale de cet instant, de ces lieux qui reflètent l’expérience hors du commun qu’elle vit.

Côtoyer le pouvoir, son père, Samuel Pisar, avocat de renommée internationale, l’a fait dans les années 60, il est alors un proche du Président Kennedy.

Son histoire familiale marque aussi la suite de sa carrière. Samuel Pisar a été déporté à 13 ans. Après 3 années dans les camps de Majdaneck, d’Auschwitz et Dachau, il est, à 16 ans, l’un des plus jeunes survivants de la Shoah. À l’heure où, dans l’incompréhension la plus totale, le monde voit se lever une vague d’antisémitisme, comme si on avait oublié l’horreur du passé, occulté les drames de l’histoire, Leah devient la présidente du Projet Aladin. Se détacher de l’environnement politique ne faisait sans doute pas partie du dessein de Leah Pisar, mais porter le message de son père qui disait « il n’y a pas d’ennemis héréditaires » oui. Quand Leah Pisar accepte la présidence de cette institution « qui au départ n’était pas son terrain de spécialité », le monde commençait à prendre une tournure inquiétante.

« L’Appel à la conscience » est la déclaration de principe du Projet Aladin. Il a été signé par le président Abdoulaye Wade, Jacques Chirac et Simone Veil lors de la conférence de lancement du Projet Aladin, à la Maison de l’UNESCO, en 2009. Politiques, intellectuels, parlementaires, historiens, personnalités religieuses, universitaires, auteurs, artistes et acteurs de la société civile de différentes confessions et cultures venant d'une trentaine de pays à travers l'Europe ont aussi signé cet « Appel à la conscience ». Parce qu’éveiller les consciences est l’ambition du Projet Aladin.

Leah Pisar porte aujourd’hui un message d’espoir. Pour elle «  l’éducation ouvre à la tolérance ». C’est aussi le fondement du Projet Aladin, éduquer, transmettre, aller à la rencontre du monde musulman, communiquer, écouter, se connaître pour mieux s’entendre et pour mieux se respecter. Le Projet Aladin, fait d’ailleurs traduire nombre d’ouvrages, dont celui d’Anne Frank, en Persan, en Turc et en Arabe. En Iran, le Projet Aladin débloque les ressources nécessaires pour que la vraie histoire de la Shoah soit accessible.

Démocrate, Leah Pisar porte un regard inquiet sur l’administration Trump. Concernant la place des femmes dans ce tumulte, elle est ravie de constater que malgré une équipe en place peu favorable à la question de la femme, beaucoup de femmes ont été élues lors des « midterms ». Sans doute un bon présage pour l’avenir.

Son père lui disait souvent « Il faut toucher le fond pour donner le coup de pied qui aide à remonter à la surface ». C’est sûrement ce qui est entrain de ce passer.

Leah Pisar se veut optimiste pour l’avenir, pour l’avenir de ses deux pays et pour la place des femmes dans chacun d’eux. « La génération de ma mère s’est battue pour pouvoir travailler, ma génération doit trouver l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ».

Leah Pisar a son équilibre, bien que la vie lui ai enlevé son mari, Jérôme Haas, haut fonctionnaire, puis son père. Battante, optimiste, elle continue sa route en portant  messages d’espoir et appel à la conscience. Leah Pisar fait partie de ces personnes au destin hors du commun, mais qui, avec beaucoup d’humilité et de respect, vous racontent l’aventure de leur vie. Une vie différente, au service d’un état, mais aussi et surtout d’une cause : le respect. Le respect des religions, le respect des autres dans toutes leurs différences et toute leur diversité.

 

 

 

 

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