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Shannie Horth-Acciméus : une voix québécoise pour porter la poésie

Le 22 juin, à l’Espace culturel de l’Alliance Française de Montréal, c’est Shannie Horth-Acciméus qui animera la soirée de remise des prix du Concours de poésie. Professeure, poète et femme de parole, elle incarne une génération qui fait de la poésie un espace de mémoire, de dialogue et de résistance.

Shannie Horth-AcciméusShannie Horth-Acciméus
La poétesse québécoise Shannie Horth-Acciméus - Photo Mya Lebrasseur-Horth
Écrit par Bertrand de Petigny
Publié le 10 juin 2026

 

« On sent souvent seul avec nos problèmes dans la vie. La poésie permet de faire des ponts, des liens »

 

 

À 27 ans, Shannie Horth-Acciméus donne déjà l’impression de porter plusieurs vies dans une seule voix. Professeure de littérature au Collège Montmorency de Laval, ancienne étudiante en littérature française à l’Université de Montréal, poète en préparation d’un premier recueil attendu pour l’hiver prochain, elle navigue entre enseignement, écriture et prises de parole publiques avec une intensité rare.

Mais réduire Shannie à un parcours académique serait passer à côté de ce qui frappe immédiatement lorsqu’on échange avec elle : une manière frontale, assumée et profondément incarnée d’habiter la langue française.

Née au Québec, issue d’une famille québécoise et gaspésienne du côté maternel, avec une grand-mère arrivée d’Haïti au début des années 1970, elle raconte avoir très tôt été confrontée au racisme durant son enfance en Gaspésie. Une expérience qui traverse aujourd’hui son écriture, sans jamais l’enfermer.

« Mon corps est politique », répète-t-elle au fil de la conversation. Chez elle, la poésie n’est ni un refuge abstrait ni un simple exercice esthétique. C’est une manière de créer des ponts.

« On sent souvent seul avec nos problèmes dans la vie. La poésie permet de faire des ponts, des liens », explique-t-elle.

 

Une poésie née du vécu

Shannie écrit depuis l’enfance. Sa première ébauche remonte à l’âge de huit ans. Aujourd’hui, elle décrit son travail comme une écriture du fragment, nourrie par la littérature québécoise contemporaine, la psychanalyse, la francophonie et les questions identitaires.

Son rapport à la poésie dépasse largement la page.

Elle participe à des micros ouverts, fréquente activement le milieu littéraire montréalais et enseigne chaque jour à des étudiants âgés de 17 à parfois plus de 50 ans dans le cadre des cours obligatoires de littérature au collégial. Un mélange de générations qu’elle considère comme une richesse.

 

 

Cette volonté de créer du dialogue se retrouve aussi dans sa manière de parler de son identité. Ses tatouages — dont un « 1804 » très en évidence, faisant référence à l’indépendance haïtienne — deviennent eux aussi des espaces de conversation.

« Je déteste l’hypocrisie », dit-elle simplement.

 

Une soirée tournée vers le rassemblement

Pour la soirée du 22 juin, Shannie souhaite proposer une animation à la fois lumineuse et rassembleuse.

« Le monde va mal. Que la poésie soit un terreau fertile à autre chose », résume-t-elle.

Une vision qui rejoint l’esprit même du Concours québécois de poésie 2026 : faire émerger des voix, ouvrir des espaces de parole et rappeler que la langue française demeure un lieu vivant de création et de transmission.

Le choix de l’Alliance Française de Montréal pour accueillir la cérémonie n’est d’ailleurs pas anodin. Avec son tout nouvel espace culturel au cœur du Vieux-Montréal, l’institution cherche justement à devenir un lieu de rencontres entre les différentes francophonies présentes à Montréal.

Dans ce contexte, la présence de Shannie Horth-Acciméus comme maîtresse de cérémonie apparaît presque naturelle : une voix québécoise, profondément enracinée ici, mais traversée par plusieurs mémoires, plusieurs héritages et plusieurs réalités francophones.

Le 22 juin, ce ne sera donc pas seulement une remise de prix. Ce sera aussi une soirée où la poésie cherchera, une fois de plus, à faire communauté.

 

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